Les banques et assurances françaises parient sur la « diversité »

Former des chômeurs issus de l’immigration au secteur de la banque et des assurances et le pari osé du cabinet Alardine.

Implanté dans la banlieue parisienne , ce cabinet de recrutement mise sur l’adéquation entre clients et conseillers bancaires et forme des chômeurs aux métiers de la banque et des assurances.

Kamel Leredj, formateur et psychologue est lui même issu de l’immigration et a connu les discriminations et le sentiment d’être rejeté. Il s’emploie à rebooster la confiance et l’estime de soi .

Le secteur bancaire est porteur, il peut générer jusqu’à 30.000 emplois par an. Depuis juin 2012, Alardine a formé une quarantaine de personnes, la moitié ont trouvé un emploi, pas forcément comme conseiller bancaire. C’est désormais aux banques à oser parier sur la diversité.

France Info

Radio Orient. « Encore plus de diversité, encore plus loin dans le vivre-ensemble »

Avec 1,1% d’audience cumulée en Île-de-France, Radio Orient confirme sa place de 1ère radio thématique francilienne.

« Ces résultats nous encouragent dans la poursuite de nos efforts vers encore plus de diversité au service de celles et ceux qui souhaitent aller encore plus loin dans le vivre ensemble » a indiqué Jamil Shalak, PDG de la station.

La station est écoutée quotidiennement par près de 110 000 auditeurs quotidiens.

Radioactu

À Argenteuil, la mairie ouvre les portes des lieux de culte

Un « Conseil pour le vivre-ensemble » vient d’être créé sous l’égide de la municipalité socialiste d’Argenteuil dans le Val-d’Oise, qui organisait ce week-end des 13 et 14 avril une opération « portes ouvertes » dans tous les lieux de culte locaux. Pour le maire, cette initiative relève de « l’ordre public au meilleur sens du terme ».

La petite synagogue d’Argenteuil n’a pas désempli dimanche 14 avril. Venus en famille ou avec leurs voisins, et parfois en délégation depuis les mosquées voisines, une centaine d’Argenteuillais a pu contempler les rouleaux de la Torah exposés pour l’occasion, ainsi que le tableau des défunts dont chaque nom est éclairé d’une bougie électrique. Ils ont surtout pu poser toutes les questions qui leur brûlaient les lèvres : « Pourquoi certains juifs portent-ils ces longues mèches bouclées ? », « Une femme peut-elle être rabbin ? »…

Certaines, posées par les responsables musulmans, ne semblaient pas tout à fait sans lien avec l’actualité récente, qu’il s’agisse des règles entourant « la viande casher », ou de la possibilité pour « un juif de donner ses organes à un non-juif ». « Bien sûr, se sont-ils vu répondre. Et c’est d’ailleurs le cas en Israël où certains Arabes vivent avec le rein d’un juif, ce qui n’est pas toujours simple pour eux. »

La synagogue de la rue de l’Asperge n’était pas la seule à ouvrir ses portes au public ce week-end. Tous les lieux de culte de la ville y avaient été invités par l’ex-Conseil des cultes, créé en octobre sous l’égide de la mairie, tout récemment transformé en Conseil pour le vivre-ensemble, après que les associations laïques furent revenues sur leur décision initiale et demandent finalement à y participer. « Environ 3 500 personnes ont visité les quinze lieux de cultes ouverts ce week-end à Argenteuil », estimait la mairie dans la soirée, en annonçant la reconduction de l’opération l’an prochain.

(…) La Croix

Laïcité. Manuel Valls : «Gardons-nous des opérations politiques visant à créer des tensions avec l’islam»

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur chargé des cultes, expose sa vision de la laïcité qu’il définit comme «le vivre ensemble, apaisé».

La législation de 1905 est-elle adaptée aux défis contemporains, et en particulier à l’émergence de l’islam comme deuxième religion du pays ?

Je crois à la pérennité des principes issus de la loi de 1905, dont le texte a, par ailleurs, beaucoup évolué en un siècle. Mais il faut faire face à de nouveaux défis. Des évolutions sont-elles possibles ? Il n’est pas interdit d’y réfléchir, mais en considérant très attentivement les conséquences de toutes les modifications de cette loi sur les équilibres de notre société. Évitons d’ouvrir la boîte de Pandore.[...]

Le député UMP, Éric Ciotti, suggère d’interdire les signes ostensibles religieux dans «tous les lieux qui accueillent des enfants», qu’en pensez-vous ?

Vous connaissez mon combat pour Baby Loup. J’ai aussi voté la loi interdisant le voile intégral. Mais gardons-nous des ­opérations politiques visant à créer des tensions avec l’islam. D’un côté – on peut le regretter, mais on doit le constater – une majorité de Français considèrent, selon certaines enquêtes d’opinion, que l’islam n’est pas compatible avec la démocratie. De l’autre côté, les musulmans de France peuvent avoir le sentiment d’être discriminés. Attention à ces deux fractures. Nous devons rechercher l’apaisement autour des valeurs de la République. [...]

La Vie

Christophe Caresche ( PS) : «Le voile, une obsession bien française»

Pour Christophe Caresche, député PS de Paris, la polémique sur le port du voile traduit plus un problème identitaire français qu’un problème de communautarisme.

Une nouvelle fois, la France s’apprête à revoir sa législation sur le port du voile après l’avoir modifiée à plusieurs reprises ces dernières années. Cette inflation législative ne s’observe dans aucun autre pays, alors même que la France dispose déjà d’une des législations les plus restrictives au monde. L’universalisme français au nom duquel sont invoqués les principes républicains est de moins en moins universel et de plus en plus français ! Le débat récurrent sur le port du voile n’apparaît pas tant comme le signe d’une montée inexorable du communautarisme que comme le symptôme d’une crispation identitaire de la société française.

C’est bien l’incapacité d’une partie de la France à se penser comme une société ouverte et tolérante qui explique cette volonté obsessionnelle de rendre toujours plus invisibles les signes d’appartenance à la religion musulmane.

C’est pour cette raison qu’il faut récuser l’argument selon lequel «il ne faut pas laisser la défense de la laïcité à Marine Le Pen». Cet argument, outre qu’il légitime l’opération de captation de la notion de laïcité par l’extrême droite, ne peut conduire qu’à l’alignement sur les positions les plus radicales. La réponse au malaise identitaire que connaît notre pays ne réside pas dans un nouveau durcissement de la loi sur le port du voile. Elle passe par la réaffirmation du principe de laïcité devenu l’instrument de toutes les manipulations. La laïcité n’est pas un principe d’exclusion ou de stigmatisation. Elle est au contraire un cadre qui garantit la possibilité de vivre ensemble. […]

Des indicateurs, comme le nombre de mariages mixtes ou la plus grande tolérance des jeunes générations à l’égard de l’immigration, montrent une société plus ouverte qu’on ne le dit. C’est sur ces tendances d’avenir que la gauche doit s’appuyer et non pas sur les tendances mortifères du repli hexagonal.

Libération

Vote des étrangers : Le Monde ouvre ses colonnes à la comédienne Jeanne Moreau

Tribune de Jeanne Moreau (comédienne) et François Durpaire (historien, membre du collectif Droit de vote 2014).

L’engagement 50 du candidat Hollande ne doit pas seulement engager les citoyens qui ont voulu y croire. Nous en avons eu la démonstration lors des débats au sujet du mariage pour tous : le volontarisme et la pugnacité peuvent venir à bout des résistances !

Au début du mois de mars, dans l’indifférence quasi générale, le gouvernement a renoncé au droit de vote des étrangers non européens aux élections locales. Matignon et l’Elysée ont opté pour des projets de réforme jugés plus consensuels (comme la suppression de la Cour de justice de la République, etc.). […]

au moment où les économistes tâtonnent pour trouver les solutions de la reprise, l’amélioration de notre vivre-ensemble ne constituerait-elle pas la condition de notre redressement collectif ?

Les étrangers ont le droit de travailler, de payer leurs impôts, de contribuer à la richesse nationale. Ils ont le droit d’être responsables d’associations, d’être délégués de parents d’élèves, délégués syndicaux. Ils ont le droit de nous soigner (face aux déserts médicaux, les hôpitaux font venir des médecins notamment algériens). Ils ont le droit d’éduquer nos enfants, de contribuer au rayonnement de nos universités et de nos grandes écoles. […]

Le Monde (Merci à Zizanion)