Evincer les Roms ? Dans les beaux quartiers de Paris seulement

Paris : une note interne d’un commissariat veut « évincer » les Roms des beaux quartiers

Une note interne au commissariat du VIe arrondissement de Paris préconise d’ »évincer systématiquement » les Roms de l’arrondissement, affirme Le Parisien.

Selon le quotidien, cette note, rédigée par un officier de police « sur instruction de la commissaire centrale », demande « dès à présent et jusqu’à nouvel ordre pour les effectifs du VIe arrondissement, de jour et de nuit, de localiser les familles roms vivant dans la rue et de les évincer systématiquement ».

Le maire UMP de l’arrondissement, Pierre Lecocq a déclaré n’être « pas choqué » par le ton de cette note mais être « choqué de voir des familles de Roms dans la rue avec des enfants en bas âge ». Ce qui pour lui, n’est « pas acceptable sur le plan humain et social ».

RTL.fr - merci antibarbare

———– Complément : Une BD très incorrecte sur les tziganes – roms – gitans (plus d’infos sur cette BD ici)

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Nersac (16) : voitures vandalisées en série

Une bande de voleurs à la roulotte sévit depuis plusieurs jours dans les environs d’Angoulême. « Elle est en quête de tous les objets de valeur qui ont pu être laissés dans les véhicules », explique la gendarmerie qui en recherche activement les protagonistes. Elle vient de frapper à Nersac où c’était la consternation samedi matin.

Alors que des véhicules ont été visités plus tôt dans la semaine place de l’Union, quatre voitures ont encore été fracturées et dégradées la nuit précédente, route d’Angoulême et rue des Fontenelles. Des vitres cassées, des bris de verre, mais aucun vol constaté. Certains, comme Marcel Genereux, employé communal domicilié rue des Fontenelles et dont les deux voitures garées sur le parking face à sa maison ont été fracturées, parlent du « plaisir de casser ».

Samedi de bon matin, les cambrioleurs semblent avoir été dérangés plus que d’ordinaire. Marcel Genereux les a mis en fuite en ouvrant son volet roulant. Un peu plus loin route d’Angoulême, c’est un voisin de Dominique et Michel Dolineau, victimes également d’une dégradation mais aussi d’une tentative de substitution de leur autoradio, qui les a perturbés.

Il témoigne: « Vers 3h30, j’ai entendu du bruit, je suis sorti pour voir ce qu’il se passait. Il y avait deux jeunes dans la rue, j’ai à peine vu leur visage. L’un s’occupait de la voiture de mes voisins, l’autre cassait une vitre à une autre voiture. Je leur ai demandé s’ils voulaient de l’aide, ils sont montés à toute vitesse dans une voiture qui a filé à vive allure en crissant des pneus. »

Ce témoin parle d’un véhicule « plutôt sportif » dont le bruit, reconnaissable, se fait « souvent entendre à Nersac la nuit entre 2 heures et 3 heures du matin », mais aussi « quelquefois dans la journée », ce qui lui laisse penser qu’il s’agit « sûrement de jeunes du coin ». L’enquête se poursuit et les gendarmes recommandent de ne rien oublier dans les véhicules qui pourrait avoir de la valeur.

Charente Libre

Justice : La pénurie de juges va devenir ingérable

Environ 1 400 des quelque 8 000 magistrats français partiront à la retraite dans les trois prochaines années, soit plus d’un sixième des effectifs. Cet important déficit démographique, que le pouvoir politique n’a pas anticipé, va affaiblir dramatiquement un corps déjà exsangue.

L’École nationale de la magistrature (ENM) forme actuellement 252 titulaires (promotion 2013). Elle ne pourvoira donc qu’à environ la moitié des remplacements. Les recrutements dits « latéraux » (personnes extérieures, policiers, avocats… recrutées sur dossier par une commission et après une formation et un stage probatoire plus ou moins long) ne pourront légalement excéder le tiers de ce chiffre. On peut donc estimer que le corps va s’affaiblir d’environ 400 postes, sauf improbable effort exceptionnel et recul des départs à la retraite, possibles sous certaines conditions limitatives mais pour peu de temps.

La gauche comme la droite se sont surtout attachées depuis le début des années 2000 à de laborieuses réformes de la procédure et du Code pénal : présomption d’innocence sous la socialiste Élisabeth Guigou en 1997-2002 (création du juge des libertés et encadrement du pouvoir des juges d’instruction), lois Perben sous Jacques Chirac en 2002-2007 (renforcement du pouvoir des procureurs), multiples lois pénales au fil des faits divers et création de peines plancher pour les récidivistes sous Nicolas Sarkozy (2007-2012), création de la « contrainte pénale » en cours par Christiane Taubira (une sorte de contrôle judiciaire remplaçant la prison pour certains délinquants). [...]

Cette situation intervient dans un système que les syndicats de magistrats décrivent comme misérable. Selon le Conseil de l’Europe, la France se situe au 37e rang sur 43 du continent, derrière l’Azerbaïdjan et l’Arménie pour l’effort budgétaire judiciaire, en termes de pourcentage du PIB (7,7 milliards d’euros en 2013, soit environ 3 % du budget de l’État et 4 % des effectifs). Selon le Conseil de l’Europe toujours, la France a peu de juges (9,1 pour 100 000 habitants, contre, par exemple, 19,9 en Autriche ou 24,5 en Allemagne) et très peu de procureurs (3 pour 100 000 habitants contre 6,2 en Allemagne et 15,4 en Norvège). Une partie du budget de la Justice étant consacré au monde pénitentiaire, ce sont 4 à 5 petits milliards que se partagent annuellement 1 000 juridictions souvent contraintes de faire attendre experts, prestataires et fournisseurs, et de procéder à l’économie.

La purge démographique ne pourra que retarder le délai de traitement des affaires déjà mécaniquement trop long (la France est souvent condamnée à ce titre par la Cour européenne des droits de l’homme), alors même que les contentieux nouveaux explosent depuis les années 1960 : divorces, drogue, délinquance, corruption et, plus récemment, hospitalisations d’office, surendettement, tutelles. Et les prisons françaises débordent avec un record historique d’actuellement 67 000 détenus pour 57 000 places, ce qui pénalise la réinsertion.

Sud Ouest

Le Chesnay (78) : les braqueurs du magasin Apple de Parly 2 interpellés et relâchés.

Agés de 20 à 23 ans, Nabil, Alex (qui ont été libérés) et Rachid (en attente de l’être) ont pourtant passé des aveux complets. La moitié du butin a été retrouvée, ainsi que l’arme ayant servi au braquage. Mais les juges en charge du dossier au TGI de Versailles (Yvelines) ont mis en avant leurs casiers judiciaires vierges et estimé qu’ils devaient être relâchés en attente de leur procès.

Le Parquet de Versailles (Yvelines) a décidé de faire appel aujourd’hui, 4 avril, de ces libérations réclamant l’incarcération des deux malfaiteurs déjà libérés.

Cette affaire tombe particulièrement mal pour Christiane Taubira qui vient d’être reconduite au ministère de la Justice. Elle ne manquera pas de relancer le débat sur le « laxisme » de l’institution judiciaire sous sa conduite.

Très médiatisé, le braquage de l’Apple Store de Parly 2 s’était déroulé le 16 décembre 2013 à 19h 30. Les trois malfaiteurs, grimés, dont l’un armé, étaient parvenu à faire main basse sur plus de 100 000 euros de téléphones portables, essentiellement des IPhone 5S, entreposés dans la réserve du magasin.

Valeurs Actuelles

Montpellier (34) : trois « jeunes » mineurs mettent le feu rue de l’Industrie

Défavorablement connus déjà par la Police, ils provoquent des dégâts multiples dans la rue et sur les façade des commerces dont du théâtre de la Chocolaterie.

Tout le long de la rue de l’Industrie, de Prés-d’Arènes au Marché-Gare, trois adolescents montpelliérains ont provoqué des dégradations dans la nuit de mercredi à jeudi. Ils s’étaient entendu pour faire le mur de chez leurs parents respectifs. Réunis, ils ont d’abord mis le feu à un conteneur devant un supermarché. Puis un deuxième, à hauteur du numéro 83. Ensuite, ils ont brûlé à tout va contenants à ordures et palettes. Dont les flammes et les fumées ont dégradé partiellement les façades du théâtre de La Chocolaterie et de l’animalerie contiguë.

Alertée par un témoin, la police a dépêché un équipage sur place. Lequel a rapidement mis la main sur le trio, place de Tibériade. Ramenés au commissariat central, les trois pyromanes présumés y étaient toujours auditionnés, hier, à l’issue d’une prolongation de leur garde à vue. Mesure à l’issue de laquelle ils doivent être déférés au parquet des mineurs aujourd’hui. Sachant que deux d’entre eux ont déjà eu maille à partir avec la justice, à la suite d’un vol avec violences commis en janvier dernier.

Midi Libre

Marignane (13) : grosse opération de police dans les cités

Aux dires des « anciens », cela faisait bien longtemps que les cités du Florida Parc et de la Chaume n’avaient été autant la cible des forces de l’ordre. Tout au long de la semaine, celles-ci ont (ré)investi les lieux au cours d’une opération d’envergure, identique à celle qui a été menée il y a quelques semaines du côté des Pins, à Vitrolles.

Contrôles routiers, visites des parties communes, tentative de démantèlement d’un point de vente de résines de cannabis, recherche d’armes, etc… tout y est passé avec un résultat que les policiers ont jugé plutôt satisfaisant.

Lundi, les forces de l’ordre ont reçu le renfort de chiens renifleurs spécialisés dans la détection d’armes et de produits stupéfiants. Au cours d’une visite de cave, les policiers ont découvert une arme type fusil de chasse avec des dizaines de cartouches en parfait état de fonctionnement. Trois véhicules volés – dont une moto de grosse cylindrée – ont été saisis et la police municipale a procédé à l’enlèvement de neuf véhicules épaves.

Tout au long de la semaine, les policiers ont donc occupé le terrain, à des heures différentes et sous des formes différentes, histoire de surprendre ceux qui auraient quelque chose à se reprocher… « En règle générale, cela se passe bien, il n’y a aucune zone de non-droit à Marignane, on rentre partout », certifie le commissaire Brua dont les hommes ont contrôlé mercredi les commerces du Florida, pour effectuer des contrôles administratifs et veiller à ce qu’aucun ne vende par exemple du tabac sans autorisation.

« L’objectif prioritaire est de se montrer, d’être présents en effectuant des patrouilles et des contrôles. Là, nous avons bénéficié d’un dispositif particulier afin d’effectuer un travail ciblé sur une semaine avec des objectifs bien précis. Nous allons continuer à être présents le plus possible et on reviendra régulièrement », promet le commissaire Brua, visiblement satisfait de cette semaine.

Le butin peut paraître bien maigre. Mais pour le commissaire Jean-Noël Brua, « trouver, en moins d’une semaine, trois véhicules volés, une centaine de munitions, un fusil de chasse et procéder à une dizaine d’interpellations dans un périmètre aussi restreint est un bilan très correct ».

La présence policière accentuée dans le quartier semble, elle, diviser les habitants. Si pour certains jeunes un tel déploiement a des allures de « provocation », certains habitants voient d’un bon oeil cette reconquête du territoire. « Je vis dans ce quartier depuis près de quarante ans et les choses ont beaucoup changé… et pas en bien, témoigne un vieil homme. C’est bien que la police montre qu’il y a certaines limites. »

Avant de quitter la zone les policiers tombent sur un jeune homme en scooter conduisant sans casque et qui les insulte vertement. Il est intercepté quelques mètres pus loin par deux motards « ninjas » de la Compagnie de sécurisation et d’intervention. La loi va s’appliquer pour lui aussi.

La Provence

Pau (64) : trois jeunes récidivistes en garde à vue suite à un incendie criminel

L’incendie qui s’est produit au cœur de la nuit de jeudi à vendredi est volontaire : trois jeunes hommes du quartier Saragosse sont actuellement en garde à vue au commissariat de Pau.

Selon les premiers éléments de l’enquête, trois jeunes ont tenté de voler une Ford Fiesta garée dans la rue, juste devant la résidence Saint-Michel. Ils ont cassé la porte, brisé le dispositif antivol de la colonne de direction et essayé de démarrer le véhicule en mettant les fils en contact. En vain. Ils ont alors mis le feu à la voiture. L’alerte a été donnée vers 2h50.

L’incendie a dégagé une importante fumée, nécessitant l’évacuation de la résidence, dont la façade a été en partie noircie. Un autre véhicule garé à proximité, un conteneur poubelle et des stores d’appartements ont été endommagés.

Alerté par un témoin, la police a dépêché sur place la brigade anticriminalité (BAC) de nuit. Les voleurs avaient déjà pris la fuite… mais ils ont tenté de dérober dans la foulée une autre Ford Fiesta garée rue Jules Verne, au cœur du quartier Saragosse. La BAC les a alors pris sur le fait.

Les trois jeunes se sont aussitôt dispersés. Mais deux d’entre-eux ont été interpellés. Le troisième membre du groupe, identifié, a été interpellé ce vendredi matin vers 8h45.

Il s’agit de trois habitants du quartier, âgés de 21, 23 et 26 ans, tous récidivistes et actuellement sous le coup d’une mise à l’épreuve après une précédente condamnation. L’un d’eux a déjà fait de la prison.

Leur garde à vue pour dégradations par moyen dangereux (l’incendie volontaire) et pour tentatives de vol (les deux Fiesta) se poursuit : les trois Palois devraient être déférés ce samedi au parquet. L’un d’eux a reconnu les faits ce vendredi matin, les deux autres ont nié. Les enquêteurs de la sûreté départementale poursuivent les investigations et les auditions.

La République des Pyrénées

Quimper (29) : Razzia de gangs itinérants sur les pots catalytiques

Ils contiennent des métaux rares et sont revendus à des ferrailleurs entre 15 et 50 € l’unité, selon le modèle. Des raids nocturnes sont opérés dans l’Ouest par des gangs d’Europe de l’Est.

En un mois, trente pots catalytiques ont été volés à Quimper (Finistère). Dans les Pays de la Loire, une bonne quarantaine entre janvier et mars. Plus d’une dizaine à Caen et Vire, cet hiver (Calvados)…Un ou des gangs mènent des raids dans le nord-ouest de la France. La Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes a été saisie du dossier.

Les pots catalytiques sont obligatoires sur toutes les voitures neuves depuis 1993. S’ils sont devenus la nouvelle cible des voleurs, c’est que le filtre à particules, situé sous la voiture, contient des métaux rares : de l’or, du platine, du palladium et du rhodium. Quelque 130 kg de ces métaux peuvent se revendre jusqu’à 4 000 €. L’an dernier, 1 285 pots catalytiques ont été volés en France.

« Jusque-là, la Bretagne avait été relativement épargnée. Désormais, les membres de ces équipes que nous avons identifiés, provenant des pays de l’Est et notamment de Lituanie, sont très actifs », explique le colonel Patrice Bayard, patron de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI).

Pour l’automobiliste, la note est salée. La réparation coûte « entre 1 500 et 3 000 €. Et, quand c’est découpé en plein milieu du pot d’échappement, il faut tout changer », explique ce garagiste de chez Speedy à Quimper.

Ma Ville

Poitiers (86) : cambriolages en série, 3 roms condamnés

Quatre Roumains de la minorité Rom ,soupçonnés d’une vingtaine de cambriolages dans des habitations, étaient surveillés par les gendarmes de Poitiers. Une enquête lancée face à une recrudescence, depuis août, de cambriolages attribués à des équipes itinérantes sillonnant le département.

Jeudi dernier, les enquêteurs sont passés à l’action. « Ils revenaient de Charente où ils étaient allés commettre un cambriolage à Londigny. On les a interpellés à leur retour, trois au squat de la Gibauderie à Poitiers et un dans son logement à Saint-Benoît », indique la commandante Stéphanie Véra, commandant la compagnie de gendarmerie de Poitiers.

Trois hommes, dont deux frères, sont alors placés en garde à vue, ainsi qu’une femme trouvée en possession d’un sac rempli de bijoux. Des gardes à vue de 96 h. Depuis le début de l’année, l’affaire était suivie par le parquet de Rennes compétent pour les faits de criminalité organisée.

Les quatre interpellés sont soupçonnés de vols en bande organisée et association de malfaiteurs. Une qualification criminelle finalement abandonnée au terme des auditions et du renvoi devant le tribunal correctionnel de Rennes pour un procès en comparution immédiate qui s’est tenu mardi.

Si la femme interpellée, Miora, a été relaxée des faits de recel, les trois hommes ont été reconnus coupables de vol. Adrien, arrivé tout récemment au squat de la Gibauderie, écope d’un an avec sursis. Il a bénéficié d’une relaxe partielle.

Les frères Cavasciu, Leontin et Romulus, ont été lourdement condamnés : deux ans de prison avec maintien en détention pour le premier, quatre ans avec maintien en détention pour le second.

La Nouvelle République

Corbeil-Essonnes (91) : La police caillassée à Montconseil

Ils ont entre 16 et 20 ans et ont été placés en garde à vue vendredi soir. Vers 19 heures, la police est appelée dans le quartier de Montconseil, à Corbeil-Essonnes, pour une bagarre. Mais tout porte à croire qu’il s’agissait d’un guet-apens.

Le Parisien

Marseille : sécurité, le rapport censuré

La fameuse « approche globale », développée dans les ZSP, est-elle efficace ? Quel est l’impact sur la population de ce concept sécuritaire censé nettoyer les 39 cités marseillaises du trafic de stups ? En octobre dernier, la préfecture de police décidait d’en avoir le coeur net. Elle commandait donc un rapport à un policier retraité, Serge Supersac, afin d’observer son effet à l’échelle d’un quartier.

Le choix s’arrêtait sur Frais-Vallon (13e) pour un examen de deux mois et demi. Le 20 décembre dernier, le chercheur remettait ses conclusions de 53 pages au préfet et l’Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux (ORDCS) les mettait en ligne sur son site internet. Quelques semaines seulement… Un coup de fil du cabinet exigera qu’il soit immédiatement retiré… (Note FDS : Le rapport est disponible ici)

Outre son aspect endémique, Serge Supersac a pu constater sur le terrain que le trafic s’adaptait parfaitement aux diverses opérations de police. « La population a appris à vivre avec. Il fait partie du quotidien, observe-t-il. Surtout qu’après l’héroïne, l’arrivée du cannabis a été considérée comme un mieux ». Dans un souci de bon voisinage, les « choufs » aident régulièrement les mères de famille à monter leurs courses.

Plus grave, Serge Supersac raconte qu’à la suite de l’interpellation d’un chef de réseau, son remplaçant avait décidé de faire des économies en réduisant le nombre de guetteurs. Pour limiter les accès désormais sans surveillance, il avait aussi verrouillé les portes des escaliers, mettant ainsi en danger les riverains, notamment en cas d’incendie.

« On se rend compte que les CRS n’ont pas de consignes précises. Alors qu’ils doivent lutter contre les trafics, ils font aussi des contrôles routiers, souligne-t-il. Il n’y a pas de véritable dialogue. Du coup, personne ne comprend vraiment ce qu’ils font là.

Sollicitée au sujet de la censure de ce rapport qu’elle avait pourtant commandé, la préfecture de police estime que « le résultat de cette étude n’a pas répondu à la demande initiale, à savoir connaître le ressenti de la population de Frais-Vallon par rapport à l’approche globale ».

« L’étude produite comportait essentiellement le propre avis de M.Supersac sur la façon notamment d’organiser la police marseillaise, argumente la préfecture. Il n’y a quasiment pas d’éléments objectifs chiffrés et argumentés sur l’impact de l’approche globale auprès des habitants de ce quartier, affirme le cabinet du préfet. Dès lors, ce rapport n’avait pour nous pas d’utilité. Par ailleurs, il s’agissait d’une commande pour disposer d’un outil de travail interne qui n’avait nullement vocation à être publié ».

Mais comme le préfet de police est toujours « soucieux d’évaluer le dispositif mis en place dans les ZSP », il a d’ores et déjà lancé des démarches « pour faire réaliser une évaluation de l’approche globale par une ou plusieurs entités neutres et extérieures au périmètre policier ». « Ce sont pourtant eux qui sont venus me chercher, rétorque Serge Supersac. Mais manifestement, ils se sont trompés. En voyant mon passé de policier, ils ont pensé que je rentrerais dans le rang. J’ai réalisé un travail objectif, qui n’était pas destiné à faire plaisir à qui que ce soit. »

La Provence

En Flandre, des vols de métaux, gasoil, matériel, mais pas de coupables

En février, une série de vols a touché des agriculteurs et des artisans de Flandre, à Steene et Steenbecque. Au fil de leurs visites, le ou les voleurs se sont emparés de cuivre, de tuyaux de plomb, de 50 kg de câble électrique, de batteries de tracteurs et de camions, des robinets en laiton, des portières de camionnette, des outils, du gasoil…

L’enquête a amené trois Roumains à être jugés. Un seul se trouve à la barre du tribunal correctionnel, vendredi matin. Ils sont mis en cause après avoir été pistés à plusieurs reprises dans le secteur où ont été commis les vols par les gendarmes qui, une fois, ont trouvé des morceaux de câbles électriques dans leur voiture, une autre fois un tournevis et un démonte-pneu que les enquêteurs pensent compatibles avec les traces d’effraction relevées sur les lieux des cambriolages.

Le seul membre du trio qui comparaît a réponse à tout. Leur présence autour de Steene, en pleine nuit ? Ils s’étaient trompés de sortie d’autoroute ? Une autre fois non loin de Wormhout, vers 2 h du matin ? Ils ramenaient des couvertures et des vêtements suite au démantèlement du camp rom de Lille. Les outils ? Le prévenu les utilise pour faire de la mécanique, ce qui lui permet de gagner « 600 à 700 € par mois ». Le billet de 500 € retrouvé sur lui ? Un prêt effectué par un ami pour qu’il puisse retourner en Roumanie refaire sa carte d’identité.

Alors que les parties civiles, toutes présentes – chose rare – réclament des dédommagements allant jusqu’à près de 17 000 € pour un artisan, et que la substitut du procureur les estime coupable en requérant des peines de prison avec sursis ou ferme, l’avocate de la défense reprend point par point le dossier et sa « procédure mal ficelée. Il y a beaucoup d’approximations, d’erreurs. On n’a rien cherché et sur trois éléments on vient vous dire qu’ils ont commis ces faits. » Elle plaide la relaxe, que le tribunal prononcera. Malgré le pardon demandé par le prévenu avant que les juges ne délibèrent. Mais c’était juste parce qu’il était mal rasé, précisera-t-il ensuite…

La Voix du Nord