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À Perpignan, le campus qui accueille les étudiants en droit est implanté au milieu d’un quartier gitan défavorisé. Insultés, suivis, et parfois agressés, ils effectuent leur rentrée dans un sentiment d’insécurité, entendu par la municipalité.

«Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un coupe-gorge, mais presque». Formule alarmante mais pesée, c’est ainsi que Marie* définirait l’université dans laquelle elle a effectué sa dernière année de licence de droit, à Perpignan. Implanté au cœur du quartier Saint-Jacques, centre historique de la ville occupé désormais par la communauté gitane, le campus dit «Mailly» détonne au milieu des immeubles délabrés.

Un quotidien difficile pour les filles surtout

(…) Marie, étudiant sur le campus jusqu’en 2021, garde le souvenir désagréable d’un lieu où s’additionnent «pauvreté, prostitution, drogue, violence» et, de fait, «une énorme insécurit黫En tant que fille notamment, c’est très difficile au quotidien: je me fais siffler et interpeller tous les jours, pour aller à la fac je dois passer au milieu des dealers, certaines personnes me crachent dessus ou à mes pieds. C’est comme si, tout à coup, deux mondes se rencontraient», poursuit-elle.

«Dès que tu descends de la navette, tu rentres le plus vite possible dans la fac et tu essaies de n’en ressortir que le soir, pour passer le moins de temps possible dehors», poursuit Marie.

(…) Conscients que le lieu est propice à l’insécurité, les intervenants ont détaillé aux étudiants les comportements à éviter aux abords du campus. «Évitez de sortir seul(e), à la nuit tombée»«évitez de porter de manière ostensible des objets de valeur» ou encore «criez en cas d’agression», les conseils transmis sont plutôt inquiétants.

«Même si on fait tout pour ne pas provoquer les riverains, quand on se fait cracher dessus ou insulté, on se sent forcément comme un intrus», poursuit le jeune homme.

(…) Face à ces inquiétudes, la mairie se veut confiante. «Nous avons choisi d’implanter du service public dans un quartier réputé difficile et nous devons tenir nos promesses. Cette année encore, nous allons multiplier les initiatives: commencer à rénover le quartier, offrir un vrai point de restauration sur le campus, multiplier la fréquence des navettes. C’est un pari qui n’est pas gagné d’avance, mais nous nous investissons», promet Philippe Mocellin. Reste encore à convaincre les étudiants concernés.

Le Figaro

(Merci à Tara King)


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