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« Le menteur », « Le flibustier », « Le catho »… : voilà quelques titres de chapitres de la biographie que le journaliste Vincent Beaufils consacre à Vincent Bolloré à la veille de la retraite – officielle – de l’homme d’affaires breton.

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Ce dernier, selon l’industriel Henri Lachmann, un ami proche, « veut se consacrer à d’autres choses. […] Il veut racheter le péché ». Bien sûr, il y a les médailles miraculeuses ou les pèlerinages réguliers à Lourdes : logé en pension de famille mais transporté en… jet privé. De quels péchés s’agit-il ? Dans sa vie personnelle, pour avoir quitté femme et enfants pour la sœur de son épouse, avant d’avoir à nouveau changé de vie ? Dans ses activités en Afrique ? Dans les médias ? Pour avoir propulsé Eric Zemmour en lui donnant une exposition hors pair sur la chaîne CNews ?

Selon l’auteur, Vincent Bolloré, sans filtre, peut dire en petit comité : « Je me sers de mes médias pour mener mon combat civilisationnel. » Il a un problème avec « l’invasion migratoire », mais le livre ne l’étiquette pourtant pas à l’extrême droite. Descendant d’une grand-mère qui avait intégré la Résistance – avant de rejoindre le « service Action » du SDECE (services de renseignement français, aujourd’hui DGSE) –, comme il l’avait d’ailleurs rappelé lors de son audition devant la commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias le 19 janvier, Bolloré n’adhère pas aux propos d’Eric Zemmour sur Vichy. Vincent Beaufils n’est pas loin de penser qu’il « pourrait voter… Macron ».

Peu importe, cela n’empêche pas l’homme d’affaires de tirer les ficelles très à droite. Le livre révèle qu’il aurait insisté auprès de Laurent Wauquiez pour que celui-ci ne se présente pas à la primaire du parti Les Républicains (LR), afin de laisser le champ libre à Eric Zemmour. Et « il se déclarait prêt à financer Xavier Bertrand, à la condition que le président des Hauts-de-France mette “beaucoup plus de Zemmour” dans sa campagne ». Dans les années 1990, Bolloré se tenait loin de la politique, quand il avait mis la main sur la banque Rivaud : il y avait fermé les comptes de l’UDF et du RPR, « se prenant une soufflante d’Alain Juppé, alors trésorier de celui-ci ».

L’Obs


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