09/05/2026

Les Britanniques ont voté lors d’élections locales à haut risque pour le Labour de Keir Starmer, menacé par le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage. Ces élections sont largement considérées comme un référendum officieux sur Keir Starmer, dont la popularité s’est effondrée depuis son élection il y a moins de deux ans.
Sur 129 conseils déclarés sur 136, Reform UK a remporté 1 428 sièges (+1 426), tandis que le Labour n’en a pris que 954 (−1 375). Les Conservateurs ont obtenu 772 sièges (−552), tandis que les Libéraux-Démocrates (+152) et les Verts (+363) ont progressé. Les indépendants ont obtenu 188 sièges.
Débâcle travailliste. Reform UK a remporté des centaines de sièges dans des zones ouvrières du nord de l’Angleterre qui étaient autrefois des terres fermement travaillistes.
Triomphe de Reform UK. Nigel Farage avait qualifié ces élections de “l’événement le plus important” avant les prochaines législatives, et y avait investi plusieurs millions de livres sterling.
Fragmentation du paysage politique. Le professeur John Curtice a déclaré que la Grande-Bretagne entrait dans une “nouvelle ère politique” où aucun des partis n’est très dominant — même Reform n’atteignant probablement pas 30 % des voix, illustrant une fragmentation inédite.
Avenir de Starmer incertain. De nombreux analystes doutent qu’il conduise le parti aux prochaines élections nationales, prévues d’ici 2029. Le vice-Premier ministre David Lammy a mis en garde contre un changement de leadership, affirmant qu'”on ne change pas de pilote en cours de vol”.
Le gouvernement Starmer s’est heurté à de nombreux obstacles : des volte-face sur des politiques sociales, une croissance économique insuffisante, des services publics dégradés, et une hausse du coût de la vie, le tout compliqué par une guerre contre l’Iran ayant bloqué le transit pétrolier dans le détroit d’Ormuz.
Les candidats indépendants musulmans, dont la montée lors des élections locales et partielles a déjà coûté cher au Labour, ont remporté des sièges taillés presque entièrement dans les anciens bastions travaillistes de villes avec des quartiers à forte majorité musulmane.
Ce mouvement s’inscrit dans une tendance amorcée en 2024 : lors des élections générales, quatre candidats indépendants pro-Gaza — Ayoub Khan, Adnan Hussain, Iqbal Mohamed et Shockat Adam — ont battu directement des candidats travaillistes.
La progression des indépendants est principalement portée par des candidats musulmans mobilisés autour de Gaza, mais elle s’inscrit dans un mécontentement plus profond vis-à-vis du Labour — et représente l’une des nouvelles fractures d’une politique britannique de plus en plus fragmentée.
La percée des indépendants musulmans au Royaume-Uni :
Élections locales de mai 2024 – Les musulmans britanniques, historiquement fidèles partisans du Labour, ont voté en faveur de candidats indépendants ou écologistes ayant intégré la question de la guerre à Gaza et la cause palestinienne dans leur campagne. À Bradford, où 30 % de la population est musulmane et près d’un tiers est issue de la diaspora pakistanaise, 13 candidats indépendants ont remporté des sièges de conseillers municipaux, dont une nouvelle génération de très jeunes élus, certains âgés de 18 ou 19 ans à peine.
Élections générales de juillet 2024 – Une forte corrélation est apparue entre la proportion de musulmans dans une circonscription et les pertes travaillistes : le Labour a perdu 17,4 points dans les circonscriptions comptant 10 à 20 % de musulmans, 23,8 points dans celles à 20-30 %, et jusqu’à 33,5 points là où les musulmans dépassent 40 % de la population. Au total, cinq candidats indépendants, dont quatre musulmans, ont remporté des sièges aux Communes.
Élections locales de mai 2025 – La circonscription de Burnley Central East, dans le Lancashire, est devenue le symbole de ce basculement : Maheen Kamran lol, candidate indépendante de 18 ans, a remporté le siège avec 38 % des voix, reléguant Reform UK à 30 % et le Labour à une lointaine troisième place avec seulement 14 %.
08/05/2026
Le parti anti-immigration Reform UK réalise une percée spectaculaire lors des élections locales au Royaume-Uni : la formation de Nigel Farage arrive largement en tête dans plusieurs collectivités anglaises avec déjà près de 400 sièges remportés, tandis que les travaillistes de Keir Starmer perdent plus de 250 élus locaux.

Suivre les résultats en direct : https://www.bbc.com/news/election/2026/england/results
Les premiers résultats des élections locales en Grande-Bretagne confirment la montée en puissance du parti d’extrême droite antimigrants Reform UK au détriment du Labour du premier ministre, Keir Starmer, qui vit son premier grand test électoral depuis son élection en juillet 2024. Ces premiers résultats, encore parcellaires, des élections qui se sont tenues jeudi 7 mai ne concernent que l’Angleterre, le dépouillement commençant tout juste au Pays de Galles et en Ecosse.
Vendredi à 8 heures (9 heures à Paris), seules 40 des 136 collectivités locales anglaises avaient déjà livré leurs résultats. Ils montraient le parti de Nigel Farage, Reform UK, largement en tête avec plus de 350 sièges d’élus locaux conquis, contre 249 au Labour, soit une perte de 245 sièges dans ces collectivités, selon le décompte de la BBC. Keir Starmer a déclaré « assumer la responsabilité » de ces résultats « douloureux » pour son Parti travailliste. ll a cependant semblé exclure toute démission à ce stade. […]
Reform UK perce notamment dans plusieurs bastions travaillistes du nord de l’Angleterre et des Midlands (dans le centre de l’Angleterre). « Nous assistons à un changement historique de la politique britannique » a affirmé vendredi le leader du mouvement d’extrême droite, Nigel Farage, lors d’une déclaration à Londres. […]





