Canal+, « Le Grand Journal », 4/03/2013
Apatride, un terme d’extrême droite ?

Canal+, « Le Grand Journal », 4/03/2013
Apatride, un terme d’extrême droite ?

L’ex-ministre des Finances va devoir s’expliquer devant la Cour de justice de la République. Son avocat, Me Yves Repiquet, explique au JDD que sa cliente «est prête».
Christine Lagarde joue gros. Très gros. Si, à l’issue de son audition devant la Cour de justice de la République, elle ressortait mise en examen dans l’affaire Tapie, elle pourrait perdre son fauteuil de directrice générale du FMI.
La charte de bonne conduite de l’institution qu’elle dirige prévoit en effet de sanctionner «toute action qui peut porter atteinte à l’intégrité ou à la réputation» du FMI… En attendant cette convocation à haut risque, pas fixée à ce jour, l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances a préparé sa défense. «Nous sommes prêts au millimètre près», assure au JDD son avocat, l’ancien bâtonnier Me Yves Repiquet. «Mme Lagarde n’a rien à se reprocher dans ce dossier et nous le démontrerons».
Devant la Cour de justice, Christine Lagarde devra s’expliquer sur trois principaux soupçons dans l’affaire qui s’est soldée par une «bérézina financière» pour les deniers publics, et qui a valu à Bernard Tapie d’obtenir la totalité de ses demandes, plus un préjudice moral de 45 millions d’euros. Le premier soupçon concerne la décision d’aller en arbitrage plutôt que de laisser les tribunaux examiner les «affaires Tapie». Christine Lagarde assume son choix : «L’arbitrage était le seul moyen juridique pour mettre un terme d’un coup à tous les contentieux.» […]
La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Selon la presse grecque de ce week-end, les émissaires de l’Union européenne et du Fonds monétaire international auraient proposé au gouvernement grec de «déplacer les habitants des îles comptant moins de 150 habitants vers des lieux plus accessibles».
Mais nombre d’experts doutent d’une simple gaffe du gouvernement et croient plutôt à un ballon d’essai pour que l’idée fasse son chemin.
Une proposition reprise publiquement par Kostas Mousouroulis, le ministre grec des Affaires maritimes. Le pays possède en effet une myriade d’îles, dont beaucoup sont proches des côtes turques. Vingt-deux d’entre elles sont habitées par moins de 150 habitants. Leur fonctionnement, selon le ministre, aurait un «coût trop élevé pour l’État».
Cette annonce a provoqué un tel tollé dans le pays que Kostas Mousouroulis a été contraint de revenir sur ses propos, affirmant qu’il s’agissait d’une plaisanterie. Dans la foulée, le gouvernement dans son ensemble s’est empressé de démentir l’information. […]
Même démentie, cette hypothèse fait débat. Christos Christopoulos, avocat d’affaires, reste sceptique sur la concrétisation du projet, mais s’interroge : «Que dirait-on en France si l’on déplaçait les sept habitants du village de Chateauvieux-les-Fossés dans le Doubs ou ceux d’Aulan dans la Drôme ? Cette déportation de gens de leur lieu d’habitation, même au prétexte de non-rentabilité, réveille les traumatismes du passé pour les Grecs. De plus, ceci est juridiquement inadmissible et enfin cela engendrerait de sérieux risques pour la sécurité nationale», affirme-t-il.
Christos Christopoulos fait référence au déplacement de la population grecque d’Asie mineure, où elle était installée depuis la nuit des temps. Après la défaite des troupes helléniques, lâchées par les alliés face à Atatürk en 1922, le traité de Lausanne, un an plus tard, obligeait à un «échange de population». Près de deux millions de Grecs avaient alors dû quitter ce qui avait toujours été leur patrie pour s’installer en Grèce, qui comptait moins de cinq millions d’habitants à l’époque. […]
La dette dans les pays développés devrait atteindre 113% en 2013. Et il n’existe « pas de raccourci » pour résoudre cette situation aux yeux de Christine Lagarde qui s’est exprimée à Tokyo vendredi.
La dette publique accumulée par les pays riches s’approche des niveaux atteints en « temps de guerre », a estimé vendredi la directrice générale du Fonds monétaire international.
« Le plus grand obstacle (à la croissance, ndlr) sera sans doute l’immense héritage légué par la dette publique qui atteint maintenant en moyenne 110% (du produit intérieur brut, ndlr) dans les pays développés, quasiment un niveau de temps de guerre », a déclaré Christine Lagarde à Tokyo devant les représentants des 188 Etats-membres du FMI, réunis en assemblée plénière. (…)
Une enquête a été ouverte par le parquet de Grasse sur Dominique Strauss-Kahn, en sa qualité d’ex-directeur du FMI, sur des soupçons de malversations autour de l’annulation de la dette du Congo, aux dépens d’un entrepreneur cannois ayant porté plainte.
Serge Berrebi, qui se bat depuis 25 ans pour recouvrer des millions d’euros après avoir été « spolié » d’une entreprise au Congo, avait déposé plainte le 21 octobre auprès du parquet de Paris, qui s’est dessaisi le 6 décembre au profit de celui de Grasse. La PJ niçoise, chargée de l’enquête, l’a entendu le 11 juillet.
L’affaire touche aux conditions dans lesquelles la dette du Congo fut effacée en 2010 dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
(Merci à Saint Jores)
(…) L’Europe est prévenue. L’Allemagne en tête, il va lui falloir travailler plus dur encore pour payer les folies de la Grèce, qui a fait de la fraude fiscale l’un de ses sports nationaux.
Dans ce contexte, Mme Lagarde a commis une faute impardonnable en mettant en cause tous ces Grecs, fort nombreux, qui « essaient de ne pas payer d’impôts ». Des propos honteux que notre classe politique, unanime, a dénoncés avec un courage qu’on ne se lassera pas de saluer.
De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par François Bayrou et Najat Vallaud-Belkacem, tout le monde s’est indigné, tandis qu’Internet se déchaînait contre la directrice du Fonds monétaire international.
On attend maintenant que le MRAP et SOS Racisme engagent les poursuites judiciaires qui s’imposent,
avant que soit saisi le Tribunal pénal international, dont on ne comprend pas qu’il tarde tant à lancer un mandat d’amener contre Mme Lagarde.
En effet, si les Grecs travaillent dur à ne pas payer d’impôts dans un système économique où règnent le clientélisme et la kleptocratie, grand bien leur fasse, il ne faut surtout pas leur dire la vérité, comme l’a fait Mme Lagarde, mais, au contraire, continuer à les subventionner : l’Allemagne paiera, elle est là pour ça.
Pour redevenir sérieux, on ne peut qu’être consterné par ce tollé général contre Mme Lagarde, qui a eu le mérite de se demander s’il est bien normal d’accorder une aide faramineuse à chaque Grec (33 000 euros),
alors que nous ne distribuons que des clopinettes aux Africains dans le besoin. (…)
La présidente du Front national, Marine Le Pen, a jugé «un peu facile» la critique de la directrice du FMI Christine Lagarde à l’encontre des Grecs sur le non-paiement des impôts.
«L’Europe, nous disait-on c’est la paix. Moi je ne vois que des dirigeants qui insultent, injurient et calomnient les autres peuples», a-t-elle dit. «Alors les Grecs sont ceci, mais les Portugais aussi alors! Et que dire des Espagnols et des Italiens… et puis un jour ça va être notre tour».
«Ce déchaînement d’accusations (…) a pour seule vocation de cacher la grande vérité, c’est que les responsables ne sont pas les peuples mais les dirigeants politiques qui ont construit une Union européenne qui est un saccage social, qui nous ont imposé une monnaie unique (…) qui a asphyxié nos économies et qui aujourd’hui nous interdit d’envisager le retour de la croissance», a-t-elle conclu sur ce point.
Des propos de la directrice du FMI suscitent l’indignation des Grecs. Elle les a en effet invités à prendre leur destin en main en payant leurs impôts.
«Les enfants démunis d’Afrique ont davantage besoin d’aide que la population grecque.» – Christine Lagarde
Interrogée par le quotidien britannique The Guardian sur ce qu’elle éprouvait à l’égard de la population grecque, elle a répondu qu’elle « pensait davantage aux enfants démunis d’Afrique.«
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, qui a reproché aux Grecs de ne pas payer leurs impôts, n’en paie pas elle-même grâce au statut de fonctionnaire international des salariés du FMI.
Lors de sa prise de fonction, l’institution avait indiqué qu’elle toucherait un salaire de 551 700 dollars annuels (380 000 euros). Soit environ 30 000 dollars de plus que le dernier salaire de DSK. Elle bénéficiera également d’une allocation pour frais de représentation (sans justificatifs) de 83 760 dollars par an.
Ouest-France (Article de 2011)
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, estime que les Grecs ont trop profité de la situation. Elle leur demande de payer leurs impôts et déclare être bien plus compatissante à l’égard des enfants d’Afrique.
Addendum 27 05 2012 : Les Grecs offusqués après les propos de Christine Lagarde
Les propos de la directrice française du FMI lui ont valu des milliers de commentaires souvent acerbes sur sa page Facebook. Un internaute grec l’interpelle ainsi: « Avez-vous simplement songé que nous étions à court d’argent ? » En Grèce, où les partis politiques sont de nouveau en campagne en vue des élections législatives du 17 juin, le chef de file du Parti socialiste (Pasok), Evangelos Venizelos, l’a accusée hier soir d’avoir «humilié» le peuple. [...] Le Figaro
Je pense plus à ces jeunes enfants dans un petit village du Niger qui vont deux heures par jour à l’école, partageant une chaise pour trois, et qui rêvent d’avoir une bonne éducation. Je pense à eux tout le temps. Car j’estime qu’ils ont encore plus besoin d’aide que les gens à Athènes.
Intransigeante. Dans une interview au quotidien britannique The Guardian, Christine Lagarde estime que les Grecs ont une part de responsabilité dans la situation qui est la leur aujourd’hui. Évoquant les problèmes d’évasion fiscale, fléau de la péninsule hellénique, le directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) estime que les Grecs, pour solutionner leurs problèmes, devraient «commencer par s’entraider collectivement» en «payant tous leurs impôts». […]
«En ce qui concerne les Grecs, je pense aussi à tous ces gens qui essaient tout le temps d’échapper aux taxes», répond sans concession l’ancienne ministre française de l’Économie et des Finances. […]