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ORCHESTRES ET DIVERSITÉ : LE RIDEAU DÉCHIRÉ ?

Les critiques du trompettiste Ibrahim Maalouf sur l’Orchestre philharmonique de Vienne relancent la question du manque de diversité dans le classique, et de ses raisons.

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Pour pallier les dérives à la papa des chefs d’orchestre omnipotents qui faisaient entrer dans les ensembles des camarades n’ayant pas forcément le niveau, les grandes formations jouent depuis plusieurs décennies la carte de la transparence, c’est-à-dire de l’ignorance. Les auditions des candidats s’effectuent derrière un paravent, premier tour, second tour, le souhait de ne pas distinguer les postulants allant jusqu’à poser au sol un tapis pour que l’on ne puisse deviner si la personne qui va jouer porte des talons, sous-entendant que ce serait une femme. Seuls l’assise technique et le talent interprétatif sont pris en compte par les juges, c’est-à-dire les représentants des musiciens et de l’encadrement, et aucun d’eux ne connaît le nom, l’origine, la formation du musicien qu’ils écoutent et évaluent.

Faut-il alors penser que les musiciens racisés n’ont pas le niveau pour intégrer les grands orchestres? Absolument pas, les racines de leur non-représentation sont plus profondes. Seul un très faible pourcentage des postulants aux pupitres est issu de la diversité. Par exemple, un musicien de l’Orchestre de l’Opéra de Paris évoque un petit pour cent d’entre eux ayant candidaté aux dernières auditions. Ce qui induit qu’ils sont sous-représentés parmi l’ensemble des musiciens classiques, qu’ils fassent ou non partie d’un orchestre. 

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