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Rongée par le trafic de drogue et le communautarisme, la commune de l’Yonne fut la seule ville de France à avoir été placée en partie sous couvre-feu, au lendemain des attentats du Bataclan. Signe annonciateur d’un lent glissement. Reportage.

Sens est une ville de contradictions et de contrastes. Son riche centre-ville bourgeois est entouré de quartiers sensibles où 50 % des habitants vivent du RSA ou sont bénéficiaires de la CMU. Aux maisons à colombage et hôtels particuliers de sa vieille ville s’opposent 2 000 logements sociaux qui représentent 34 % des habitations de la commune. À sa géographie qui la place en Bourgogne-Franche-Comté s’oppose sa proximité avec l’Île-de-France, qui en fait une base arrière de choix pour les délinquants franciliens. Lieu de construction de la toute première cathédrale gothique de France, dont l’archidiocèse engloba Paris jusqu’en 1622, elle accueillera bientôt une nouvelle mosquée de 11 000 mètres carrés, la plus grande de l’Yonne.

Ce premier confinement et l’écho national qu’il suscita mirent en lumière la réalité d’une ville gangrenée par l’insécurité et l’islamisme depuis de nombreuses années.

Avec ses 26 000 habitants, Sens a commencé à faire la une des médias nationaux dans la foulée des attentats de novembre 2015. À la suite de la découverte d’armes à feu et de faux papiers, les Champs-Plaisants furent le seul quartier de France à être mis sous couvre-feu dans le cadre de l’état d’urgence. Ce premier confinement et l’écho national qu’il suscita mirent en lumière la réalité d’une ville gangrenée par l’insécurité et l’islamisme depuis de nombreuses années.

« Déjà durant l’été 2002, la ville de Sens avait décrété un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans en raison de la délinquance juvénile », nous rappelle Éric Henry, délégué régional du syndicat Alliance Police. Au printemps dernier, des violences urbaines et des émeutes ont éclaté à trois reprises dans le quartier des Chaillots et ont nécessité l’envoi de renforts de police de Montereau, Fontainebleau, Melun, Auxerre et de la gendarmerie. « À chaque épisode de violences urbaines, il a fallu l’aide de collègues venus d’ailleurs. Cela veut dire que les ressources mises en place par l’État à Sens ne sont pas suffi santes pour assurer le maintien de l’ordre » , assure Éric Henry.

(…) Valeurs


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