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De nouvelles formations ou programmes sont lancés pour accueillir des profils moins homogènes. Une ouverture poussée par les plateformes, comme Netflix, qui souhaitent produire des contenus davantage à l’image de la société.

Muriel Biot n’a jamais été très scolaire. La jeune femme, qui a grandi entre Abidjan en Côte d’Ivoire, Garges-lès-Gonesse et Yerres, en région parisienne, a arrêté ses études en classe de première. Elle a ensuite fait une école de théâtre et débuté une carrière de comédienne. Avec sa couleur de peau, on lui propose « toujours les mêmes rôles, très clichés » : la prostituée, la réfugiée, la bonne amie avec un accent, la fille de banlieue… Lasse, elle s’inscrit, à 30 ans, dans une école de cinéma, afin de devenir réalisatrice : « Je veux inventer des personnages qui ne me figent pas dans une case », explique cette fille d’une fleuriste.

En 2018, elle fait partie de la première promotion de Kourtrajmé, une formation créée par le réalisateur Ladj Ly, gratuite et accessible sans condition de diplôme. Elle complète aujourd’hui son parcours avec « La Résidence » de La Fémis. Lancé par cette grande école parisienne à la réputation élitiste, ce programme s’adresse aux jeunes autodidactes issus de milieux modestes, afin de former des réalisateurs avec des profils différents de ceux admis par le très sélectif concours d’entrée. « Les lignes bougent enfin. J’ai même été invitée à l’université d’Assas pour parler des représentations des minorités ethnoraciales dans l’audiovisuel français », poursuit Muriel Biot.  […]

Le Monde


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