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Alain Bentolila, linguiste et auteur de “Nous ne sommes pas des bonobos, créateurs et créatures” publié prochainement aux éditions Odile Jacob, estime que la langue est la seule capable de bâtir une identité nationale et de combattre le séparatisme.

Alors qu’une partie de notre jeunesse semble prête à faire sécession culturelle et cultuelle, ce n’est certainement pas dans une loi que nous trouverons des raisons d’espérer repousser la tentation délicieuse du séparatisme. Seul un dialogue lucide et fertile invitant l’autre sur notre territoire et nous offrant les clés du sien, peut nous éviter la guerre civile.

[…] Une identité nationale honorable se choisit ! On ne la reçoit pas passivement comme une onction divine, car alors c’est d’un clan que l’on fera partie. Un clan dont les membres élus ne seront liés que par mépris des autres. Un clan dont on imitera maladroitement les rites, dont on répétera sans les comprendre les clichés et dont on partagera préjugés et mots d’ordre. Choisir son identité nationale, c’est être capable de faire l’effort du sens historique et culturel qui la fonde ; c’est pénétrer dans une immense bibliothèque qui conserve la trace de ce que, de génération en génération, des hommes ont dit et écrit, non pas pour s’enfermer à l’intérieur de frontières mais pour offrir leur tribut singulier aux valeurs universelles. On n’y entre pas les yeux bandés ; ces traces ne sont pas conservées pour que l’on y mette servilement nos pas ; elles sont soumises à notre réflexion, offerte à la discussion collective. Une identité nationale se mérite par l’effort intellectuel et linguistique qu’on lui consent.  […]

Je veux ici dénoncer le renoncement d’un État qui n’a pas su remplir son devoir d’intégration linguistique envers les nouveaux arrivants alors que la plus sûre garantie d’une intégration dignement construite, c’est qu’ils maîtrisent la langue française. Je dis bien « maîtriser la langue française », et non la « baragouiner ». […]

news.yahoo/Marianne


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