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17/09/23

ENQUÊTE – Aux États-Unis, la politique de soutien des minorités des grands groupes a contribué à la polarisation de la société.

(…) Les atermoiements de Disney illustrent ce retournement. Après des années d’engagement progressiste, qui l’ont conduit à assumer un bras de fer avec l’inflexible gouverneur conservateur de Floride Ron DeSantis, le géant du divertissement s’efforce de retrouver un positionnement plus consensuel. Les actionnaires ont rappelé à cette fin, en novembre dernier, le patron historique Bob Iger avec mission de rééquilibrer l’image de l’entreprise. De polémiques en polémiques, Disney avait glissé en quelques années de la 4e à la 77e place au classement des marques les plus populaires aux États-Unis, réalisé par Axios-Harris. L’immense souci de la marque de n’offenser personne a fini par lasser ses admirateurs peu sensibles à la nécessité de tourner une nouvelle version de la petite sirène avec une actrice noire ou de censurer sur la plateforme Disney+ Les Aristochats, pour les moins de 7 ans, afin de préserver les enfants de la vision supposée raciste d’un chat siamois jouant du piano avec des baguettes.

La tâche de Bob Iger n’est pas simple: après avoir affiché une intense empathie pendant des années envers toutes les demandes identitaires, jusqu’à créer des groupes affinitaires en fonction de la couleur de peau des salariés, c’est à un véritable changement de culture interne que le patron s’attelle. Quant à l’apaisement avec Ron DeSantis, qui a construit sa (fragile) stature nationale autour de sa croisade antiwoke, le défi semble quasiment insurmontable.

Le débat politique américain sur les questions économiques n’a en effet plus rien à voir avec les années Reagan. «Dans un parfait chiasme, le Parti démocrate, qui était traditionnellement le parti des syndicats est désormais financé par Hollywood, la finance ou la tech, avance Brice Couturier, coauteur de l’essai L’Entreprise face aux revendications identitairesEt a contrario, le Parti républicain, du moins sa frange la plus populiste, s’est mué en premier soutien de la petite entreprise. Je crois que le trumpisme prospère sur ce fond d’anticapitalisme.»

(…) Anheuseur-Busch en a fait les frais, il y a peu. Sa très populaire bière Bud Light a subi une baisse de 24% de ses ventes entre avril et juin, en raison du lancement tambour battant d’une campagne publicitaire en association avec une influenceuse transgenre, qui a poussé les stars de la musique country à appeler au boycott immédiat de cette «bière trans».

La chaîne de supermarchés Target a également dû retirer de ses rayons, en juin dernier, des produits ciblant la communauté LGBT, après une forte vague de boycott qui a pesé sur son cours de Bourse. Le patron s’est alors vu accuser par le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, de «sacrifier la communauté LGBT aux extrémistes». Côté conservateur, les initiatives lancées en réponse à la vague woke n’affichent pas non plus de franche réussite. GloriFi, néobanque fondée au Texas, qui promouvait «l’amour de Dieu et de son pays» et promettait un rabais sur l’assurance habitation des personnes détentrices d’armes à feu, a mis la clé sous la porte en moins de trois mois.

(…) Le Figaro

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27/06/23

Ses prises de position valent à l’entreprise, autrefois en tête des marques les plus appréciées, de faire aujourd’hui partie des enseignes les plus détestées des Américains.

Disney, trop engagé? Autrefois considérée comme la quatrième marque la plus appréciée des États-Unis, la firme de divertissement a chuté ces dernières années dans le cœur des Américains, jusqu’à atteindre la 77e position sur 100, selon un classement réalisé par Axios-Harris. Cette dégringolade s’expliquerait par les prises de position de la firme californienne, prise en étau entre une droite qui l’accuse de wokisme et une gauche qui réprouve son manque de radicalité, selon Le Monde .

L’engagement accru de la firme daterait de l’arrivée à sa tête de Bob Iger en 2015, estime Le Monde. Démocrate autoproclamé, ce nouveau roi d’Hollywood entend défendre ses valeurs et «amener [les gens] à mieux accepter les multiples différences, cultures et races et toutes les autres facettes de nos vies et de notre peuple» notamment grâce au storytelling, théorise-t-il devant ses actionnaires en 2017. Une évolution qui se traduit par la présence de superhéros noirs et homosexuels à l’écran (dans Black Panther , La Petite Sirène et Les Éternels notamment), jusqu’ici peu voire pas castés pour incarner les personnages imaginés par la firme.

Ces prises de position politiques ont été critiquées en interne, notamment par l’éphémère successeur de Bob Iger, Robert Chapek, arrivé à la tête de l’entreprise durant la pandémie de Covid. «Quelles que soient les convictions politiques de Bob, il n’est pas un activiste et n’apporte aucun programme partisan dans l’entreprise», explique en 2022 son porte-parole Geoff Morrell, au Hollywood Reporter.

(…) Le Figaro

(Merci à BB)


20/05/22

La cote de popularité de Disney a fortement chuté depuis l’année dernière, selon un nouveau sondage qui révèle que le taux d’approbation de la société s’est effondré, passant de 77 % à 33 %.

Sans surprise, ce ne sont pas les résultats sur lesquels les médias traditionnels voulaient se concentrer.

Pour situer le contexte, le sondage a été commandé par NBC News et réalisé par Hart Research Associates/Public Opinion Strategies du 5 au 10 mai, en posant à un total de 1 000 adultes une série de questions relatives à la politique, aux personnalités politiques et à Disney.

[…]

L’écrivain, cinéaste et chercheur Christopher F. Rufo se fait l’écho du sentiment de Sopo, en reprenant sur les réseaux sociaux l’idée que la cote de popularité de Disney a considérablement chuté au cours de l’année dernière, et en attribuant ce plongeon massif à l’incessante soumission de la société à la foule woke.

“La part des Américains ayant une impression favorable de Disney s’est effondrée, passant de 77 % l’année dernière à seulement 33 % aujourd’hui”, note M. Rufo, ajoutant : “Ce sont des dégâts catastrophiques sur leur réputation – et un avertissement pour les autres entreprises sur ce que coûte de devenir woke.”

Dans une série de tweets, Rufo en rajoute : “Disney, qui a construit une marque familiale au cours d’un siècle, est désormais moins populaire que Joe Biden ou Donald Trump.”

“C’est stupéfiant : les marques ont généralement des taux de popularité beaucoup plus élevés que les personnalités politiques”, poursuit-il. “Mais lorsque Disney a commencé à promouvoir des politiques raciales et sexuelles de gauche, elle a rapidement eu un taux de favorabilité à peu près égal à celui des politiciens nationaux les plus polarisants. Il y a là une leçon à tirer.”

[…]

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