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28/07/2021

« On veut juste obtenir un billet pour retrouver nos vies » 

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“Mes enfants ne rencontreront jamais leurs grands-parents… Trop âgés et malades », lâche Karim, ­résigné. Deux ans ont passé depuis sa dernière visite dans sa famille, non loin d’Oran.

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Détentrice de la double nationalité, la réalisatrice a laissé ­derrière elle une boîte de production, son nouveau projet, son chat et une maison qu’elle venait d’acheter. « Désormais, il est impossible de réfléchir à l’avenir. Ils ont réquisitionné nos vies les plus intimes, ils nous ont exilés de force de notre propre pays. Ce qui me choque, c’est que mon passeport algérien ne me sert même pas à rentrer chez moi. Je ne leur pardonnerai jamais », sanglote Sofia Djama.

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« Je n’ai pas pu assister à l’enterrement de ma mère. Le problème est qu’avec si peu de vols les drames continuent… Tous les Algériens qui résident en France veulent rentrer voir leurs parents une ­dernière fois, car l’épidémie progresse. »

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Dans le plus grand pays du Maghreb, 10 % de la population est vaccinée et les hôpitaux commencent à être saturés. « La dernière chose que l’on souhaite est de se retrouver dans un hôpital là-bas… Un ami à Alger me disait : “Tout le monde ici veut se casser et toi, tu veux rentrer !” », se désole Sofia, pourtant loin d’être prête à abandonner.

Le Monde Mag

07/07/2021

Annoncée mi-mai par les autorités du pays, la réouverture sous conditions des frontières du pays ne permet pas aux Algériens de France de passer l’été dans leur famille. Impatiente, la communauté oscille entre colère et résignation.

« Nous sommes tous très en colère et toujours dans l’attente. » Nawelle a du mal à cacher son amertume. Deux mois après notre première rencontre, cette médecin de 49 ans ne va pas mieux. Mi-mai, l’annonce de la réouverture des frontières de l’Algérie avait allumé en elle une lueur d’espoir. Celui de pouvoir enfin rendre visite à son père de 82 ans, affaibli et dépendant depuis qu’il a réchappé du Covid-19. Son épouse, elle, n’a pas eu tant de chance et s’est éteinte l’été dernier. Ni cette Parisienne à la double nationalité, ni aucun de ses trois frères et sœurs, n’a pu venir en aide à leur papa, bloqué à Alger. « Il est impossible de s’y rendre, ces annonces sont une simple opération de com’ », s’étrangle la scientifique, qui dénonce « des conditions inhumaines et anormales ».

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Le Parisien

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