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Quelque 45 000 Afghans vivent dans l’Hexagone où ils sont les premiers bénéficiaires du droit d’asile. Une population traversée par les rivalités qui divisent leur pays depuis vingt ans. Mais que l’angoisse face au retour au pouvoir des talibans unit.

Le drapeau tricolore noir-rouge-vert, celui que les talibans ont décroché partout en Afghanistan, flotte encore au-dessus de l’entrée d’Afghan Best Food, rue de La Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris. Un passant pointe l’étendard du doigt : « C’est plus le bon, faut changer ! » « Moi, c’est ce drapeau-là que je respecte », répond le patron du restaurant, que la plaisanterie n’amuse qu’à moitié. Amanullah Qudratullah a perdu son père en 2014, tué par les talibans. Deux ans plus tard, cet homme de 38 ans au visage doux atterrissait en France avec femme et enfants.  […]

Deux autres restaurants afghans balisent la rue de la Chapelle, qui n’en comptait aucun il y a cinq ans. C’est que depuis, la population afghane a nettement augmenté, dans le quartier comme dans l’Hexagone.

De 1980 à 2010, la France a accueilli entre 100 et 200 Afghans chaque année, puis entre 400 et 700 jusqu’en 2014. « Ensuite, explique Delphine Rouilleault, directrice générale de l’association France terre d’asile, le début du retrait des troupes d’Afghanistan et la crise syrienne ont entraîné un premier mouvement de migrants vers l’Europe, surtout vers l’Allemagne, la Suède, la Norvège. Et puis, à partir de 2018, on a vu des flux secondaires internes à l’Union européenne, et beaucoup de ces “dublinés”, qui avaient été déboutés dans leur pays d’arrivée, sont venus présenter une deuxième demande d’asile en France. » […]

Le Monde


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