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Comme en Tunisie où le discours xénophobe explose, le racisme est omniprésent dans le royaume chérifien. A Aït Amira, dans le sud du pays, des migrants subsahariens subissent un véritable calvaire.

Bakary (1) a refusé de donner son téléphone à son agresseur. Il a reçu un coup de machette. L’attaque contre ce Sénégalais est encore dans tous les esprits de la communauté subsaharienne d’Aït Amira, une commune rurale située à une vingtaine de kilomètres d’Agadir, au Maroc. Ses amis ont enregistré le cliché de son doigt tailladé. «C’est arrivé il n’y a même pas une semaine», souffle avec amertume Mohammed, un Guinéen de 28 ans, en tendant son smartphone. La photo montre une plaie ouverte sur plusieurs centimètres, l’os apparent. «Ici, on nous traite comme des animaux. Si tu ne fais pas ce que les Marocains te demandent, tu risques gros. Et s’il t’arrive quelque chose, la police ne fera rien pour toi.»

Attablés dans la petite boutique «Space Africa», où se vendent draps en wax, pâte d’arachide et brosses à dents, une dizaine de ressortissants subsahariens discutent d’un phénomène trop longtemps resté tabou au Maghreb : le racisme anti-noirs. Il y a quelques jours, les propos haineux du président tunisien, Kaïs Saïed, à l’égard des «hordes d’immigrés clandestins d’Afrique subsaharienne»

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Libération

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