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Dans “La fabrique de l’enfant-transgenre“, les psychanalystes Caroline Eliacheff et Céline Masson dénoncent les dérives du “transgenrisme” chez les mineurs.

L’Express : Selon vous, la transidentité relèverait d’une “subculture idéologique contagieuse via les réseaux sociaux, se rapprochant par maints aspects de l’emprise sectaire”…
C.M. Nous distinguons la “dysphorie de genre” vraie – extrêmement rare – de ce que je nomme “l’utopie de genre” qui relève d’une emprise idéologique par le biais des réseaux sociaux où l’on fait croire monts et merveilles à des jeunes en quête d’identité et mal dans leur corps.
Caroline Eliacheff : En France, le phénomène n’a pas encore atteint les mêmes dimensions que dans d’autres pays. Les réseaux sociaux, fréquentés par des millions de jeunes, ont une influence considérable. Une grande majorité d’adolescents se présentant dans des consultations pour une “dysphorie de genre” se sont diagnostiqués eux-mêmes sur Internet. Des influenceurs trans mettent en scène les différentes étapes de leur transition, renvoient les jeunes sur des sites leur expliquant comment faire pour convaincre les médecins de leur prescrire des hormones, ou pour effectuer leur “coming out” auprès des parents. Ils arrivent en consultation avec un discours stéréotypé. Ces jeunes se sentent faire partie d’une communauté, d’une nouvelle famille qui les soutient et les héroïsent. Or, dans 75 à 80% des cas, ils ont des troubles psychiatriques préexistants et pensent résoudre leurs problèmes en se déclarant “trans”.

N’y a-t-il pas tout simplement une meilleure écoute de la société ? 
C.M. L’argument qui consiste à dire que s’il y a plus de demandes aujourd’hui c’est parce que la parole s’est libérée est fallacieux. C’est un déni de la réalité des réseaux sociaux pourvoyeurs d’idéologies où l’on trouve le meilleur comme le pire.
Aux Etats-Unis, la chercheuse et médecin Lisa Littman a montré une progression de ces demandes de 4400% concernant à 80% des filles. Elle a évoqué une “dysphorie de genre à déclenchement rapide”, sans signes précurseurs, apparaissant pour la première fois à la puberté. Les parents disent que l’apparition de la dysphorie de genre semblait se produire dans le contexte de l’appartenance à un ou plusieurs groupes de pairs, où tous les amis sont devenus dysphoriques de genre et identifiés comme transgenres au cours de la même période. Les parents ont pu constater une augmentation de l’utilisation des réseaux sociaux juste avant l’annonce de la transidentité.  
Que ces jeunes souffrent est une évidence, qu’ils soient tous “dysphoriques de genre” l’est moins. Il est dangereux de l’affirmer car ce “diagnostic” entraîne ces jeunes possiblement vers une médicalisation alors qu’ils sont en pleine maturation psychique et physiologique. Voilà pourquoi il faut parler d’utopie de genre et encourager les jeunes à penser/rêver un autre monde tout en prenant conscience des limites que nous imposent le réel. 

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C.E. Ces parents décrivent leur sidération face à la réponse médicale souvent très rapide apportée à la demande de leurs enfants. Contrairement à ce qu’affirment la majorité des services dédiés à la transidentité, ils disent qu’il suffit parfois d’une seule ou de quelques consultations pour que des mineurs aient une prescription, soit de bloqueurs de puberté pour les plus jeunes, soit d’hormones antagonistes. Cette rapidité les affole d’autant qu’ils sont conscients des problèmes pré-existants : dépression ancienne, troubles autistiques diagnostiqués. Ils sont de plus fortement engagés à leur corps défendant par les médecins à autoriser ces traitements pour le bien-être de leur enfant et pour éviter un suicide. Des parents nous ont confiés qu’on leur avait donné comme argument en faveur de la transition de leur enfant, le crédo militant : “Vous voulez une fille morte ou un garçon vivant ?”. En France, comme dans d’autres pays, les parents se réunissent ainsi en collectif pour faire entendre leur voix. 

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L’Express


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