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L’historien Benjamin Stora, né en Algérie, qui publie “68, et après”, revient dans une interview au JDD sur l’héritage du mouvement, le rapport de la gauche au pouvoir et le retour de l’extrême droite.

Ancien militant trotskiste, professeur à l’université Paris-XIII et inspecteur général de l’Éducation nationale depuis septembre 2013, il assure la présidence du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration depuis août 2014. Il dit avoir choisi le contre-pouvoir plutôt que le pouvoir.

[…] Je ne crois pas que nous sommes dans la même situation que 68. Même si les revendications se ressemblent parfois, notamment celle contre la sélection dans les facs, les jeunes d’aujourd’hui vivent dans une société de 5 millions de chômeurs qui est beaucoup moins politisée qu’il y a cinquante ans. La gauche est beaucoup plus faible aussi. Mai 68 avait effacé les différences d’origine sociale mais aujourd’hui, les jeunesses sont beaucoup plus divisées et segmentées. Entre un jeune de banlieue qui va trouver son salut grâce à Uber et un étudiant en sociologie à la fac, il y a un fossé.

Reste que nous vivons des moments plus imprévisibles aussi, notamment avec une extrême droite qui a retrouvé toute sa vigueur dans une logique de revanche et de haine.

Mais les mots d’ordres simplistes ne nous permettront pas de réduire les fractures sociales. Cinquante ans après Mai 68, les manifs ne parlent plus de la même manière au pays.

Le JDD

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