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Le premier exemple donné par Daniel Cohen lors de l’introduction de son livre Homo Economicus :

Une anecdote permettra de saisir ce qui est en jeu. Le directeur d’un centre de transfusion sanguine, souhaitant accroître ses stocks, eut un jour l’idée d’offrir une prime aux donneurs de sang. À sa stupéfaction, le résultat fut exactement inverse : leur nombre chuta. La raison n’en est pas très mystérieuse. Les donneurs font preuve de générosité. Ils sont habités par un comportement moral, de souci de l’autre. Le fait de les rémunérer change tout. S’il ne s’agit plus d’aider les autres mais de gagner de l’argent, leur participation change de nature. Un autre lobe de leur hémisphère est sollicité. L’homme moral quitte la salle quand l’Homo economicus y entre. Les deux ont certainement leur rôle, mais on ne peut pas les asseoir à la même table. Pour atteindre ses objectifs, le directeur du centre n’a en fait que deux options : soit il renonce à son dispositif et essaie de revenir à la situation antérieure, soit il s’engage dans une fuite en avant, augmentant les primes pour inciter les donneurs à venir quand même. Depuis une trentaine d’années, le monde contemporain a choisi la seconde branche de cette alternative. Pour fonctionner sous l’égide du seul Homo economicus, il accroît les récompenses et durcit les peines. Pour tenir ses promesses, il crée un monde plus inégal.

Daniel Cohen sur wikipédia :
Daniel Cohen est un économiste français né le 16 juin 1953 à Tunis. Ancien élève de l’École normale supérieure. Il est notamment membre du Conseil d’analyse économique (CAE) auprès du Premier ministre. Spécialiste de la dette souveraine, il est également conseiller à la banque Lazard avec laquelle il a conseillé le Premier ministre grec Geórgios Papandréou et le président équatorien Rafael Correa pour la renégociation de leur dette internationale. Cette fonction au sein d’une banque privée lui est cependant parfois reprochée comme présentant un risque de potentiel conflit d’intérêts et lui rapporterait, selon Médiapart, entre un et deux millions d’euros par an, somme qu’il conteste. Il a également participé, avec la Banque mondiale, à l’ “initiative de réduction de la dette des Pays Pauvres Très Endettés”. Sur le plateau de LCP, il reconnaît, en décembre 2011, être l’un des soutiens et des conseillers économiques de François Hollande. Lors de l’élection présidentielle française de 2012, il signe l’appel des économistes en soutien du candidat François Hollande.
Daniel Cohen est l’une des personnalités critiqués par le film documentaire français sorti en janvier 2012 Les Nouveaux Chiens de garde, lui même tiré de l’essai éponyme de Serge Halimi paru en 1997, qui explore les collusions entre les médias français et le pouvoir politique et économique français. Le film montre notamment une extrait de l’émission Face à Minc présentée par Alain Minc sur la chaîne Direct 8 le 7 juin 2008, où Daniel Cohen déclare que « La crise financière est à priori passée. Le risque que la crise financière dérape en crise systémique où les banques tomberaient comme des dominos, ça, ça semble écarté ». Trois mois plus tard, la crise des subprimes déclencha la crise bancaire et financière de l’automne 2008.
Daniel Cohen est une cible récurrente de l’association française de critique des médias, Acrimed.

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