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Samia Ghali, l’enfant des quartiers nord, faiseuse de roi lors des dernières municipales, garde les premiers rôles malgré un faible poids électoral. Pur produit du système politique local, l’ancienne socialiste Samia Ghali n’a sans doute pas renoncé à conquérir le fauteuil de maire de la ville.

[…] Son personnage politique est né à la télé, le 30 août 2012. Samia Ghali est déjà maire de secteur et sénatrice, mais alors peu connue, quand un énième règlement de comptes endeuille les cités de Marseille, sur fond de trafic de drogue et de guerre des caïds. L’élue en appelle à l’intervention de l’armée pour rétablir l’ordre. Elle n’est pas tout à fait la première. Mais cette fois, c’est une femme socialiste, issue des quartiers et de la diversité, qui le demande. […]

Surdouée de la communication, Samia Ghali répète qu’elle incarne les quartiers nord. C’est là qu’elle est née et a grandi, entre une mère aide-soignante et un beau-père soudeur, au sein d’une grande famille chaouie (un peuple berbère des Aurès) logée dans les barres HLM élevées à la hâte sur les collines dominant la ville à l’heure du boom démographique des Trente Glorieuses. […]

Elle a 16 ans quand une rencontre change sa vie. “Une de ses profs l’a amenée à la permanence PS, se souvient Patrick Mennucci. On était tous étonnés. A l’époque, aucun Arabe ne militait, alors une jeune fille arabe, encore moins!” Coachée par son mentor, avec pour seul diplôme un CAP comptabilité, “la petite Samia” tracte, colle les affiches, fait du porte‑à-porte, aide – et apprend – à faire campagne. Et comme il faut bien vivre, Patrick Mennucci la fait entrer au conseil général, comme agent territorial. […]

Bien sûr qu’elle incarne aussi un certain clientélisme, nuance Jean Viard, mais rien de méchant. A Marseille, où la pauvreté est endémique, c’est une forme de transfert de ressources à des milieux qui n’en ont pas.” D’autres sont plus amers : “C’est à cause d’élus comme elle que le clientélisme est devenu la règle dans les cités, s’agace une figure associative. Logements, emplois, places en crèche, billets de spectacle… Seuls les petits arrangements l’intéressent, dans le but d’assurer sa réélection.” Voire d’enrichir des proches? En 2016, le parquet national financier (PNF) ouvre une enquête préliminaire visant deux subventions (plus de 1 million d’euros tout de même au total) versées à des présidents d’association qui sont ses cousins, alors que Samia Ghali était au conseil régional. […]

Le JDD