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On trouvera trace, plus d’une fois, d’une approche qui se risque à la contradiction, à l’objection quasi frontale, et que Glissant formule comme s’il se les adressait, en se risquant à cette épreuve d’une pensée mise au défi d’aller toujours plus avant. Ainsi, ce moment, inattendu, où pourrait presque se figurer le concept pur d’une créolisation, qui serait dégagée de ses scories historiquement contingentes :

La créolisation est toujours baroque. Maintenant, la créolisation peut se faire sous des formes violentes ou non. Je ne sais pas s’il y a un privilège de la violence dans la créolisation. Je ne crois pas. La créolisation comprend la violence et au sens total du mot comprendre, c’est-à-dire intègre la violence. Ce n’est pas parce qu’il y a eu violence dans le système des plantations qu’il n’y a pas eu créolisation, au contraire. […]. Est-ce que ça procure un privilège ? Que ça détermine une caractéristique, c’est vrai, que cette caractéristique soit un privilège, je ne crois pas. C’est-à-dire qu’il peut y avoir des créolisations sans violence, il me semble qu’il peut y avoir des créolisations sans violence. Pourtant, je cherche des exemples, et je n’en trouve pas ! [4]

Édouard Glissant

Cairn.info (Archive)

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