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L’ancienne ministre de la Culture Catherine Trautmann s’inquiète de la montée en puissance d’Eric Zemmour et appelle la gauche à riposter pour ne pas être effacée.

Sondage après sondage, elle s’inquiète. Si les études d’opinion montrent un Éric Zemmour en pleine progression, elles révèlent aussi la grande difficulté de la gauche de percer. Aucun des candidats de gauche n’est en mesure d’être qualifié pour le second tour et le bloc de gauche apparaît historiquement bas (moins de 30 %). Surtout, elle n’arrive pas à s’imposer dans le débat et dicter son agenda et ses thèmes. Faut-il y voir un risque d’effacement commencé par la déculottée de 2017 ? C’est la crainte de l’ancienne ministre de la Culture, Catherine Trautmann. La conseillère municipale socialiste de Strasbourg regrette que la gauche arrive divisée pour les prochaines échéances électorales et appelle son camp à riposter de manière plus « dure » contre Éric Zemmour.

Si on en croit les sondages, ni Jean-Luc Mélenchon ni Anne Hidalgo, Yannick Jadot ou Arnaud Montebourg ne sont susceptibles d’être qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle. La gauche a-t-elle encore une réalité électorale ?

[…] La situation créée par Emmanuel Macron, pratiquant une forme de dégagisme « ni gauche ni droite » a provoqué une indifférenciation qui fait toujours monter les extrêmes ou des personnages provocateurs. La gauche s’est embarquée dans ses propres faiblesses et a rétréci. Alerte rouge !

Que vous inspire le phénomène Éric Zemmour, de plus en plus haut dans les sondages ?

Le succès de M. Zemmour se traduit par ses excès. Il y a de la violence dans l’expression et une manière de se passer du droit. Certains pourraient être tentés de suivre quelqu’un qui a une volonté, mais ils ne regardent pas ce qui est légal ou pas légal. Ce qui m’inquiète, c’est l’atteinte à l’État de droit, car la sûreté d’un pays, c’est son droit. On le voit en Pologne et en Hongrie. Mais il est déjà fragilisé en France avec la vaccination. La gauche doit poser ses options et ne peut pas être silencieuse.

Quel doit être le discours de la gauche pour combattre Éric Zemmour ?

Il faut qu’elle démontre la force de ses propositions et qu’elle démonte les excès du discours de M. Zemmour et de son inéquation avec la réalité du pays. Et il faut souligner son rapprochement avec l’extrême droite. On aurait tort de penser que parce qu’Éric Zemmour n’est pas Jean-Marie Le Pen qu’il n’est pas aussi dangereux. Je le considère comme aussi dangereux. Il faut qu’on soit très clair et très dur dans l’argumentation, mais que nous ayons toujours en tête notre projet. Sinon, cela ne passera pas et les Français diront que la gauche sait s’offusquer, mais n’a rien à proposer pour mener le pays dans la bonne direction. […]

Le Point


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