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L’Eglise Virtuelle de Fdesouche.com

Chaque dimanche, afin que chacun puisse mieux connaître le déroulement de l’année liturgique en comprenant la signification du temps liturgique dans lequel on se trouve et en découvrant les plus importantes des fêtes de saint que l’on célèbre chaque jour, Fdesouche.com donne la parole à un homme d’Eglise.

Notre objectif à travers cette opération n’est pas de faire du prosélytisme mais de permettre aux lecteurs de connaître et de comprendre la religion dont la France est “la fille ainée”.
Merci d’être constructif dans vos commentaires.

Par le Père Augustin

Sommaire de la semaine :
L’octave de Noël
Fête des Saints-Innocents
La circoncision de Jésus

L’octave de Noël :


Les lendemains de fêtes, sommes nous condamnés à la gueule de bois, à l’inertie, ou à la mélancolie ? C’est sans doute pour répondre à cette question que, dans la liturgie de l’Eglise, on rencontre des « octaves ». Imaginez les mariages villageois du temps jadis qui duraient plusieurs jours… De la même façon, les fêtes de l’Eglise ne s’éteignent pas comme on éteindrait les lampions à l’aube du jour suivant. Pendant huit jours, on reste spirituellement dans l’atmosphère de la fête, et c’est seulement petit à petit, au cours de ces huit jours d’octave, que les lumières s’éteignent.

Dimanche dans l’Octave de Noël

Selon la coutume, Jésus, fils premier né, est présenté au Temple par ses parents un mois après sa naissance. Et là il est reconnu comme le Messie par deux personnes avancées en âge, Siméon que l’on nomme simplement « le vieillard », et qui pourrait être l’ancien Grand prêtre et constructeur du Temple d’Hérode le Grand, Simon Boéthos et Anne la Prophétesse, qui nous est présentée comme priant sur le parvis du Temple (dans la loi juive les femmes n’ont pas accès au « Saint », mais elle, selon la formule de saint Luc « ne s’en tient pas éloignée »). A eux deux, ils symbolisent le genre humain, qui attend, qui prie et qui est exaucé.
Ils sont les deux témoins, nécessaires dans tout procès pour attester un fait nouveau. Notons que dans la Loi juive le témoignage des femmes n’est jamais retenu par la Justice. Luc insiste sur Anne la prophétesse (appelée aussi Anne de Jérusalem dans la tradition) pour marquer que c’est toute l’humanité qui attend le Seigneur.

Le message important est porté par Siméon : « Cet enfant sera un signe de contradiction » Puis se tournant vers Marie sa mère, Siméon ajoute : « A vous même un glaive de douleur vous transpercera l ‘âme ». Si l’on attendait une mission facile, pour ce Messie, si on imaginait une royauté triomphale et sans contestation, cet épisode nous avertit immédiatement qu’il n’en sera pas ainsi.

28 décembre : fête des Saints-Innocents

Le massacre des Saints-Innocents par le terrible Hérode a fait le bonheur de l’iconographie chrétienne au cours des âges. Que peut-on en retenir ? Que Jésus, qui revendiquera une royauté spirituelle se trouve immédiatement confronté au pouvoir politique dans ses dimensions les plus inhumaines. Et face au tyran, il n’y a pour Joseph et sa famille qu’une seule solution : partir.La fuite en Egypte est, elle aussi, un grand succès iconographique. Elle donne naissance à quantité de lieux de pèlerinage sur le chemin entre Bethléem et l’Egypte, autant que d’étapes, pour la « Sainte Famille », à travers le désert du Sinaï. Dès le IVème siècle, saint Jérôme, un intellectuel romain qui s’était réfugié à Bethléem où il fondera un couvent, connaît ces lieux et les mentionne.Que savons-nous de la figure d’Hérode ? Ce Bédouin sans qualité a succédé à Antigone, dernier rejeton de la noble dynastie asmonéenne. A leur arrivée, les Romains l’ont trouvé, roi autoproclamé, à la légitimité chancelante, mais prêt à traiter avec eux. Il a reconstruit le temple de Jérusalem, mais cela n’a pas suffis à le faire admettre par les juifs. Est-ce par souci de sa sécurité ? Sa véritable capitale n’est pas Jérusalem, mais Césarée, une ville portuaire qu’il a lui-même édifiée. Son pouvoir est absolu. Son dessein politique mégalomane (il se prend pour le nouveau David). Sa cruauté est légendaire déjà de son vivant.Nous possédons en effet, extrait des Saturnales, un texte de Macrobe, auteur païen du IVème siècle, qui sans aucune allusion à Jésus, nous parle d’un massacre d’enfants perpétré par Hérode : « Quand l'[empereur Auguste] apprit que parmi les enfants de Syrie de moins de deux ans qu’Hérode Roi des Juifs avait fait tuer, se trouvait son propre fils, il dit qu’il valait mieux être le cochon d’Hérode que son fils ». Cet impérial trait d’esprit dit tout sur le personnage qui nous occupe.Qu’un des (innombrables) rejetons d’Hérode se soit trouvé mêlé aux petites victimes du massacre, c’est bien possible puisque c’est à proximité de Bethléem justement qu’Hérode avait fait construire son Palais d’été, l’Hérodion.Par ailleurs, l’archéologie vient de confirmer les renseignement donnés par Flavius Josèphe selon lesquels le tyran avait été enseveli sur les lieux de son crime, à Bethléem. Ironie de l’histoire, on a authentifié en 2007, à flanc de la colline sur laquelle est bâtie l’Hérodion, des fragments du sarcophage ayant vraisemblablement contenu les restes du monstre.

1er janvier : La circoncision de Jésus


Huit jours après sa naissance Jésus est circoncis, comme tous les petits juifs et on lui donne son nom.Jésus est un prénom très courant à l’époque. Il a appartenu d’abord au grand Josué, celui qui a fait entrer les Hébreux dans la Terre sainte. Il ne signifie pas « Dieu sauve » (Yehoshu’a) comme on le prétend souvent, mais simplement « salut » (Yeshu’a). Quelle est la différence direz-vous ? Si Jésus signifie « Dieu sauve », cela veut dire qu’il est un des instruments que Dieu a préparé pour le salut de l’humanité (comme Bouddha ou Mahomet). Si Jésus signifie « salut », cela veut dire que ce petit Enfant représente, à lui seul, « les prémisses d’une humanité nouvelle » et que l’on a raison de le désigner avec saint Paul comme « l’homme nouveau » et de l’appeler « le premier né de toutes les créatures ».Comme le souligne Jacqueline Genot Bismuth, dans son ouvrage Un homme nommé salut (1986), « L’acte de nomination [que nous fêtons ce jour] est d’une exceptionnelle solennité, il comporte toujours quelque chose, mal connu, mal défini, du pouvoir de créer que Dieu délègue en quelque sorte au père et à la mère ». Il faut s’en souvenir lorsque l’on donne son prénom à un enfant et ne pas l’affubler de prénom issu des séries télé américaine. Toute la vie d’un enfant se trouve conditionnée par ce « nom » qu’il porte.Pour Jean Baptiste, c’est son père Zacharie qui avait écrit son nom sur une tablette, parce qu’il était devenu muet. En général d’ailleurs chez les Juifs, c’est le père qui donne le nom à l’enfant, ce qui est une manière, pour lui, de le reconnaître comme sien. Pour Jésus, son prénom vient de sa mère… Est-ce une anomalie ? En quelque sorte. En tout cas, souligner cela dans son récit, c’est une manière pour saint Luc d’insister à nouveau sur la virginité de Marie et sur le fait que Joseph n’est que le « père nourricier » de cet enfant, même si « on pensait qu’il était son fils ».


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