«Votre multiculturalisme, je l’ai pris en pleine gueule » [Rediff]

• Pour les nouveaux lecteurs, rediffusion de la tribune libre de XYR du 10 mai 2012
• Titre alternatif : « Je suis une erreur dans votre système, je suis votre électeur FN »
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Ce texte, lors de sa parution en 2012, a connu un succès considérable sur internet
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C’est l’histoire d’un mec…

Un électeur FN, normalement, c’est une personne âgée assez aisée, qui aimerait interdire le rock, la techno et toutes les musiques de « jeunes », qui vit dans un village paumé à la campagne et qui n’a jamais vu un Arabe de sa vie, une personne xénophobe pleine de préjugés qui regarde trop TF1. Ou bien c’est un pauvre gars inculte faisant partie de la frange la moins éduquée de la population, qui ne comprend pas le monde dans lequel il vit.

J’ai la vingtaine et quelques années, je vis avec à peine 500 euros par mois, j’écoute du métal et de l’électro en passant par du rap, j’ai passé tout mon secondaire dans une ZEP et j’ai habité dans une banlieue encore après mon bac, j’ai été élevé dans une gauche Canal plus et chez nous le bouton 1 de la télécommande est resté à l’état neuf. J’ai toujours eu d’excellentes notes au cours de ma scolarité, avec notamment un 20 sur 20 en histoire/géo pour mon bac blanc, et je suis des études supérieures en étant à quelques semaines d’un master avec mention Bien.

Moi, raciste ? Il y a une quinzaine d’années encore lorsque j’allais à un repas avec mes parents, et que j’entendais des convives dire qu’ils n’aimaient pas les Arabes et qu’ils votaient Le Pen, je sortais discrètement de la pièce pour aller dehors cracher sur leur bagnole. Moi, raciste ? Mes potes au collège s’appelaient Abdelkader et Saïd et je vomissais avec eux les « fachos ». Moi, raciste ? Au lycée j’ai signalé à la direction, qui m’emmerdait pour des broutilles, que des élèves néonazis se pointaient avec « Mein Kampf » au bahut.

Moi, je ne suis pas dans le « champ républicain » ? Je vous emmerde, la gauche. Je vous ai appartenu corps et âme assez longtemps pour avoir le droit de le dire, haut et fort. Je n’ai aucune leçon à recevoir de vous. Entre les deux tours de 2002, j’avais 15 ans et j’ai défilé contre Jean-Marie Le Pen. Qu’est-ce qui selon vous m’a rapproché de lui un peu plus tard ? Les paroles de « division » de Nicolas Sarkozy ? Il n’existait pas à l’époque.

C’est la réalité qui m’a fait voter FN quand tout dans mon éducation, mes valeurs, mes préjugés me destinait au contraire. Ce qui crée la « division » dans ce pays ce ne sont pas les paroles des politiques, ces dernières ne sont que le reflet des aspirations qui viennent de la base.

Ce qui crée la « division » c’est la présence de plusieurs peuples distincts sur un même territoire, à force d’immigration massive sur des dizaines d’années, démarche irresponsable dans le meilleur des cas, diabolique dans le pire des cas.

Sarkozy n’a fait que récupérer la colère qui couvait, il ne l’a en rien créée.

Le mot « racailles » Nicolas Sarkozy ne l’a pas inventé, il l’a repris de la bouche de cette dame qui lui parlait à la fenêtre, parce qu’elle vit là-bas, elle. Ça vient d’en bas, c’est clair, la gauche ?

C’est un « jeune » qui vous parle, vous aimez tellement ce mot, un jeune qui constate que la « division » c’est vous qui l’avez provoquée, encouragée, en important ici des populations qui nous étaient hostiles, par souvenir de la guerre d’Algérie, en les rendant encore plus hostiles avec le mouvement « antiraciste », avec votre « marche des beurs », en les appelant à revendiquer leurs origines tout en nous contraignant à avoir honte des nôtres, en apprenant à tous que tout ce qui était « de souche » était nazi, colon, ignoble à tout point de vue, en nous effaçant littéralement de votre « diversité », vous avez créé ce racisme dont vous ne parlez jamais, pourtant largement majoritaire dans les faits : le racisme de ceux qui nous appellent « les faces de craies ».

Moi, raciste ? Je vous emmerde, tellement profondément, vous ne pouvez même pas l’imaginer. Votre « multiculturalisme » je l’ai pris en pleine gueule. Vous m’avez fait croire qu’ils étaient français, ceux-là même qui m’insultaient de « sale Français » quand c’était pas « sale Blanc ». Plus jeune je recevais des stylos blancos au visage, et les insultes qui allaient avec. Je ne comprenais même pas ce que ça voulait dire. Je continuais à me prendre la tête avec des potes qui connaissaient le terrain encore mieux que moi et qui me disaient « Ils nous emmerdent les Arabes », je leur répondais « Attendez on les a colonisés quand-même ! C’est normal ! ». Je me souviens de cette petite blonde aux yeux bleus, en 4ème, qui vivait dans la cité entourant notre collège. Je l’aimais bien et elle aussi, mais un jour elle m’avait avoué, les larmes aux yeux, qu’elle ne pourrait pas sortir avec moi, que ça serait trop mal vu ici d’être avec un Blanc. Trop risqué pour elle.

Plus tard j’ai vécu dans un de ces quartiers, dans une autre ville. Je n’avais pas encore de voiture ni de permis, trop cher pour moi, alors je devais rentrer chez moi en bus le soir, sur cette ligne hautement fréquentée par les racailles. Une nuit je rentrais avec ma petite amie et un pote, nous nous sommes faits encercler dans ce bus, ils étaient une bonne quinzaine, ils ont commencé à toucher les cheveux de ma copine en rigolant, elle bouillonnait autant que moi, mais que faire, ils étaient trop nombreux, comme toujours. Elle s’est retournée et a bougé leurs mains violemment, « hey mais tiens ta femme toi » m’a dit un des gars, le ton est monté d’un cran et ils se rapprochaient, le chauffeur voyait mais n’a rien fait, on a réussi à descendre à l’arrêt suivant, sous les insultes, forcément. Quand les portes se refermaient j’ai dit « Vous étonnez pas après qu’on vote Sarkozy ! », avant que mon pote n’ajoute « Ou pire. », et je me souviens lui avoir dit « Oh arrête, faut pas exagérer non plus… ». « Faut pas exagérer », putain, même après ça je ne voulais pas « exagérer ».

Ma copine ne disait rien mais pleurait de colère. Quelques mois après, cette fois je n’étais pas avec elle, elle s’était fait arracher son Ipod à un arrêt de bus. Et deux ou trois jours plus tard, alors qu’on était en ville, on a croisé le voleur avec des potes à lui, une dizaine, ils sont passés devant nous et ma copine m’a dit « C’est lui » en le fixant d’un regard noir malgré ses yeux bleus. Et lui a dit à ses potes « Wesh les cousins c’est elle ! » en pointant du doigt ma copine, et en riant. Ils sont passés devant nous en prenant soin de bien ralentir pour nous montrer comme ils étaient fiers de leur impunité, de notre impuissance. Encore une fois, que faire, à un contre dix, et avec sa copine. Elle était déjà allée voir les flics avant, qui avaient « noté » sa plainte, bien sûr. Elle a encore pleuré des larmes de rage, en disant entre deux sanglots « Mais bon Dieu c’est pas possible que ça existe ça, pourquoi ça existe », alors que je la prenais dans mes bras.

Je vous emmerde, la gauche. Grâce à vous j’ai dû passer ma jeunesse à accepter les agressions au faciès, à admettre les humiliations quotidiennes, à subir des situations qui font penser à certains récits de braves gens pendant l’occupation. Devoir gérer les rues que l’on va emprunter pour éviter leurs bandes, établir des diversions, être sur le qui-vive à chaque instant, se priver de sortir parfois, élaborer des parcours dans l’espoir de rentrer vivants, baisser les yeux et fermer la bouche, est-ce que ça parle à l’un d’entre vous ? Et encore, je ne parle ici que des agressions, des risques physiques, pas de tout le reste, du moins évident, de cette époque où il n’y a plus de place pour moi, pour nous.

Moi, raciste ? Je vous emmerde de tout mon être. Je n’ai jamais eu de peurs irrationnelles, j’ai tout pesé et jugé sur le terrain. Je n’ai pas de préjugés, je n’ai que des post-jugés.

Tout votre vocabulaire est à foutre aux ordures, toute votre artillerie lourde et votre chantage permanent n’ont plus aucun effet sur moi, comme sur des millions d’autres, c’est de la pluie sur un imperméable. Tout ce qui me définit aujourd’hui c’est la réalité qui me l’a appris. Je ne suis pas le fils d’Hitler mais celui des jeunesses antiracistes. Je suis le fils de votre matrice. Je suis le fruit de l’éducation nationale et de la FCPE, des cours d’éducation civique qui finissaient tard le soir, quand il faisait déjà nuit et qu’on n’était plus que 4 dans la classe car c’était ramadan.

Je suis Libé et le Canard Enchaîné. Je suis de Caunes et Garcia, Nulle Part Ailleurs, Siné et le professeur Choron, Polac et Ardisson, CNN International et Jules-Édouard Moustic. Je suis une rédaction du brevet des collèges dans laquelle j’incendiais l’Etat autoritaire français qui selon moi avait tué Coluche. Je suis l’enfant de Desproges et Nina Hagen, de Robespierre et Ras l’Front. Je suis le rejeton de la culture. Je suis les Sex Pistols et The Clash, je suis Alliance Ethnik et NTM, j’ai appris à marcher dans le salon près de statuettes africaines, mon univers est coloré, je suis le mélange, fruit d’un Breton et d’une Italienne, je suis le hip hop celtique à la con de Manau. Je suis tout sauf la Tradition moisie, je suis le résultat des nouvelles technologies et de Katsumi, je suis aussi l’art et je joue de la guitare depuis mes cinq printemps, je suis le zapping, Karl Zero et les Guignols de l’Info, Jack Lang et Mitterrand.

Vous m’avez fait, puis abandonné, je suis votre propre créature qui vous a échappé. Je suis l’archétype du garçon vif et intelligent, hostile d’instinct aux réactionnaires, je suis à mille lieues des conservateurs de tout bord et c’est précisément pour ça que je suis à mille lieues de vous, de vos slogans éculés et de vos poncifs périmés.

Je ne suis pas seul, il y a une autre jeunesse en France que vous ne voulez pas voir, qui ne vous intéresse pas, une jeunesse que vous n’excusez jamais, que vous n’écoutez jamais, que vous méprisez toujours, une jeunesse pleine d’énergie et de talent, d’envie et d’amour, une jeunesse qui ne brûle rien sinon de désir de changement, de vrai changement, elle est là dans la rue et dans les concerts, elle n’est pas honteuse elle veut simplement vivre, et vous ne la ferez plus taire avec vos mensonges et votre haine.

Je suis le seul palestinien colonisé dont vous vous foutez. Je suis le seul type de Français qui n’a pas droit à votre « tolérance ». Je suis celui qui fait s’effondrer toute votre propagande, vos réflexes usagés, comme le World Trade Center ou l’immeuble à la fin de Fight Club.

C’est votre monde qui m’a fait, qui m’a conçu, je suis immunisé contre la culpabilité, vos anathèmes ne marchent plus. Je ne suis que la dernière conséquence de votre racisme contre tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à un Européen. Je suis une erreur dans votre système, je suis votre électeur FN.

lesheureslesplusclaires

[Addendum 11/05/12]]————–—————–

C’est mon histoire, c’est la vôtre, c’est la nôtre

Il semble que mon dernier texte ait eu un certain impact. Presque 2000 « J’aime » sur facebook, un grand nombre de liens sur twitter, des reprises sur plusieurs autres sites. Des visiteurs qui étaient des centaines sont devenus des milliers en quelques heures, principalement grâce aux administrateurs de François Desouche que je remercie au passage, et qui font un boulot essentiel, on ne le dira jamais assez.

Une large audience pour cet article donc. Ça fait plaisir, inutile de le cacher, on écrit d’abord pour être lu. Des dizaines et des dizaines d’emails reçus, des proches parfois, beaucoup d’inconnus, de l’enthousiasme à revendre, des personnes qui se reconnaissent totalement dans les mots que j’ai expulsés, des témoignages de lecteurs souvent touchants et touchés. Je suis heureux d’avoir réussi à parler au nom de pas mal d’entre vous, en particulier de ma génération, et je compte bien continuer à le faire. Merci à vous. C’est toujours bon de savoir qu’on n’est pas seul. [...] Lire la suite

[Addendum 17/05/12]————–—————–

Rue89 reprend l’intégralité de la tribune de Xyr (déjà partagée 2500 fois sur Facebook) :
Comment un jeune homme, qui a manifesté contre Le Pen en 2002, peut-il voter pour sa fille en 2012 ? Une tribune pour comprendre et retracer un itinéraire peu commun.

[Addendum 19/05/12]]————–—————–
Rue89 : « Suite à la publication de la tribune signée Hordalf Xyr, et intitulée « Je suis une erreur dans votre système, je suis votre électeur FN », nous avons reçu une réponse d’un riverain « issu de l’immigration », qui se dit « très affecté » par cette lecture et propose une autre approche de la société. Le débat continue. »

Lire la tribune du « riverain » : « frustré, je n’ai pas choisi la haine »

Le métis est l’aryen du 21ème siècle

« Cette victoire d’Obama c’est une victoire sur l’extrême droite, une victoire sur le racisme dans le monde entier », Bernard Kouchner. C’est reparti. Texte écrit il y a 4 ans, toujours d’actualité.

« Enfin un Noir président ! », « Obama ? J’suis heureux qu’il soit élu parce qu’il est noir », « Barack Obama est plus apte que les autres car il porte dans ses gènes une diversité qui forcément le fait appartenir à tous les continents, et ne peut que le guider vers une politique de paix ». Unanimité totale des Noirs, des Blancs, des Jaunes, des journalistes qui commencent tous leur JT par « Obama, premier président noir américain »…

Ils vivent l’extase. Ça y est. Un homme noir est à la tête d’une grande nation occidentale. C’est merveilleux. C’est même le début de la paix dans le monde. C’est unanime : le Nègre est l’avenir de l’Homme. Leur bonheur est total. Obama est peut-être ce qui peut nous arriver de mieux. Son aventure et surtout les réactions qu’elle a produites nous démontrent une bonne fois pour toutes la grande victoire de la race.

Ces occidentaux qui bandent devant l’épiderme mélaniné d’Obama sont des esclaves. En prétendant évacuer la race, ils ont créé la plus racialiste des époques. Ils ont jeté la croix gammée loin, très loin, elle leur est revenue en pleine gueule comme un boomerang. Ils ont mis sur pieds la mécanique d’un suicide blanc. Un monde où le bronzé est la finalité de toutes les finalités. Il est ontologiquement supérieur. Il est ce vers quoi nous devons tous tendre, ce vers quoi l’univers lui-même doit converger. Il est l’ultime idole des nouveaux inquisiteurs.

Ces gens ne sont en rien affranchis de la race, ils sont au contraire obsédés par elle. Ils se réjouissent ici et là de leur propre disparition.

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L’antiracisme n’existe pas

L’évacuation d’un campement de Roms à Marseille par des riverains n’a rien de raciste, selon le journaliste José d’Arrigo, puisque « ce ne sont pas des Européens qui ont fait ça ». Cette phrase, prononcée lors d’une émission du service public, n’a provoqué aucun scandale. Zemmour parlant de Noirs et d’Arabes c’est offensant, c’est un appel à la haine raciale qui mérite une condamnation, en revanche dire que seuls les Blancs peuvent être racistes ça n’a rien d’offensant, ça ne révèle pas de haine raciale du tout. Comment voulez-vous que ce soit un propos raciste, puisqu’il vise les Européens ?

Des trucs comme ça il y en a des milliers chaque jour. Inutile d’en faire ici un énième catalogue, il suffit de lire entre autre ce blog. Des envolées lyriques et raciales d’un Mélenchon aux réactions à l’élection d’Obama, l’hostilité envers les Blancs est omniprésente, pas besoin du « pain au chocolat ». Et il ne s’agit pas que des « médias », ce climat se retrouve aussi bien sur les plateaux-télé que dans la France d’en bas. Il ne se passe plus un repas sans entendre au moins trois énormités racistes qui passent comme une lettre à la poste.

Se retenir d’intervenir, tenter de ne pas écouter, pour ne pas bondir de colère et passer pour un fou aux yeux des véritables fous. Ce qu’ils disent leur parait normal, naturel. J’ai l’impression d’etre un Juif dans un diner de l’Allemagne des années 30, et eux reprennent du dessert. J’ai le souvenir d’une vidéo sur le net, une expérience menée par des psychologues américains, dans laquelle on voit des enfants noirs face à une poupée blanche et une poupée noire affirmant que la poupée belle et gentille c’est la Blanche, et la poupée laide et méchante c’est la Noire. C’est censé démontrer la puissance des stéréotypes raciaux et de l’influence de la société sur la construction de soi. Je crois que l’on pourrait tourner des documentaires entiers sur ces familles blanches qui se plaisent à vomir leur propre « race » matin, midi et soir.

Parfois je me demande comment on en est arrivé là. L’utilisation ad nauseam du « devoir de mémoire », de l’imagerie nazie injectée au fond des yeux à des fins politiques, détruisant ainsi toute possibilité d’oubli, c’est-à-dire de vie. Kubrick avait une piste de ce coté-là. « Une telle connerie dépasse l’homme. Une hébétude si fantastique démasque un instinct de mort, une pesanteur au charnier, une perversion mutilante que rien ne saurait expliquer , sinon que les temps sont venus, que le Diable nous appréhende, que le Destin s’accomplit » : Céline était, lui, encore plus définitif. Difficile de se relever d’une phrase comme celle-là. Je ne sais pas. Ce que je sais en tout cas, c’est que l’antiracisme n’existe pas.

Ce qui pouvait se faire passer pour une bonté d’âme au départ ne fait plus aucun doute aujourd’hui, car nous sommes pour toujours passés du principe à l’idéologie. De la méfiance envers la hiérarchisation des races à la méfiance envers une race en particulier, quand-bien même celles-ci n’existeraient pas scientifiquement, le fait est qu’elles existent pour les gens, puisque personne ne réagit de la même façon face à une situation selon que l’individu impliqué soit blanc ou non. Quelqu’un qui serait vraiment au-dessus des considérations raciales ne prendrait pas la race en compte. Placé devant un heurt entre un Noir et un Blanc, ne sachant rien de ce qui vient d’arriver, il ne saurait pas dire qui est coupable. L’antiraciste, lui, soupçonne le Blanc a priori. S’il voit l’image d’un enfant noir et d’un enfant blanc riant ensemble et jouant au ballon, l’antiraciste sera ému quand l’image de deux gosses tous les deux blancs ne lui fera rien. Ces gens ne voient pas le monde sans les races, ils ne le voient au contraire qu’à travers elles.

Celui qui serait indifférent à la notion de race, celui-là pourrait être appelé « araciste », mais certainement pas « antiraciste ». Les mots ont un sens. Étymologiquement, le préfixe privatif nous venant du grec est le « a ». Moral, amoral. Gnostique, agnostique. Ce que nous appelons « antiracisme » n’est pas plus l’absence de racisme que l’antisymétrie n’est une absence de symétrie. L’antisymétrie est une symétrie inversée. Je vous laisse déduire ce qu’est l’antiracisme. Une idéologie qui comme toutes les autres contient ses préjugés, son langage, son déni du réel et surtout : son ennemi éternel. En l’occurrence le Blanc.

L’antiracisme n’existe pas, même chez les plus « sincères ». S’il s’agissait à la base d’équilibrer les choses, et donc de prendre parti momentanément pour les « dominés » contre les « dominants », cela veut bien dire qu’il y avait prise en compte des origines, même pour la « bonne cause ». Le fameux « Vous avez pillé, c’est un juste retour des choses ». Cette sentence, pleine de haine, je fais l’effort de la prendre froidement. Ok, admettons. Sauf que cela encourage à tous les raccourcis historiques, à toutes les simplifications, à tous les mensonges. Concrètement c’est ce qui s’est passé, ce qui se passe chaque jour. Je ne vais pas revenir sur la traite négrière des Arabo-musulmans bien plus longue et massive que celle des Blancs dont personne ne parle jamais, je ne m’attarderai pas sur ces millions de petits réflexes qui éloignent du vrai, tout ça s’est imprégné jusqu’au fond des mots et c’est à ça que l’on reconnait un totalitarisme, à sa douceur, des énormités jusqu’aux plus petits détails, cet endroit où le Diable se cache selon la maxime populaire. Tout le monde sait de quoi il s’agit : proposer une histoire unilatérale qui n’a plus d’histoire que le nom, car c’est en réalité une doctrine. Une grille de lecture est comme toutes les autres grilles, restez derrière et vous resterez en prison. Tout combat a besoin d’une propagande. Et pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, l’antiracisme n’a rien d’un effort de paix c’est une déclaration de guerre.

Il n’y a pas de souffle universaliste dans ce phénomène. On attaque le dominant, un dominant essentialisé pour mieux le détester : le Blanc. Mais domine-t-il encore par ici ? Lynché quotidiennement, médiatiquement et physiquement, que reste-t-il du Grand Méchant Blanc ? On l’avait deviné : personne ne voulait faire descendre le Blanc de sa position de « dominant », mais le jeter à terre et le rouer de coups jusqu’à ce qu’il en crève. En vérité la tendance s’inverse, et c’était inéluctable. Personne ne lutte pour l’égalité car en réalité, derrière les discours et les idées, tout est rapport de forces, et ceux qui prétendent ramener un « équilibre » ne veulent rien d’autre que renverser ce rapport. Tout instinct « égalitaire » est en réalité un instinct dominateur, comme n’importe quel instinct. Alors il ne faut plus dire aux Européens « Voulez-vous d’un monde plus juste et égalitaire ? » mais « Voulez-vous être le punching ball du ressentiment de tous les autres, dans un monde sans plus de justice que celui d’avant, qui rêve à l’idée de vous voir disparaître ? », et les choses seront plus claires.

Définitivement, l’antiracisme n’existe pas.

source : Les heures les plus claires

Les heures les plus claires : « Racisme anti-blanc » (Xyr)

Jean-François Copé se met à parler de racisme anti-blanc alors qu’il a toujours – en tant qu’homme de la droite dite « républicaine » – condamné le Front National de la manière la plus solennelle précisément parce qu’il parlait de racisme anti-blanc. Jean-François Copé est d’une obscénité et d’un cynisme sans fond, c’est une affaire sur laquelle on ne devrait plus revenir.

[...] Le Figaro écrit « Il est difficile de savoir si un racisme antiblanc progresse parce qu’il n’existe aucun chiffre le mesurant », sans se demander pourquoi le FN progresse sans cesse. Le Monde titre « Comment l’extrême droite a fait du «racisme anti-blanc» une arme politique », j’ai cherché et ils n’ont en revanche jamais écrit d’article qui s’appellerait « Comment la gauche a fait du «racisme» une arme politique », de Julien Dray à Harlem Désir. Beaucoup disent que parler de racisme anti-blanc c’est en appeler au vote racial, c’est faire un grand signe communautariste. Personne ne dit que parler de racisme blanc contre les immigrés depuis 30 ans c’est appeler au vote racial, c’est faire un grand signe communautariste. [...]

Lire la tribune de Xyr sur Les heures les plus claires

Killian et Souleymane, une fable contemporaine

Killian, 13 ans, battu et étranglé par Souleymane, 16 ans, dans la cours de son collège, jusqu’à ce que mort s’en suive. Ça me rappelle ma jeunesse.

J’étais en 5ème, lui en 3ème. J’étais petit à l’époque, et lui plutôt grand. C’était pas sa première 3ème en même temps. Il s’appelait pas Souleymane, mais pas loin. Et dans la cours, un jour, sans prévenir, il m’a pris à la gorge. Il a serré sa main sur ma pomme d’Adam, comme s’il voulait l’écraser. Je commençais à m’étouffer quand un prof est passé. Il n’a rien vu, ce prof, ils ne voient jamais rien, mais mon agresseur a pris peur et m’a relâché, avant de se casser. J’ai eu très mal pendant plusieurs jours, mais j’avais oublié cette anecdote, puisque la nature est bien faite. Mais ce fait divers est venu me la rappeler.

j’ai souvent vu des Souleymane tabasser des Killian, et jamais le contraire

Ils parlent d’un motif très futile, « un banal échange de regards ». Tout à l’heure un sociologue passait à la télé, un type du CNRS. Il parlait de violence imprévisible, incompréhensible, sans motif apparent. Une violence qui augmenterait partout dans « la jeunesse », selon lui : campagne, centre-ville, banlieue. Une violence indifférenciée en somme, un peu comme « la jeunesse ». Mais « fort heureusement », dit-il, « les morts sont rarissimes ». Les profs eux « n’ont rien vu venir ». Ils ne voient jamais rien.

Moi, quand j’avais 12 ans, j’ai pas compris non plus. A cette époque j’en étais au même point qu’un chercheur du CNRS. Je me disais « mais pourquoi tant de haine ? ». Puis, avec le temps, j’ai tiré quelques conclusions disons… empiriques. J’ai constaté des éléments qui revenaient sans arrêt. Comme le fait que les agresseurs, dans ces histoires, ont souvent la même tête et que les agressés, aussi. Comme le fait que j’ai souvent vu des Souleymane tabasser des Killian, et jamais le contraire. Ces quelques faits qui, étrangement, attirent rarement l’attention des chercheurs du CNRS, comme des gens qui passent à la télé en général.

Tant d’autres scènes me reviennent, quand j’y repense. Dans la salle de permanence de mon collège, une bande de Souleymane faisait régner « la terreur ». Ils obligeaient les autres, les Killian, à lécher leur table, sous peine de menaces physiques immédiates. Je me souviens avoir refusé, moi. La fin de l’heure a sonné juste après. Les petites racailles sont parties en courant, tandis que j’ai dit aux autres « Mais pourquoi vous leur obéissez ? Dites-leur ‘Non’, comme moi ». On m’a répondu « C’est facile pour toi de dire ça, toi tu rentres chez toi le soir, nous on va les croiser, on habite là avec eux ». Il est vrai que je ne vivais pas au sein même de la cité qui entourait l’établissement, mais apparemment assez près pour avoir vu ce qu’il s’y passait, sur des années.

« Un banal échange de regards » qu’ils disent. Ces fameux « regards de travers » de la cours de récré, accompagnés quelques années plus tard des « hey t’as pas une garro ? » et autres « prête ton tel faut qu’j'envoie un sms ! » de la rue. « Sans raison apparente » qu’ils disent. N’empêche qu’à 12 ans, j’avais une petite gueule d’intello et un teint franchement blanc, comme Killian j’en suis sûr. « Imprévisible, violence globale » qu’ils disent, mais j’avais deviné que l’agresseur ne s’appelait pas Julien, moi, et je l’avais dit à un ami avant que le vrai prénom ne soit publié.

Je ne sais pas si un jour les Killian de France apporteront une réponse à tout ceci et je ne sais pas si, dans le cas où ils le feraient, les chercheurs du CNRS la comprendraient. Ce que je sais en revanche, c’est que si j’ai la folie d’avoir un garçon, celui-ci pratiquera au moins un sport de combat, et que si cet énième fait divers ne change rien, je l’écris quand-même car c’est une fable, cette histoire. Une fable contemporaine. Le 17ème avait « Le corbeau et le renard », nous avons « Killian et Souleymane ».

Les Heures les plus claires

Mort de Thierry Roland : « Ils disent « Paix à son âme » mais ils pensent « Bon débarras »"

Il était sympa, mais plus jamais ça

Je crois que le plus dégueulasse ce ne sont pas les gauchistes qui chient sur la mémoire de Thierry Roland mais ceux qui lui rendent hommage, en disant « C’est vrai qu’il avait pas sa langue dans sa poche, souvent c’était limite mais enfin, il n’y avait rien de méchant au fond. Il reflétait le ton d’une vieille époque, mais ce n’était pas un salaud. ». Quelle hypocrisie de la part de ceux qui passent précisément leur temps à associer ces « dérapages » aux heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire. Ils font semblant d’éprouver une forme de respect et de nostalgie pour cette époque où l’on pouvait appeler un chat un chat, où lorsqu’on y allait franchement au pire on se voyait répondre « Roh t’es con », et que ça repartait dans des engueulades chaleureuses et mémorables, quand aujourd’hui on exige de plates excuses, on nous parle des nazis, pour la moindre liberté de parole on fait des procès en sorcellerie. Ils veulent nous faire croire qu’ils sont bienveillants devant les petites phrases du commentateur, tout en cherchant le prochain « facho » qu’ils traîneront au tribunal pour les mêmes propos.

Quelle imposture que ces gens qui font mine de regretter un type d’hommes qu’ils ont eux-mêmes mis à mort, et qui le font encore, en associant depuis trente ans l’image de Dupont Lajoie à celle d’Adolf Hitler, les apéros saucisson-pinard aux horreurs de la guerre. Ce qu’ils disent trouver « attachant » dans la bouche de Roland va vite redevenir « ignoble », le temps que la nouvelle se tasse. Le charme d’un personnage spontané comme Thierry Roland, c’est celui-là même que la gauche écrase sous le poids de la honte, depuis toujours et de toutes ses forces. S’ils feignent aujourd’hui de lui dire au revoir dignement, c’est pour mieux persécuter ses semblables encore vivants. Certains n’osent pas le vomir trop directement, car ce type était un mythe populaire, alors ils disent « Ok, ça passe pour celui-là, il était vieux, c’est vrai qu’il était sympa tout ça, je te l’accorde [comme une dernière volonté], mais bon c’est la dernière fois, la récré est terminée ». Ceux sont les pires. C’est l’histoire du mec qui cogne sa femme tout en lui disant qu’il l’aime. Leur hommage est glacial, comme caresser un agneau pendant qu’on l’égorge. Ils disent « Paix à son âme » mais ils pensent « Bon débarras ».

L’Horreur du Château

Lire aussi « Depuis la grande prairie »

« No pasaran » VS Xyr

Un prétendu jeune, pur produit de la génération Y, affirme dans son blog avoir voté Le Pen. Instructif ? Non. Ignoble !

Le 6 mai dernier, un certain Hordalf Xyr publiait sur son blog « L’horreur du château » un article intitulé « C’est l’histoire d’un mec… », sans aucun scrupule pour ce pauvre Coluche qui doit se retourner dans sa tombe, article repris par la suite par Rue89 et bien d’autres sites. Créant ainsi la polémique, voire le buzz, allant jusqu’à provoquer la réaction de Jean-François Kahn sur Atlantico le 27 mai dernier (…)

Avant d’aller plus loin, laissez-moi juste vous signaler qu’au fond des choses vous ne m’intéressez pas, monsieur Hordalf Xyr, mais vraiment pas du tout. Si je saute sur l’occasion qui m’est donnée de vous répondre,

c’est que j’ai pu constater, avec effroi, qu’à la suite de votre article un grand nombre de jeunes gens se ralliaient à votre cause abjecte sur votre blog.

Je ne saurais jauger votre part de responsabilité, mais il est clair que leurs paroles se libèrent ici grâce à vous, puisque vous les y aidez en dédramatisant les thèses extrêmes, et en vous introduisant pour cela dans la peau d’un jeune homme aux atours bien lisses.

Ce qui offre à vos lecteurs la possibilité d’assumer un glissement qu’ils estiment alors acceptable vers un vote FN, parmi ceux qui le diabolisaient encore, et à juste titre, il y a peu.

Et qu’on ne vienne pas nous resservir qu’on ne peut pas rejeter 18 % des Français, car depuis quand le nombre fait-il la respectabilité et la légitimité ? L’histoire nous a montré à maintes reprises que l’on peut être nombreux et adopter des idées fascisantes. (…)

C’est en tout cas un appel du pied à tous les électeurs, en cette veille d’élections législatives, ainsi qu’à nos politiques, et au principal d’entre eux, notre président François Hollande, que s’adresse ce papier en forme d’avertissement.

La nouvelle stratégie du FN de dédramatisation de son discours pour monter en puissance prenait jusqu’ici l’apparence d’une Marine Le Pen plus policée et démagogue que son borgne de père. Il apparaît clairement que les moyens employés sont bien plus pernicieux et diversifiés qu’on pourrait le croire, la pieuvre est toujours là.

Restons vigilants, et reprenons ensemble cette célèbre phrase des anti-franquistes, qu’elle éclaire nos réflexions et nos travaux, qu’elle soit également un frein à la montée d’un parti dont nous ne devons, et ne pouvons oublier les véritables motivations, sous peine d’avoir à le regretter amèrement un jour : ¡No pasaran!

Le Point

(… ) Un billet écrit par un jeune diplômé de 26 ans a circulé sur bon nombre de sites Internet ces derniers jours. Il explique son vote Front national à l’élection présidentielle, étant d’une vraie sensibilité de gauche, et affirme que c’est la gauche elle-même qui a créé ce changement d’orientation. Retour sur ce cheminement avec Jean-François Kahn…

Atlantico : Comment un jeune électeur FN, qui a manifesté contre Jean-Marie Le Pen à l’entre-deux-tours 2002, venant d’un giron de pensée vraiment marqué à gauche, peut-il être amené à voter Marine Le Pen en 2012, et en imputer la responsabilité à la gauche ?

Jean-François Kahn : Tout d’abord le fait qu’un certain nombre de gens puissent glisser de la gauche et l’extrême-gauche vers l’extrême droite est un phénomène classique que l’on peut observer dans l’Histoire de France.

Par exemple Gustave Hervé, le premier à appeler Pétain à la tête de la France, était 15 ans auparavant le leader de l’extrême-gauche antipatriotique.

De la même façon de la mouvance d’extrême-droite dans les années 1930 étaient Doriot qui venait du Parti communiste ou Laval qui venait du Parti socialiste. Et ils n’étaient pas les seuls ! Inversement, des anciens de l’Action Française et de l’extrême-droite furent des héros de la Résistance ; ils se sont recyclés plutôt à gauche après la guerre,  à l’instar de l’écrivain Claude Roy. Ces glissements ne sont pas nouveaux, et se passent plus facilement d’un extrême à l’autre que d’une modération à l’autre. (…)

Atlantico

Tribune de Xyr : « Les Blancs me dégoûtent et m’effraient plus que tout »

La haine c’est vous

- Pourquoi tu dis « Je me fais agresser par des Arabes et des Noirs » et pas « par des pauvres » ?

- Parce que je suis loin d’être riche et que je n’agresse personne, comme énormément d’autres. Parce qu’ils ont bien plus d’argent que moi, vu leurs voitures et leurs fringues. Parce que ce sont systématiquement des Arabes et des Noirs, qui souvent hurlent « Sale Blanc ». Parce qu’ils n’agressent jamais ou presque d’autres Arabes ou Noirs, même riches.

- Mais pas besoin d’insister sur leurs origines, on est tous pareils au fond, peu importe le sexe, la couleur…

- Alors pourquoi dire que ce sont des pauvres ? En plus d’être faux, t’as pas peur que ton propos « stigmatise » l’ensemble des pauvres ? On doit dire quoi, « des humains ont agressé un autre humain sans raison apparente. » ? Ou, pour aller au bout de ta logique, « Un être vivant est entré en conflit avec un autre être vivant » ?

- Franchement j’ai lu ton texte sur Merah, t’exagères sérieux…

- Oui j’exagère. La plupart ne vont pas jusqu’à tuer des enfants, ils ne font que taper dans le ventre d’une femme enceinte.

- Il y en a beaucoup qui n’agressent personne enfin !

- Oui, et ceux-là ne brandissent pas de drapeaux maghrébins dans la rue. Et beaucoup m’envoient des mails de soutien. Tu saisis la différence ? Je dis « Les racailles sont presque toutes des Arabes et des Noirs », pas « Les personnes noires et arabes sont presque toutes des racailles », A implique B n’est pas équivalent à B implique A, c’est de la logique élémentaire.

- Donc c’est une minorité tu le reconnais.

- Non. D’après mes observations, mon vécu, ce qui est minoritaire c’est une bande d’Arabes et de Noirs qui vont en ville sans faire chier personne.

[...]

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