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Le référendum sur la Constitution en Italie ce dimanche et l’élection présidentielle le même jour en Autriche n’ont pas placé l’Europe au cœur de la campagne, mais si Matteo Renzi perd son pari et que Norbert Hofer, leader du FPÖ, est élu à Vienne, alors l’Europe sera encore plus mal en point lundi prochain. Au micro d’Europe1, la chronique de François Clemenceau, rédacteur en chef du service international du JDD.


Les experts d'Europe Soir – 02/12/2016 par Europe1fr

(Nobert Hofer, Matteo Renzi)

Pour l’Italie, il faut préciser qu’il ne s’agit pas d’un Brexit italien, les Italiens ne vont pas voter pour une sortie ou non de l’Union européenne, ce serait un comble à quatre mois du 60e anniversaire du Traité de Rome qui a porté l’Union européenne sur ses fonds baptismaux. Mais Matteo Renzi n’a pas été entendu : il voulait faire de cette réforme des institutions en Italie un moteur de la modernisation politique et économique en rendant le Parlement plus efficace, mais il a commis l’erreur de personnaliser ce référendum et les électeurs voteront donc pour ou contre son bilan. […}

Or s’il perd, qui reprendra les rênes derrière, une fois qu’un gouvernement de techniciens finira son mandat en cas de démission? L’extrême droite, les tenants des Ligues régionalistes et souverainistes, mais surtout le Mouvement populiste 5 étoiles de Bepe Grillo, cette coalition là a pour dénominateur commun un euroscepticisme vivace quand il ne s’agit pas d’une pure europhobie. Si Renzi perd, l’Europe perdra donc l’un de ses avocats qui voulait la transformer de l’intérieur pour en faire un instrument plus juste et plus proche des Européens encore traumatisés par les crises de ces dernières années.

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A Vienne, le choix est entre deux candidats à la présidence qui sont hors-système. L’écologiste Von der Bellen d’un côté et Norbert Hofer, un héritier de l’extrême droite autrichienne, de l’autre. Le président autrichien n’a pas les pouvoirs du chancelier mais il peut dissoudre le Parlement et par les temps qui courent, c’est essentiel. Norbert Hofer, du FPO, jure qu’il ne veut pas voir l’Autriche sortir de l’Union européenne mais il est clair que sa vision de l’Europe est bien plus identitaire, xénophobe, conservatrice sur le plan des mœurs, plus proche des valeurs de Viktor Orban en Hongrie que d’Angela Merkel.

S’il est élu, ce sera donc un signal de plus pour le reste du monde que l’Europe se recroqueville et se divise au moment où elle a le plus besoin de se réunir sur l’essentiel. […]

Le JDD

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