22/04/2026
🇫🇷🇩🇿 L'écrivain franco-algérien Kamel Daoud a annoncé mercredi avoir été condamné à trois ans de prison ferme et cinq millions de dinars d'amende en Algérie, où il était poursuivi pour son roman "Houris", prix Goncourt en 2024.
— Agence France-Presse (@afpfr) April 22, 2026
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Fait unique dans l’histoire algérienne : le verdict du procès du 7 avril 2026 est tombé le 21 avril courant.
— kamel DAOUD (@daoud_kamel) April 22, 2026
Je suis condamné à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende, en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. pic.twitter.com/oySQCNFgGI
L’écrivain franco-algérien était poursuivi par la justice algérienne pour ce roman évoquant la guerre civile ayant opposé le régime algérien aux islamistes entre 1991 et 2002. Un sujet interdit en Algérie.
[…]Kamel Daoud indique avoir été condamné « en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale », un texte qui, selon l’auteur, « réprime l’évocation publique de la guerre civile ». Pendant dix ans, l’Algérie a été le théâtre d’affrontements sanglants entre l’État et les islamistes. « Dix ans de guerre, près de 200 000 morts selon les estimations, des milliers de terroristes amnistiés… et un seul coupable : un écrivain», souligne l’auteur sur X. L’ami de Boualem Sansal, qui vit aujourd’hui en France, ne devrait pas être inquiété par cette condamnation.
04/11/2024
Grand favori, Kamel Daoud a reçu le prix Goncourt lundi 4 novembre pour « Houris » (Gallimard). Le choix fort d’un roman interdit en Algérie parce qu’il évoque le tabou de la guerre civile des année 1990. Entre rémanences de la décennie noire et réflexion sur la place des femmes dans une société traditionnelle, l’écrivain offre un texte aussi clivant que puissant, justifiant sa consécration.
Par six voies, dès le premier tour, les jurés du Prix Goncourt ont distingué « Houris » de Kamel Daoud. Une distinction méritée et hautement symbolique, puisque, pour s’être attaqué au tabou de la guerre civile des années 1990, le roman a été interdit en Algérie -et que son éditeur Gallimard n’a pas pu se rendre au récent salon du livre d’Alger.
Aube, l’héroïne d’« Houris » est une narratrice paradoxale : « Comment une femme muette de vingt-six ans peut-elle parler autant, sans reprendre son souffle ? » Mutilée dans l’enfance par un égorgement ne lui laissant qu’une cicatrice en forme de « sourire » à la gorge, cette orpheline de la décennie noire algérienne (1992-2002) semble n’avoir que son silence pour percer l’omerta d’un pays qui, dans sa « charte pour la paix et la réconciliation nationale », menace d’emprisonner « quiconque, par ses déclarations, écrits ou tout autre acte, utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale ». (…)





