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François Gemenne, spécialiste des flux migratoires, chercheur en sciences politiques à l’université de Liège et à Sciences Po Paris souligne le poids de l’histoire et de l’extrême droite dans la façon dont la France aborde l’accueil des migrants.

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L’idée selon laquelle il y a des seuils maximaux pour une bonne intégration socio-économique est en réalité un concept politique sans fondement empirique. Les migrants représentent une contribution nette à l’économie d’un pays : ils payent des impôts, ils occupent des emplois sur des segments délaissés… Même s’il y a un coût d’accueil immédiat, sur le long terme, en réalité, c’est un investissement.

En Europe, tous les pays ne sont pas des Etats-nations. C’est en France que la notion de terroir résonne le plus. C’est le seul pays qui se définit par sa forme géométrique. Et tout changement venu de l’extérieur est perçu comme une menace.

Le premier enseignement de l’étude IFOP publiée ce mardi 27 octobre est que, face à l’accueil des migrants, la France appartient à un bloc de « refus » au sein de l’Europe. Alors même que l’arrivée de migrants ne la concerne pas au premier chef. Est-ce une surprise ?

Ça ne m’étonne pas du tout, les études montrent que c’est en France qu’il y a un des plus gros décalages, si ce n’est le plus gros, entre la perception de l’immigration et la réalité. Ce décalage renvoie à la confiscation du discours politique et de l’agenda médiatique par l’extrême droite. Sur ces questions, elle a réussi à imposer un cadre de pensée négatif, l’idée d’une immigration invasive, extrêmement forte et prégnante. En France, on considère que l’immigration est un problème à résoudre. On propose à gauche et à droite des solutions différentes, mais le paradigme de l’immobilité n’est pas remis en cause selon lequel, dans un monde idéal, chacun resterait chez soi. […]

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