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Si la situation des banques se dégrade encore, l’Etat pourrait être contraint à des nationalisations.

L’Elysée explore toutes les pistes pour assainir la situation des banques françaises.
Si la crise financière se prolonge, comme cela semble être le cas aux Etats-Unis, l’année 2009 pourrait se traduire à nouveau par de très mauvaises surprises avec de nouvelles dépréciations d’actifs, des pertes et pour finir des problèmes de solvabilité.
Pour faire face à un tel scénario, l’Elysée étudie la possibilité de lancer un grand emprunt afin financer des nationalisations temporaires qui permettraient d’isoler les actifs toxiques et de les cantonner dans une structure ad hoc. La Caisse des dépôts pourrait aussi être appelée en renfort.
Cela constituerait un changement de cap radical pour Nicolas Sarkozy qui s’est montré jusqu’à aujourd’hui toujours opposé à la constitution d’une «bad bank» (mauvaise banque regroupant les actifs compromis), beaucoup trop onéreuse à son goût pour les contribuables.

Si BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole SA ont terminé l’année 2008 sur des résultats positifs, les prévisions très pessimistes du Fonds monétaire international (FMI) sur la facture de la crise financière évaluée à 1.193 milliards d’euros en Europe ravivent les inquiétudes. Quant aux Banques Populaires et aux Caisses d’épargne, engluées dans les graves difficultés de leur banque de gros Natixis, elles ont été contraintes à la fusion de leurs organes centraux, l’Etat devenant actionnaire à 15% ou 20% du futur ensemble après un apport de 5 milliards d’euros.
Les deux réseaux sont dans l’incapacité de renflouer Natixis, qui a perdu l’année dernière 2,8 milliards d’euros, alors que le déficit du Groupe Banque Populaire a atteint 468 millions et celui du Groupe Caisses d’épargne 2 milliards.
Le traitement du dossier Natixis servira de test au gouvernement. Parmi les possibilités à l’étude, il y a celle d’un retrait de la cote et d’un démantèlement de la banque en cédant les actifs sains comme la Coface ou la gestion d’actifs et en mettant un coup d’arrêt à certaines activités. Mais il faudrait gérer les 30 milliards d’actifs toxiques qui figurent au bilan de Natixis et comment faire pour isoler une telle somme si ce n’est en créant une structure ad hoc financée par un grand emprunt?
Reste à savoir si le scénario du pire étudié à l’Elysée deviendra réalité. Le gouvernement n’en arrivera à cette extrémité que contraint et forcé tant le coût financier, économique et politique pourrait être élevé.
En tout cas, l’idée de nationalisations des banques en Europe comme aux Etats-Unis fait son chemin comme arme ultime pour enrayer une crise financière dont personne ne voit encore l’issue. Dans son «Rapport sur la stabilité financière dans le monde» publié la semaine dernière, le Fonds monétaire international estime qu’il faudra injecter entre 325 milliards et 725 milliards de dollars dans le capital des banques de la zone euro pour les sauver.
Il souligne que dans tous les pays, une prise de contrôle provisoire par l’Etat par l’acquisition d’actions ordinaires pour renforcer la solvabilité des banques peut être nécessaire.
(Source: slate.fr)

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