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L’artiste, Anish Kapoor, le lauréat du Genesis Prize en 2017, a consacré son prix de 1 million de dollars aux réfugiés. Bernard-Henri Lévy salue son initiative. Peu connu en France mais qualifié par la presse américaine de «prix Nobel du monde juif», le Genesis Prize couronne, chaque année, une personnalité ayant oeuvré pour le rayonnement des «valeurs juives» et leur contribution au «bien de l’humanité». Son oeuvre, “Le vagin de la Reine”, exposée à Versailles, avait créé une polémique en 2015.

J’aime que soit ainsi rappelé – et, dans les déclarations d’Anish Kapoor ou de Mikhaïl Fridman, le cofondateur du prix, avec quelle force ! – qu’être juif c’est, aussi, se souvenir que l’on a été étranger, non seulement il y a trois mille cinq cents ans en Egypte, mais hier, il y a tout juste trois quarts de siècles, dans l’Europe sous la botte du nazisme.

Eh bien, j’aime l’idée que cette initiative soit attachée au nom d’Israël.

Fondé par des philanthropes américains et russes, proclamé chaque année à Jérusalem et attribué au terme d’un processus de sélection complexe où interviennent des autorités morales américaines (jusqu’à sa mort, Elie Wiesel), israéliennes (l’ancien héros de la dissidence soviétique, devenu président de l’Agence juive, Natan Sharansky) ou européennes (le grand rabbin britannique lord Jonathan Sacks), il a couronné, jusqu’à présent, des personnalités aussi différentes que l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, l’acteur Michael Douglas, le violoniste Itzhak Perlman ou, l’an dernier, le plasticien Anish Kapoor.

Mais sa principale originalité est : 1. qu’il est doté de la considérable somme de 1 million de dollars ; 2. que le lauréat ne touche pas à ce million et a obligation de le reverser à des organisations humanitaires actives dans la «grande cause» qu’il a désignée par avance et dont l’originalité, ou l’urgence, aura pesé dans la décision du jury ; 3. que cette double générosité (celle de la Fondation Genesis à l’origine du prix, puis celle du récipiendaire) a pour effet de déclencher une sorte de mimétisme philanthropique, de levier d’évergétisme et de bienveillance, dont le résultat est que la somme finalement allouée à la cause élue par le lauréat sera multipliée par deux, dix, parfois bien davantage. […]

La Régle du Jeu

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