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Le Point : Une partie de la gauche – dont vous avez fait partie – a défilé aux côtés de militants islamistes lors de la manifestation du 10 novembre 2019. On voit que des exécutifs locaux décident de financer une mosquée à Strasbourg au nom des principes concordataires… La gauche serait-elle en train de virer bigote ?

Nathalie Arthaud : Quelle hypocrisie ! Parce que le concordat ne finance pas le culte catholique peut-être ?

Vous admettrez que la défense des religieux par la gauche est assez contre-intuitive…

J’ai participé à cette manifestation contre l’islamophobie, mais Lutte ouvrière n’a pas signé l’appel avec lequel nous n’étions pas d’accord. J’ai considéré qu’après l’attentat contre la mosquée de Bayonne, où un homme d’extrême droite avait fait deux blessés graves à la suite d’une tentative d’incendie, il y avait effectivement à s’élever contre la banalisation des actes contre les musulmans. On ne peut pas s’élever contre l’antisémitisme et rester muet quand il s’agit de crimes perpétrés contre des musulmans. Ceux qui font ce choix-là, et il y en a, ont des arrière-pensées. Or, pour nous, la lutte contre le racisme ne se divise pas. Il ne s’agit pas de défendre l’idée religieuse.

Êtes-vous donc prête à accepter le fait religieux, au nom de l’unité de la classe ouvrière ?

Nous ne sommes pas contre ceux qui croient, même si nous avons des idées différentes sur la religion. Nous sommes contre le capitalisme et nous pensons qu’il faut renverser cette société-là. Dans toutes les révolutions, il y a des femmes et des hommes de toutes les croyances, de toutes les couleurs…

Interview compète à lire dans Le Point


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