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 Editorial du Monde sur les propos d’Emmanuel Macron relatif à l’identité française exprimés dans un très long entretien publié dans L’Express.

La question complexe et controversée de l’identité française est-elle soluble dans le « en même temps » macronien ? […]  Il flatte l’électorat de droite en créditant Nicolas Sarkozy d’une « bonne intuition » avec son débat sur l’« identité nationale » de 2009 – en oubliant que cette initiative électoraliste avait servi de défouloir sur l’immigration et servi l’extrême droite – tout en donnant des gages à une partie de la gauche en reconnaissant qu’« être un homme blanc crée des conditions objectives plus faciles (…) pour trouver un emploi ».

Se posant en partisan d’un récit national complexe n’effaçant pas les épisodes sombres de notre histoire, M. Macron cite les exemples de Pétain et de Maurras, après avoir dénoncé notre « société victimaire et émotionnelle ». C’est un message ambigu, donc dangereux, de la part d’un président de la République, de choisir ces personnages pour critiquer une « société de l’émotion permanente » et donner ainsi une lecture de l’histoire de France que beaucoup d’historiens critiqueront.  […]

A une époque où, réseaux sociaux et référence américaine aidant, s’affrontent dangereusement des conceptions identitaires excluantes – celle qui nie et combat les différences et celle qui les exacerbe –, on ne peut que saluer cette recherche d’un équilibre.  […]

On est loin de la confusion avec l’immigration – une question différente de celle de l’intégration, même si des liens évidents existent –, vaine et délétère, que ne cessait d’entretenir Nicolas Sarkozy. Loin aussi de la tentation antirépublicaine de la « déchéance de nationalité » qu’avait eue François Hollande. La politique de « reconnaissance » à la fois historique et humaine que propose leur successeur paraît plus porteuse d’avenir. […]

Le Monde


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