Le projet de loi gouvernemental contre l’entrisme ne ciblera «pas seulement l’entrisme islamiste», mais «toutes les formes de séparatisme et d’entrisme», allant plus loin que le texte de Bruno Retailleau en cours d’examen, a indiqué dimanche le ministre de l’Intérieur dans Le Monde.
Le projet de loi, actuellement au Conseil d’Etat, devrait être présenté «dans les prochaines semaines», alors que le Sénat examine mardi une proposition de loi de l’ex-ministre Bruno Retailleau contre «l’entrisme islamiste». Son texte est une «oeuvre inachevée», estime Laurent Nunez. Celui de l’exécutif s’attaquera «à toutes les structures ou individus séparatistes ou ultraviolents, comme les groupes d’ultradroite», ceux «qui provoquent à la discrimination, la haine, la violence» ou «ont pour vocation d’attenter à la République».
«Moi, je n’ai pas de problème avec un islam en France, pour moi c’est une religion qui a toute sa place dans notre République. (…) Je combats ceux qui l’utilisent sans fondement pour porter atteinte à nos principes républicains», a-t-il assuré.
Il veut aussi «interdire d’activité» en France des structures basées à l’étranger, notamment celles dissoutes ici et reconstituées ailleurs, comme «le Collectif contre l’islamophobie en France». «Il faudra désormais désigner un liquidateur» pour s’assurer que les biens d’une association dissoute «ne seront pas dévolus à une autre structure» similaire. Ce texte allonge d’un à trois ans le délai pour s’opposer à des «publications dangereuses pour les jeunes», appelant «à la haine, la discrimination, ou la violence». Il permet au gouvernement d’interdire des livres contenant des passages homophobes ou négationnistes, «dans un délai très court». En politique, Laurent Nuñez a estimé «indéniable que le terreau le plus favorable pour accueillir des tenants de l’entrisme se situe du côté de LFI».





