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De Copenhague à Madrid, de Paris à Budapest, les élections européennes du 22 au 25 mai seront fortement influencées par l’une des questions les plus importantes que devra affronter l’Europe à l’avenir, celle de l’immigration. L’Union européenne accueille le plus grand nombre d’immigrés au monde, soit un peu plus de 71 millions.
Ce thème a beau être accaparé par Marine Le Pen et ceux qu’elle rejoindra, à Strasbourg, dans un groupe d’extrême droite transnational, leurs diatribes ne changeront rien aux tendances lourdes. Leur propagande contre l’étranger brouillera un peu plus la compréhension d’un phénomène complexe qui a façonné les sociétés depuis des siècles et continuera à le faire, quoi qu’en disent ces tribuns populistes et, ou, europhobes.

L’espoir étant qu’en définitive, leur présence, probablement massive, dans le futur Parlement des Vingt-Huit, ait une conséquence positive en forçant les autres responsables à afficher un discours plus courageux et plus conscient des réalités. Le projet que doit endosser, en juin, le Conseil européen n’est qu’une première étape, sans doute insuffisante. Car il est temps de forger un large consensus européen sur ce sujet.
Quelles sont ces réalités ? Primo, la démographie européenne, malgré une exception marquante – celle de la France –, devient globalement négative. Et si elle ne chute pas plus brutalement dans certains pays, c’est pour une large part en raison de l’immigration. […]
La deuxième grande donnée est la fin de ce que les spécialistes appellent les « flux cycliques » de migrants. Ni « tsunami » ni « exode biblique », mais phénomène durable : les migrations changeront de nature mais s’amplifieront. Les Nations unies estiment qu’aux alentours de 2025, de 800 millions à 1 milliard de personnes seront déplacées dans le monde. […]
Une mesure pourrait aider à combattre cette funeste myopie : la nomination d’un véritable commissaire européen à l’immigration, capable de jouer simultanément sur les tableaux de la sécurité intérieure, des affaires étrangères, de l’humanitaire, du développement et de l’intégration. Capable, aussi, d’inscrire cette thématique à l’agenda du Conseil, à savoir des Etats. Il est temps de fédéraliser ce sujet crucial et de rappeler aux capitales qu’elles ont ouvert la porte, dans le traité de Lisbonne, à une telle évolution.
Le Monde

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