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Dans ce pays longtemps considéré comme un modèle de vivre-ensemble mais confronté à la montée du djihadisme, les amalgames se multiplient, virant parfois au massacre.

A Ouagadougou, Amadou* avait appris à oublier les regards insistants qui le poursuivent dans la rue, fixant son visage au teint clair et son turban enroulé autour de la tête. Mais depuis quelque temps, cet étudiant de 27 ans originaire de Dori, dans la région du Sahel (nord-est), ne parvient plus à échapper aux invectives à l’université et jusque dans son cercle d’amis. « On me répète que je ressemble à un terroriste. Un professeur m’a même exhorté devant la classe à convaincre mes parents d’arrêter leurs attaques », raconte le jeune Burkinabé issu de la communauté peule, un groupe ethnique majoritaire dans sa région d’origine ravagée par les violences djihadistes. Pour une partie de l’opinion, le raccourci est vite fait. « Nous sommes devenus les premiers suspects », regrette Amadou, amer.

Au Burkina Faso, la stigmatisation et la discrimination ne cessent de s’aggraver contre la communauté peule depuis que certains de ses membres se sont enrôlés au sein de groupes djihadistes. Lundi 12 septembre, l’ONU a exprimé son inquiétude devant « l’augmentation des discours de haine et d’incitation à la violence contre les minorités ethniques », qui se propagent dans ce pays pourtant longtemps considéré comme un modèle de tolérance et de vivre-ensemble dans la région.

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Le Monde


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