Gironde : sensibiliser les élèves de primaire à la lutte contre le racisme et les discriminations

La Ligue de l’enseignement de Gironde dispense actuellement de multiples interventions au sein des classes de primaire dans le cadre des Semaines de lutte contre le racisme et les discriminations.

Les élèves des classes participantes ont, pour l’occasion, créé des saynètes de théâtre et des jeux de rôles autour de cette thématique. C’est dans ce cadre que mardi 8 avril, au moulin des Jalles de Castelnau-de-Médoc, les classes de Listrac-Médoc et Le Porge se sont rencontrées et ont présenté le travail effectué en commun par les élèves. Par groupes de trois ou quatre, ils ont mimé l’attitude du regard sur le handicap, la religion, la couleur de peau, l’égalité fille et garçon, le bégaiement, ou encore le chapardage.

Selon Valérie Vicenty et Justine Durand, coordinatrices à la ligue, « cette année, nous proposons aux jeunes de prendre les chemins de la diversité. L’objet du projet est de proposer des actions à caractère éducatif afin que des enfants et des jeunes cheminent dans leur analyse au regard des approches républicaines, historiques et humaines. Nous proposons aux classes de premier et second degré un cycle de découverte et de sensibilisation aux problématiques du racisme et des discriminations. »

Ce cycle se décline en trois phases : une intervention pédagogique, un temps de création artistique et une journée de restitution des productions. « On veut permettre aux enfants de se forger un esprit critique eu égard aux valeurs républicaines et constitutionnelles. »

Sud Ouest

« Le FN génère de l’insécurité parce qu’il ne permet pas le vivre-ensemble » (Grandserre/RMC)

Dans les GG de RMC, les chroniqueurs Sylvain Grandserre et Philippe Gabilliet tirent à boulets rouges sur le maire d’Hayange et son livre anti-islam. Ils s’en prennent aussi aux électeurs FN.

« Beaucoup d’électeurs du FN sont des gens en souffrance [...]. C’est vraiment un parti dont les comportements sociaux des militants peuvent mettre en péril l’ordre social et public. » -  Philippe Gabilliet

Roullens (11) : amener les jeunes à réflechir sur la réalité de la diversité et du racisme

Que le mot «apartheid» semble doux mais que de douleurs se cachent derrière ce terme qui n’aurait jamais dû voir le jour et qui reste ancré dans les mémoires. Le 21 mars 1960, une manifestation non violente de protestation contre la loi sur les laissez-passer s’est soldée par un massacre : soixante-neuf manifestants ont été tués. Cette date du 21 a été retenue par la Communauté internationale pour commémorer ce jour fatidique et amener à faire réfléchir sur l’importance des principes d’égalité, de solidarité, de justice et de respect. Cette année est aussi le 10e anniversaire du génocide rwandais et le bicentenaire de la révolution à Haïti.

La Ligue de l’Enseignement s’est associée et engagée auprès des jeunes pour les amener à une profonde réflexion sur la réalité de la diversité, du racisme et de ce que cela signifie pour chacun d’entre eux. Sensibilisée par ce mouvement anti-discrimination, Sarah a tout d’abord présenté aux enfants deux photos et leur a demandé de réfléchir sur leur contenu. Après discussion et grâce à l’aide de Francis Delabre, les enfants ont décrypté leur ressenti en écrivant des textes courts qu’ils ont envoyés à des personnes prises au hasard dans l’annuaire. Ils attendent aujourd’hui quelques réponses. Les phrases écrites par les enfants seront exposées au foyer le mardi 22 avril. Si les enfants ont bien compris le sens de cette journée, le travail sera encore long pour appliquer dans le monde le principe de la tolérance.

La dépêche du Midi

Marseille (13) : une lutte contre les discriminations plus visible

Absente de la précédente mandature, la lutte contre les discriminations fait son entrée dans l’équipe municipale. Une victoire pour le Conseil représentatif des associations noires (CRAN). L’équipe municipale de Marseille dispose désormais d’un élu en charge de la lutte contre les discriminations.

Nouvelle mandature, nouveaux enjeux. La nomination vendredi de l’équipe municipale du maire Jean-Claude Gaudin a permis de rectifier le tir en termes de lutte contre les discriminations. Ce manque avait été pointé du doigt par le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) qui avait décerné une note de 10 sur 100 à la ville en matière de lutte contre le racisme. « Contrairement à Lyon ou Paris, Marseille ne dispose d’aucun élu dans ce domaine », déplorait le responsable local du CRAN, Nassurdine Haïdari.

Un constat désormais dépassé. Outre le service civique municipal et la laïcité, l’élu PRG, Michel Dary s’occupera désormais de la lutte contre les discriminations. « C’est une grande victoire se réjouit Nassurdine Haïdari. Avec l’élection d’un maire de secteur Front national, il y a une impérieuse nécessité de réaffirmer l’unité de la ville que l’on habite au nord ou au sud », estime-t-il.

Metro News

Les musulmans de France se réunissent au Bourget

« Quelles valeurs pour une société en mutation ? L’homme, la famille et le vivre-ensemble ». Tel est le thème retenu cette année par les organisateurs de la 31e rencontre annuelle des musulmans de France, qui se tiendra du 18 au 21 avril au parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis).

« La Révélation dans son essence la plus pure, est venue apporter à l’homme les réponses aux questions qu’il se pose sur sa place dans l’univers, son rôle dans la société dont il est partie intégrante, et les moyens dont il dispose pour parvenir au bonheur », précise toutefois le dossier de presse ; on y annonce, en plus des traditionnelles conférences et de la foire commerciale, un espace dédié à la jeunesse – le « Forum génér-action » –, un « pavillon du Saint Coran », ou encore un espace « Dar el fatwa (…) pour répondre à toutes les interrogations des visiteurs en matière de jurisprudence et de pratique religieuse ».

Quant aux intervenants, les têtes d’affiche déjà annoncées donnent encore peu d’indication sur la manière dont le thème sera traité. La plupart sont des habitués, qu’il s’agisse des frères Tariq et Hani Ramadan – auteur en 2002 d’une tribune très contestée, publiée par le journal Le Monde, et intitulée « La charia incomprise » –, des chercheurs Pascal Boniface et Raphaël Liogier ou des prédicateurs étrangers comme l’Égyptien Omar Abdelkafi ou l’Algérien Abdelrazek Gassoum. « Le programme est vraiment mis au point dans les tout derniers jours », relativise une habituée de la rencontre.

Branche française des Frères musulmans, l’UOIF revendique 250 à 300 mosquées en France et indique « travailler avec un millier » d’entre elles. Impliquée dans la formation des cadres religieux, via l’Institut européen des sciences humaines basé à Château-Chinon (Nièvre) et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la fédération est également très engagée dans l’ouverture d’établissements scolaires : Averroès à Lille, Al Kindi à Lyon, etc..

La création récente, sous son égide, d’une Fédération nationale de l’enseignement privé musulman (FNEPM) destinée à faciliter la signature de contrats d’association avec l’État, explique en partie la prudence affichée par les dirigeants quant aux journées de retrait de l’école.

En 2012, quelques semaines après les attentats commis à Toulouse par Mohammed Merah, le gouvernement s’était opposé à la venue au Bourget de plusieurs de ses invités vedettes, parmi lesquels les cheikhs Yusuf al-Qaradawi et Mahmoud al-Masri, deux prédicateurs influents et controversés du monde musulman, actifs sur les écrans d’Al-Jazira pour l’un, et de la chaîne Iqra pour l’autre.

La Croix

Les nouveaux militants perdus de l’extrême droite radicale

Responsables du récent regain d’actes violents en France, ces ultra-radicaux se disent nationalistes mais servent un discours sur la race blanche à défendre contre les immigrés, les juifs et les promoteurs du métissage. Ça ne vous rappelle rien ?

Dans le bilan à l’Intérieur de Manuel Valls, saille un effort tout particulier de contrôle de l’extrême droite radicale. La mort du jeune militant antifa Clément Méric a entraîné une vague de dissolutions de groupuscules radicaux. Le combat personnel engagé par l’alors ministre de l’Intérieur contre Dieudonné a aussi dévoilé comment ce dernier avait pu développer son business politique en toute quiétude.

Néanmoins, il est moins que certain que Bernard Cazeneuve, le successeur de Manuel Valls à la place Beauveau, ne retrouve pas le dossier de l’extrême droite radicale. En effet, un certain nombre de violences impliquant des membres de cette mouvance est à relever. Ainsi, le dernier rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), remis le 1er avril dernier, montre une hausse de l’intolérance vis-à-vis des populations musulmanes et Roms, ainsi qu’une inquiétude globale face à l’immigration, atteignant les records de 2002.

L’analyse régulière de la Presse Quotidienne Régionale montre un regain récent d’actes violents en provenance de l’extrême droite radicale dans certaines villes, notamment à Paris, Lyon, Lille et Toulouse, et, depuis quelques années, en Picardie, Alsace, Nord-Pas de Calais, Rhône, Île-de-France et Rhône-Alpes. En janvier 2014, un jeune néonazi a tiré sur des militants d’extrême gauche lors d’un concert; le 14 février 2014, à Lyon, deux militants antifascistes ont été poignardés par un néonazi.

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De fait, les actes antimusulmans se multiplient dans notre pays, associés à l’idée que l’intégration fonctionne mal, voire plus du tout. Ainsi, 68% des personnes interrogées par les auteurs du rapport estiment que les personnes étrangères ne font plus l’effort de s’intégrer.

Enfin, ce «lieu autre» qu’est internet participe au phénomène. Des sites sont apparus qui, outre leur contenu politique d’extrême droite, vendent des armes de combat de rue comme des poings américains, des gants lestés de sable, des matraques télescopiques, des triplex, des battes de baseball, des bombes lacrymogènes, etc. (dans la catégorie «sport et défense»), ainsi que des vêtements de marques radicalement d’extrême droite, comme Thor Steinar, Consdaple, Hoelzer Reich, Ansgar Aryan etc.

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Ces militants sont surtout des jeunes très précarisés, souvent au chômage, cumulant les petits emplois et les aides de l’État. Ils ont un faible niveau de diplômes, le plus généralement un BEP ou un CAP, les tenant à l’écart de l’intégration à la mondialisation. Ils sont les victimes de la crise et de la désindustrialisation, les premiers à avoir été touchés par les pertes d’emplois. Ils ont grandi dans des familles où le plus souvent une seule personne travaille ou ont été élevés au sein de familles monoparentales avec une mère en grande précarité.

Ils souhaitent un régime à la fois beaucoup plus à gauche sur le plan économique, beaucoup plus sécurisant, défendant un État-Providence fort, mais qui exclurait tous les étrangers de cet État et de ses bienfaits. Il s’agit donc d’une manifestation d’une sorte de «chauvinisme de l’État-providence» raciste, xénophobe. C’est un «socialisme du ressentiment», qui est un discours gauchisant, socialisant au niveau économique mais réservé uniquement, par racisme, par rejet et peur de l’autre aux nationaux et aux nationaux de la même race, c’est-à-dire blanche.

S’opère une radicalisation croissante depuis 2010 environ, qui se concrétise par une augmentation du nombre de militants de cette frange la plus radicale. Il s’agit de groupes ou de personnes extérieures au FN, lequel condamne publiquement la violence, tout en donnant naissance paradoxalement, de par son inclusion dans le jeu électoral, à des mouvements qui ne refusent pas cette même violence, bien au contraire.

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Un fait analogue provoqua le 1er mai 1995 une prise de distance définitive entre le DPS et les milieux skinheads: la mort par noyade du jeune Marocain Brahim Bouaram, poussé dans la Seine par un groupe de skinheads proches du néo-nazi Parti Nationaliste Français et Européen (disparu depuis) et de l’Œuvre française (dissoute par l’Etat en 2013), en marge du défilé annuel du FN. Le DPS communiqua alors à la police les enregistrements vidéo de la manifestation frontiste, aidant de manière décisive à l’identification des coupables…

La stratégie frontiste de dédiabolisation est à double tranchant: d’un côté, elle permet à ce parti de se débarrasser des éléments les plus radicaux, mais de l’autre, elle les laisse libres d’agir et de provoquer des violences. Sur le plan de l’ordre public, leur intégration au FN est une plus-value, car ils y sont contrôlés et encadrés. D’ailleurs, les provocations verbales d’un Jean-Marie Le Pen contentaient globalement les éléments les radicaux, qui ne cherchaient pas à passer à l’acte, ce qui n’est plus le cas.

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Slate

Fractures sociales et identitaires : Le leurre du «vivre ensemble»

Article d’Edouard de Praron, consultant en management, sur le leurre du «vivre ensemble». Une situation dans laquelle «les classes populaires sont toujours perdantes».

Le bobo des villes s’enorgueillit de ne pas voter pour le FN et de vivre dans une ville cosmopolite. Croisant ses concitoyens d’origine étrangère dans le métro, il pense vivre avec eux mais le soir, il rejoint ses semblables dans son quartier. Chacun vit à côté des autres avec sa propre culture.

La montée du FN confirmée par les élections municipales est la conséquence d’une crise économique et d’une crise identitaire. […]

Un raccourci idéologique voudrait que l’électeur FN vive souvent dans des lieux où l’immigration est très faible et vote par peur de ce qu’il ne connaît pas. Ces élections prouvent à nouveau le contraire avec les régions du Sud à fort taux d’immigration votant massivement FN. Et si, dans certaines régions périurbaines où l’immigration est faible, le FN fait toujours de bons scores, c’est en réalité parce que ces habitants ont fui les villes et les banlieues autant par contraintes économiques et foncières que par choix culturel (pour fuir une immigration massive dans les derniers quartiers populaires). […]

Il est urgent de stopper l’immigration massive et de privilégier la culture française avant que le semblant de vivre ensemble qui reste ne se transforme en une société multiculturelle du « vivre à côté ».

La mixité n’existe quasiment pas dans les tribunes d’un concert de rock, de rap ou d’un match de rugby. Le vivre ensemble, l’inclusion sociale, le faire France n’existent pas sauf dans la bouche d’une élite coupée du peuple, une élite protégée des conséquences négatives de la mondialisation qui se permet en outre de distribuer elle-même des brevets de civisme. Dans ces villes boboïsées, on se vante de respecter son voisin et sa différence de mode de vie. Mais cette tolérance revendiquée n’est en réalité qu’indifférence individualiste.

À une fracture sociale s’est ajoutée une fracture identitaire. Au sein d’une même classe sociale, les gens se séparent en raison de leurs origines. Si la France ne retrouve pas le contrôle de ses frontières, des frontières moins visibles mais réelles se multiplieront : celles qui empêchent déjà d’entrer dans des cités dites « zones de non-droit », celles qu’élèvent les classes aisées en se regroupant dans des quartiers éloignés de tout problème d’insécurité ou d’immigration. À ce petit jeu, les classes populaires sont toujours perdantes.

Boulevard Voltaire (Merci à antibarbare et jojo2)

Najat Vallaud-Belkacem va s’impliquer pour restaurer le «vivre ensemble» (Vidéo)

Invitée ce jeudi sur France Info, la ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Najat Vallaud-Belkacem , est revenue sur la composition du gouvernement Valls. Elle a défendu le choix de ministres «expérimentés», a annoncé qu’elle allait s’impliquer pour restaurer le «vivre ensemble» dans ses nouvelles responsabilités ministérielles avant de laisser comprendre qu’elle était soulagée de ne plus être porte-parole du gouvernement.

Quant à trouver un lien entre toutes ses nouvelles responsabilités, les Droits des femmes, la Ville, la Jeunesse et les Sports, elle a trouvé : «Au fond le lien c’est l’égalité, mon ministère c’est le ministère de l’égalité républicaine. Egalité entre les femmes et les jeunes, entre les générations, entre les quartiers, les territoires. Et le sport c’est un des meilleurs leviers pour faire l’égalité».

«Ce que je peux vous dire c’est que j’ai été ravie d’apprendre que Stéphane Le Foll prenait la suite parce que je pense qu’il va faire un excellent travail et je lui laisse cette responsabilité et cette charge avec beaucoup de plaisir et l’honneur de l’avoir exercée parce que c’est pas n’importe quelle charge. C’est bien que les visages changent… »

Mais au-delà de ce soulagement, sur le fond, l’ex-porte-parole ne regrette rien : «Nous ne renions d’aucune façon ce qui a été fait auparavant et c’est aussi l’occasion pour moi de rendre hommage à Jean-Marc Ayrault et au travail considérable qui a été accompli avec beaucoup de forces, avec beaucoup d’honnêteté aussi».

France Info

Le combat ordinaire d’un maire de banlieue

Alain Hajjaj, édile de La Verrière, dans les Yvelines, explique quels sont les enjeux, devoirs et pouvoirs d’un maire d’une petite commune de banlieue, et plaide pour avoir les moyens d’agir.

[...] Les problèmes sont nombreux dans notre commune : chômage, logement, santé, difficulté de vivre ensemble, solitude, tensions avec la police… les interpellations sont quotidiennes, individuelles ou collectives. Il faut recevoir, aller sur place, prendre des contacts, solliciter, téléphoner, revoir à nouveau, concerter. C’est souvent beaucoup de frustration. On aimerait pouvoir mettre à disposition le logement qui manque, trouver une entreprise locale qui embauche, mais bien évidemment, il nous faut souvent dire que les démarches sont engagées, qu’il faut être patient…

[...] Un maire de banlieue doit expliquer, rassembler, confronter, mais aussi proposer, trancher et oser. Car, au-delà des grandes questions sociales, ce qui revient sans cesse, c’est le vivre ensemble. Plus les conditions de vie sont difficiles, plus le risque de repli, d’intolérance ou d’incompréhension est élevé.

Tout d’abord pour les jeunes, qui sont à la fois les victimes et les acteurs de ce repli. Désœuvrés, sans perspective, ils ont le sentiment d’être sans cesse montrés du doigt. Voulant voir et être vus, ils sont là où parfois ils dérangent. Découragés et peu encouragés, ils ont du mal à s’accrocher aux dispositifs d’appui proposés. La police est le service qu’ils connaissent le mieux, à force de contrôles. Alors il faut, là aussi, proposer de nouvelles réponses aux jeunes, accompagner les commerçants et les habitants parfois excédés.

[...] Que répondre aux habitants qui attendent depuis trois ou quatre ans un logement et qui voient arriver des familles d’autres départements, fragilisées socialement ? Que dire aux équipes de bénévoles des associations d’aide, Secours populaire et Restos du cœur, quand elles voient arriver massivement dans les hôtels de la zone industrielle voisine des demandeurs d’asile, initialement hébergés à Paris et en Seine-Saint-Denis, et qu’il faut aider ? Que dire du manque de cohérence de l’Etat qui donne d’une main dans le cadre de la politique de la ville en octroyant les moyens d’agir sur la précarité et qui reprend de l’autre, lorsqu’il oriente vers nos banlieues des personnes à l’histoire personnelle et familiale douloureuse, que la commune n’a pas les moyens d’accompagner ? Nos habitants le vivent comme une concurrence, et de nouveau jaillit le risque de division et de rejet.

Et comment permettre que se poursuive le dialogue avec la communauté musulmane, l’islam étant la première religion pratiquée à La Verrière  ? Il a fallu de longs échanges et apprendre à se connaître, pour faire aboutir des demandes légitimes comme celle d’exercer le culte dans des conditions dignes. La mosquée est en construction. Les fidèles et amis, y compris catholiques, l’ont financée. Il n’y a eu ni pétition ni article incendiaire. Le dialogue se poursuit dans un climat où, au niveau national, les musulmans se sentent sans cesse montrés du doigt, regardés comme des terroristes potentiels.[...]

Libération

À Rotterdam, l’enjeu du vivre ensemble au cœur des municipales

Les élections municipales se tiennent aujourd’hui mercredi 19 mars aux Pays-Bas.

En glissant leur bulletin dans l’urne, les électeurs rotterdamois sauront que le dynamisme affiché de la ville « la plus moderne des Pays-Bas » cache une réalité sociale plus morose : un taux de chômage à 14,5 %, – record du pays –, des problèmes de sécurité, de délinquance et de logements insalubres. Tout comme les électeurs des 402 autres communes néerlandaises, ils auront également en tête une perspective claire : leur municipalité devra, dès 2015, « faire plus avec moins ».

Dans le premier port d’Europe, troisième ville des Pays-Bas, les conséquences de cette décentralisation et la future politique de la ville en matière d’allocations à la jeunesse, d’aide aux personnes âgées et de soutien à l’emploi ont constitué les thèmes majeurs de la campagne de ces élections municipales. Selon les derniers chiffres de la ville, près de 50 % des 620 000 habitants de Rotterdam sont des « allochtones », et plus de 30 % des « allochtones non occidentaux ».

« L’intégration reste un véritable défi.10 % des enfants de cinq ans qui entrent à l’école primaire n’ont jamais entendu un mot de néerlandais et, dans certains quartiers, le chômage des jeunes atteint 30 à 40 % », assure Ronald Buijt, conseiller municipal depuis 2006 de la liste « Leefbar Rotterdam » (Rotterdam vivable) qui a pris la suite du mouvement de Pim Fortuyn, le leader populiste assassiné en mai 2002.

Dans ce contexte, la levée, au 1er janvier dernier, des restrictions au marché du travail pour les travailleurs roumains et bulgares, n’a pas été du goût de tous les Rotterdamois. Et, comme à La Haye, l’équipe municipale, jusqu’ici majoritairement travailliste, a décidé de passer outre le droit communautaire en conditionnant, pour les « travailleurs migrants de l’Est », l’octroi d’un permis de travail au contrôle préalable d’un logement décent.

Pour Hamit Karakus, actuel adjoint travailliste au maire de Rotterdam chargé du portefeuille du logement, et tête de liste du parti travailliste pour ces élections, cette mesure constitue juste « une différence d’interprétation » du droit communautaire. Tout comme ses challengers, il a dans cette campagne, surfé sur les questions sociales et identitaires pour prôner la priorité aux Rotterdamois « indépendamment de leur religion ou de leur provenance ».

La Croix

Le syndicat de la magistrature reçu par le Crif

Le Président du CRIF, Roger Cukierman, entouré d’une délégation de l’institution, a reçu, le 26 février 2014, la Présidente du syndicat de la magistrature, Madame Françoise Martres.

En préambule, le Président Cukierman a fait état de la préoccupation du CRIF face à une recrudescence de l’antisémitisme et plaidé pour un «vivre ensemble» mieux partagé.

Madame Martres, en introduction, a présenté le syndicat qu’elle préside, le premier du genre dans l’histoire de notre pays, à s’être constitué en 1968. Classé plutôt à gauche, il a recueilli 25% des voix aux dernières élections professionnelles et prône notamment l’indépendance de la justice.

Dans une atmosphère très conviviale, de nombreux sujets ont été abordés : les problèmes de délinquance, le statut des mineurs, la situation des détenus à leur sortie de prison, l’état des prisons françaises, la notion de délit de presse, l’usage de travaux d’intérêt général comme modèle de peine, le rôle des enseignants, la protection accrue des lieux de culte juifs ou encore la récente affaire du «Mur des Cons».

Interrogé sur le boycott des produits israéliens, le syndicat de la magistrature a signifié qu’il ne souhaite actuellement pas prendre position sur cette question.

Crif