Peu à peu, le séisme politique engendré dans le camp républicain aux Etats-Unis par la défaite de Mitt Romney, son candidat à l’élection présidentielle, fait bouger certaines lignes en son sein. Dernier signe marquant, les multiples interventions depuis la mi-mars – discours devant la chambre de commerce hispano-américaine à Washington, interview télévisée, conférence de presse téléphonique nationale – du sénateur Rand Paul. (…)
Après le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, autre personnalité conservatrice montante qui promeut un plan d’accession de certains clandestins à la citoyenneté américaine, M. Paul a aussi invoqué la nécessité d’évoluer : « Je suis un républicain conservateur qui dit qu’il faut avancer vers une réforme », a-t-il proclamé. Suggérant que les lois actuelles permettent d’agir sans légiférer de nouveau, il a promu l’octroi de « visas de travail » de longue durée aux « immigrants désireux de travailler ». Se gardant de prononcer les termes « accès à la nationalité », il a offert aux immigrés sans papiers – dont le nombre est estimé entre 11 et 13 millions de personnes – la perspective d’une « normalisation » de leur statut leur permettant de « sortir de l’ombre pour devenir des contribuables membres de la société ».
M. Paul rejoint ainsi un nombre croissant de républicains estimant impératif de tenir compte des « évolutions démographiques » du pays. Ainsi, des sénateurs des deux partis regroupés dans un « groupe des huit » envisagent un accès à la nationalité américaine après treize ans de présence illégale sans dossier judiciaire. Diverses figures ultraconservatrices ont critiqué le « virage » inopiné de Rand Paul. (…)
