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Rencontre avec le contrôleur du train caillassé samedi soir par une trentaine de jeunes en gare de Méru. En onze ans de carrière, ce Beauvaisien d’une trentaine d’années n’avait jamais connu un tel déchaînement de violence.

Ce contrôleur est encore sous le choc. Samedi soir, il a été agressé – avec cinq agents de police – par une trentaine de jeunes qui ont caillassé le train avec des pierres tirées du ballast.

En poste depuis onze ans sur la ligne Paris-Méru, il avoue avoir cessé de contrôler les jeunes les plus menaçants : il a peur. Les voyageurs aussi. Les wagons occupés par des bandes deviennent des zones de non-droit. Quand des usagers se retrouvent par hasard dans ce genre de wagon, ce contrôleur n’hésite pas à  « simuler un problème sur leur billet, pour permettre aux voyageurs, s’ils le souhaitent, de changer de wagon sans provoquer les jeunes ».

Depuis l’épisode du caillassage de samedi, il fait des cauchemars : «Je dors deux heures la nuit et je me réveille, pensant encore à cela. Je dois retourner chez le médecin ». «Quand j’ai donné l’ordre de partir, j’étais couché dans le train pour éviter les pierres. Tout est allé très vite. Les gens étaient choqués, certains ont même cru qu’il y avait eu des coups de feu tellement le choc des pierres contre la tôle faisait du bruit ».

En onze ans de carrière, ce contrôleur a connu « les insultes, les menaces », mais jamais une telle agressivité. Il sait cependant qu’il a de la chance : il n’a pas fini « inconscient sur le quai » comme l’un de ses collègues, quelques jours plus tôt, agressé à coups de barre de fer.

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