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La situation est “alarmante estime le Haut Conseil à l’Égalité, chargé depuis 2019 de remettre au gouvernement un rapport annuel sur l’état du sexisme en France. Malgré des “avancées incontestables en matière de droits de femmes“, le HCE constate que le sexisme ne recule pas dans la société française. Pire, “certaines de ses manifestations les plus violentes s’aggravent“, notamment chez les plus jeunes générations.

Ce constat a été dressé à partir du deuxième “Baromètre Sexisme” réalisé par l’institut Viavoice. 2.500 hommes et femmes issus d’un échantillon représentatif de la population ont été interrogés sur leur perception du phénomène et sur les situations vécues par les femmes. L’an dernier déjà, le baromètre faisait état d’une “persistance” du sexisme, “malgré une forte volonté des Français de le combattre“. Cette année, il met en évidence un renforcement du sexisme dans certains domaines, notamment à l’université et sur les réseaux sociaux. Zoom sur les 12 chiffres à retenir de cette nouvelle édition.

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Quatre jeunes femmes sur cinq considèrent qu’il est difficile d’être une femme dans la société actuelle

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15% des femmes ont déjà subi des coups portés par leur partenaire ou ex-partenaire

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23% des jeunes hommes considèrent qu’il faut parfois être violent pour se faire respecter

[…] En population générale, 16 % des hommes pensent encore qu’une femme agressée sexuellement peut en partie être responsable de sa situation, rapporte encore le Haut Conseil à l’Égalité.

Neuf femmes sur dix adoptent des “conduites d’évitement” pour éviter des actes sexistes

Le sexisme d’une société s’illustre par des faits, des ressentis mais aussi par des comportements. 9 femmes interrogées sur 10 affirment “anticiper” les actes et propos sexistes et donc adopter des “conduites d’évitement”. 55% d’entre elles renoncent ainsi à sortir et faire des activités seules et 52% à s’habiller comme elles le souhaitent. De fait, huit femmes sur dix ont peur de rentrer seules chez elles le soir. Environ 40% veillent par ailleurs à ne pas parler trop fort ou censurent leurs propos, par crainte de la réaction d’un homme. “Cela induit une perte de confiance en soi des femmes et entraîne des conséquences concrètes sur leur vie quotidienne et leur parcours professionnel“, note le Haut Conseil à l’Égalité. Un tiers des femmes actives n’ont par exemple pas osé demandé une promotion ou une augmentation dans leur travail.

Moins d’un Français sur deux considère problématique qu’une femme cuisine tous les jours

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14% des Français n’ont jamais entendu parler de #MeToo

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Dix recommandations pour agir

Face à ce constant jugé “préoccupant“, le Haut Conseil à l’Égalité propose “un plan d’urgence massif” et dix pistes d’amélioration pour lutter contre le sexisme.

  • Augmenter les moyens financiers et humains de la justice, pour former en plus grand nombre les magistrats chargés de traiter les violences intrafamiliales
  • Instaurer une obligation de résultats pour l’application de la loi sur l’éducation à la sexualité à l’école
  • Réguler les contenus numériques pour lutter contre les représentations dégradantes des femmes, en particulier les contenus pornographiques
  • Rendre obligatoire les formations contre le sexisme par les employeurs
  • Généraliser l’égaconditionnalité (conditionner des subventions à une contrepartie en terme d’égalité)
  • Créer une Haute Autorité indépendante pour lutter contre les violences sexistes en politique
  • Conditionner les aides publiques à la presse écrite à des engagements pour l’égalité
  • Evaluer annuellement la représentation des femmes dans les manuels scolaires
  • Interdire la publicité pour les jouets genrés (comme cela existe en Espagne)
  • Institutionnaliser la journée nationale de lutte contre le sexisme le 25 janvier

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