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Contre l’avis de Rome, lundi matin à Ecône, à quelques pas de la tombe de Mgr Lefebvre, Mgr Bernard Fellay va ordonner huit nouveaux prêtres.
Une partie sans fin se joue entre Rome et Ecône. Entre le Vatican et les disciples de Mgr Marcel Lefebvre, plus connus sous le nom d’«intégristes». Opposés à la réforme du concile Vatican II (1962-1965), ils ont fait de la messe en latin le symbole de leur combat. Lundi matin encore, dans cette vallée suisse, ils bravent le Saint-Siège.
À quelques pas de la tombe de leur fondateur, au séminaire d’Ecône, son successeur, Mgr Bernard Fellay – un évêque dans la force de l’âge – va ordonner huit nouveaux prêtres. Six Français, un Belge et un religieux capucin. Au sein de la «Fraternité saint Pie X», nom de leur congrégation, ces hommes viennent grossir les rangs d’un ensemble de 450 prêtres, essentiellement répartis en France, Allemagne, Suisse, États-Unis et Amérique latine. En soi, ces ordinations n’ont rien d’extraordinaire. Elles sont annuelles, mais prennent aujourd’hui un relief médiatique particulier parce que le Vatican les a qualifiées d’«illégitimes» le 17 juin dernier.
Ce ne sont pas en effet les querelles de latin ou de soutanes qui sont en jeu mais un problème de fond qui divise l’Église catholique : quelle orientation doit-elle prendre ? Plus ouverte ou plus classique ? Avec le Pape, certains estiment que l’application du concile Vatican II, dont ils énumèrent les «dérives», passe par la réconciliation avec les racines traditionnelles de l’Église catholique. Contre lui – et de plus en plus ouvertement -, d’autres estiment que Vatican II a tourné une page définitive. Ils refusent tout «retour en arrière sur les acquis du concile».
Ultime symptôme de ce malaise, le retard pris à Rome par la publication d’un décret, un motu proprio, qui doit justement faciliter le dialogue avec les lefebvristes. Ce texte devait sortir le 20 juin. Aux dernières nouvelles, Rome attend de connaître le ton, lundi matin, de l’homélie de Mgr Fellay à Ecône, lors de la cérémonie d’ordinations, avant de publier ce motu proprio. Source