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“On est toujours dans cette fuite en avant où on va essayer de repousser les gens aux frontières sans accepter le fait que les migrations sont désormais devenues une réalité structurelle, une transformation structurelle de nos sociétés.”

“Certains veulent ériger des murs ou des barrières pour les empêcher de passer, d’autres veulent la paix dans le monde et la prospérité partout, ce qui est évidemment souhaitable, mais ils le veulent pour que les gens n’aient plus à partir. Et donc on continue à vouloir toujours essayer de résister aux migrations comme si c’était quelque chose que l’on pouvait empêcher alors que c’est une entreprise politique vaine et vouée à l’échec dès le départ, c’est comme essayer d’empêcher la nuit de succéder au jour. On est toujours dans cette phase où on va vouloir essayer de résister, de juguler, de maîtriser alors que le mieux que nous puissions faire vraiment c’est d’essayer d’organiser dans l’intérêt de tous.”

“[…] Il existe une autre manière de penser l’asile et les migrations, une manière plus apaisée et rationnelle de réfléchir à cette transformation fondamentale de nos sociétés sans accepter de les penser avec les cadres, avec les mots et avec les concepts de l’extrême droite qui sont aujourd’hui passés dans le débat public […]”

En matière de migration les réalités sont souvent contre-intuitives, vont souvent parfois à l’encontre du bon sens populaire et c’est donc parfois assez compliqué d’opposer une vérité complexe à des mensonges qui sont simples. Le résultat c’est que malheureusement nous tombons parfois dans le piège et que des concepts comme celui d’appel d’air, par exemple, qui ne repose absolument sur rien en matière de recherche, sont désormais passés dans le débat public et justifient aujourd’hui l’application de certaines politiques et notamment d’un mauvais accueil des migrants de peur que si les conditions d’accueil s’amélioraient ça en attire d’autres, ce qui n’est pas le cas et qui est prouvé par la recherche, mais on en reste convaincu […]”

“De plus en plus on va chercher à utiliser l’aide au développement comme un moyen de contrôler les migrations avec cette idée que si le pays se développait davantage les gens n’auraient plus besoin de migrer. Ce que l’on oublie c’est que le principal obstacle à la migration c’est l’argent. S’il n’y a pas davantage de personnes qui migrent c’est simplement parce qu’elles n’en ont pas les moyens. Un voyage de Turquie en Allemagne coûte l’équivalent de 12 000 euros. […]si une population devient plus riche, il y aura davantage de personnes qui accèderont à la migration. Si on pense qu’on va pourvoir utiliser l’aide au développement pour contrôler les migrations on se fout le doigt dans l’œil.”

“Dire qu’on a un ami noir c’est l’excuse par excellence que sortent les racistes lorsqu’ils sont accusés de l’être. Le titre est donc un clin d’œil à cela, une façon de reconnaître que nous portons tous une responsabilité dans la manière dont nous considérons l’asile et les migrations dans nos sociétés […]”

france24.com

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