« Si des personnes d’une civilisation violente arrivent dans une civilisation moins violente… »

Steve King, le député républicain de l’Iowa qui a crée la polémique il a quelques semaines en comparant les mollets des clandestins à des melons (plus précisément à des cantaloups) persiste et signe, au grand dam de la hiérarchie de son parti qui n’a toujours pas affiné sa position sur la reforme des lois sur l’immigration.

Lors d’un récent meeting en Virginie (comme par hasard dans la circonscription d’Eric Cantor, le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants) M. King, pour justifier son opposition à la naturalisation des sans-papiers, lance :

« si des personnes d’une civilisation violente arrivent dans une civilisation moins violente, il y aura forcement plus de violence. C’est comme mélanger de l’eau chaude à de l’eau froide : la température augmente ».

En juillet, M.King, avait déclaré au site conservateur Newsmax, que pour chaque fils d’immigré clandestin « qui excelle dans ses études, il y en a cent autres qui pèsent 130 livres (59 kilos) et qui ont des mollets comme des cantaloups car ils doivent transporter 75 livres (34 kilos) de marihuana dans le désert ».

Tollé général. Les déclarations provoquent un grand malaise dans le parti. (…)

Le Monde

Pour séduire les Latinos, les républicains américains s’ouvrent sur l’immigration

Peu à peu, le séisme politique engendré dans le camp républicain aux Etats-Unis par la défaite de Mitt Romney, son candidat à l’élection présidentielle, fait bouger certaines lignes en son sein. Dernier signe marquant, les multiples interventions depuis la mi-mars – discours devant la chambre de commerce hispano-américaine à Washington, interview télévisée, conférence de presse téléphonique nationale – du sénateur Rand Paul. (…)

Après le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, autre personnalité conservatrice montante qui promeut un plan d’accession de certains clandestins à la citoyenneté américaine, M. Paul a aussi invoqué la nécessité d’évoluer : « Je suis un républicain conservateur qui dit qu’il faut avancer vers une réforme », a-t-il proclamé. Suggérant que les lois actuelles permettent d’agir sans légiférer de nouveau, il a promu l’octroi de « visas de travail » de longue durée aux « immigrants désireux de travailler ». Se gardant de prononcer les termes « accès à la nationalité », il a offert aux immigrés sans papiers – dont le nombre est estimé entre 11 et 13 millions de personnes – la perspective d’une « normalisation » de leur statut leur permettant de « sortir de l’ombre pour devenir des contribuables membres de la société ».

M. Paul rejoint ainsi un nombre croissant de républicains estimant impératif de tenir compte des « évolutions démographiques  » du pays. Ainsi, des sénateurs des deux partis regroupés dans un « groupe des huit » envisagent un accès à la nationalité américaine après treize ans de présence illégale sans dossier judiciaire. Diverses figures ultraconservatrices ont critiqué le « virage  » inopiné de Rand Paul. (…)

Le Monde

 

Etats-Unis : Le lobbying chrétien pour la régularisation des clandestins

Pour son second mandat, Obama veut réformer le système de l’immigration. Ses alliées : l’Eglise catholique et une grande partie des Eglises protestantes et évangéliques.

«Si je ne peux plus accueillir et aider un sans-papier qui vient dans mon église, je ne peux plus exercer ma liberté religieuse» (Thomas J. Rodi, archevêque catholique de Mobile, Alabama)

La «réforme de l’immigration», comme on dit, c’est l’Arlésienne de la politique américaine. Une fois tous les deux ans en moyenne, les présidents en parlent, font quelques promesses, puis passent à autre chose. […]

Plusieurs observateurs font remarquer que les protestants «born again» se mobilisent dans un intérêt bien compris : leur courant spirituel est effectivement surreprésenté chez les migrants.

Le projet n’est pas révolutionnaire, mais pragmatique. La Maison Blanche propose un régime transitoire pour les sans-papiers. Ils obtiendraient d’office le droit de travailler, mais payeraient une amende du fait de leur infraction à la loi. Pour avoir la citoyenneté américaine, ces étrangers devraient apprendre l’anglais et se mettre dans la même file d’attente que ceux qui légalement. En attendant la décision, les sans-papiers ne pourraient pas être expulsés. Par ailleurs, le contrôle aux frontières, déjà impressionnant, serait renforcé. Obama est d’ailleurs le président qui a expulsé le plus grand nombre de sans-papiers. […]

La Vie

Régularisation des clandestins : «Le bon exemple américain» (Edito du Monde)

Une semaine après son discours d’ inauguration», marqué à gauche, Barack Obama devait prononcer, mardi 29 janvier, une allocution relançant une promesse jamais réalisée pendant son premier mandat : la réforme des lois sur l’immigration. Son ambition ? Permettre la régularisation des sans-papiers, dont le nombre est estimé à quelque 11 millions.

Pareil langage a peu de chances d’être entendu en France, où la crise et le chômage ont renforcé l’hostilité à l’égard des immigrés. Et fait oublier qu’une vraie politique d’immigration ne devrait pas être seulement considérée comme un fardeau politique et social, mais comme une exigence pour l’avenir et un atout pour le dynamisme d’un pays.

Le Monde

États-Unis : les conservateurs blancs, une espèce en voie de disparition

Dans le Wyoming, plus encore que dans les autres Etats des grandes plaines, les républicains se sentent déconnectés du reste du pays et inquiets face à la diversité croissante de l’électorat américain.

Dans le Wyoming, les électeurs se sont remis du choc initial qu’ils ont ressenti après les résultats de l’élection du 6 novembre. Les propriétaires de ranchs, les chefs d’entreprise et les agriculteurs de cet Etat extrêmement républicain étaient sûrs que les Américains ne rééliraient pas un président démocrate, favorable aux augmentations des impôts et des dépenses.

Et pourtant, ils ont dû accepter à contrecœur la réalité, car c’est précisément ce qu’ont fait les électeurs.

Depuis l’élection, toutefois, un voile d’inquiétude mêlé de perplexité a recouvert le Wyoming à mesure que les premières neiges ont commencé à recouvrir les plaines :

les conservateurs prennent peu à peu conscience que les Etats traditionnels, ruraux et majoritairement blancs du centre des Etats-Unis, sont déconnectés d’un électorat de plus en plus divers et urbain.

 

La part d’électeurs blancs – et d’hommes blancs, plus précisément – a rétréci cette année, alors que le taux de participation des Africains-Américains, des Latinos et des Asiatiques-Américains a augmenté. Ces différents groupes ont soutenu le président Obama, ce qui a largement compensé son manque à gagner au sein de la population blanche. Selon une analyse du Pew Research Center, les électeurs issus de minorités ont composé 28 % de l’électorat cette année, contre 26 % en 2008, un chiffre qui devrait continuer d’augmenter.

« Bienvenue dans la nouvelle Amérique, souligne Paul Taylor, vice-président du Pew Research Center. Les tendances qui ont caractérisé le scrutin 2012 seront consolidées dans quatre ans, et plus encore dans huit ans. » (…)

Courrier International

Élection américaine : les républicains, un parti de Blancs ?

L’appartenance ethnique demeure l’un des clivages les plus importants de la campagne présidentielle américaine. Analyse.

Un électeur noir vote-t-il forcément pour Barack Obama ? Le parti républicain n’attire-t-il que des votants blancs ? L’appartenance ethnique demeure l’un des clivages les plus importants entre républicains et démocrates. Et pas seulement pour les latinos, largement favorables à Obama et qui, dans certains bureaux de vote du Nouveau-Mexique, de l’ouest du Texas ou du sud de la Floride, représentent plus d’un quart des adultes en âge d’exprimer un suffrage.

Selon le Centre de recherche Pew, sur cent électeurs de Mitt Romney, plus de quatre-vingt-dix sont blancs (alors qu’ils ne représentent que 73 % de la population), quatre sont hispaniques, quatre d’une autre race et un seulement est noir (alors qu’un citoyen sur huit est afro-américain).
Un sondage publié durant l’été 2012 par la chaîne de télévision NBC et le Wall Street Journal attribuait même 0 % (zéro !) des voix noires à Mitt Romney.
C’est une répartition des votes plus radicale que celle qu’enregistrent habituellement les républicains, qui recueillent entre 85 et 87 % de suffrages blancs, un pourcentage qui n’a presque pas varié entre 2000 et 2012.

Une Amérique en mutation ethnique

Barack Obama, lui, est un peu plus consensuel que son parti. Sur cent de ses électeurs, cinquante-sept sont blancs, vingt-trois noirs, douze hispaniques.

Dans un pays où le taux de natalité des minorités est élevé (en 2011, pour la première fois, la majorité des naissances ont eu lieu dans des familles qui n’appartiennent pas à la majorité blanche non hispanique), le parti démocrate bénéficie mécaniquement de la diversité ethnique croissante des États-Unis.

Toutes les enquêtes d’opinion montrent en effet que les Noirs et les Hispaniques sont en moyenne beaucoup plus attachés au rôle de l’État fédéral en général et à la protection sociale en particulier. (…)

Le Point

Arkansas : Confessions d’un élu raciste (vidéo)

• « L’esclavage a été un bienfait déguisé », les Noirs sont « indisciplinés », « ignorants ». Des propos tirés du dernier livre de Jon Hubbard, représentant républicain à la légisature de son Etat. Dans cette région très conservatrice, le ségrégationnisme hante encore la mentalité de certains élus.

(…) Courrier International

USA : Condoleezza Rice, l’atout « diversité » des républicains ?

Dans une convention républicaine où les poids lourds de l’administration de George W. Bush brillent par leur absence, l’ancienne secrétaire d’État Condoleezza Rice fait figure d’exception, pour sa «popularité personnelle» et parce qu’elle incarne une «diversité» bienvenue.

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Mme Rice, qui devait prendre la parole mercredi soir à la convention de Tampa, en Floride, doit en partie sa présence au fait «qu’elle s’est entièrement consacrée à la politique étrangère et que les gens ne l’associent pas à la politique économique de l’administration Bush», explique à l’AFP Matthew Wilson, expert en politique à la Southern Methodist University.

«Elle jouit d’une popularité personnelle que n’ont pas les autres collaborateurs de Bush, et même si elle est intimement liée à la guerre en Irak, elle semble avoir une sorte de bouclier contre les critiques», ajoute Kyle Kondik, du Centre d’études politiques de l’Université de Virginie.

Mme Rice présente en outre deux atouts majeurs pour les républicains.

«L’un des objectifs de la convention républicaine est de donner une image de diversité et Condoleezza Rice, en tant que femme remarquable, afro-américaine et républicaine, peut aider sur ce plan-là», explique M. Wilson.

Mitt Romney est en effet à la peine avec les électrices américaines et les Afro-Américains, qui lui préfèrent très largement Barack Obama. (…)

La Presse

Etats-Unis : Les Hispaniques vont-ils décider du prochain président ?

Selon le recensement de 2010, il y a plus de 50 millions d’hispaniques aux Etats-Unis, soit 16% de la population. Cette communauté constitue donc un vivier considérable d’électeurs pour Barack Obama et Mitt Romney qui vient de remporter la primaire républicaine au Texas. La première minorité américaine, en plein boom démographique depuis quinze ans, peut faire basculer le scrutin dans plusieurs états déterminants et au plan national.

En quinze ans leur nombre a progressé de 43%, contre seulement 1% pour la population blanche non-hispanique. Leurs rangs augmentent du fait de l’immigration et d’une forte natalité. Un hispanique sur trois a moins de 18 ans. C’est une communauté jeune. En 2050, ils pourraient être 130 millions soit 30% de la population d’alors.

La moitié des hispaniques réside dans trois Etats : la Californie, le Texas et la Floride. Là ils représentent entre 20% et 33% de l’électorat. Les autres Etats à forte présence hispanique sont le Nouveau Mexique (42% de l’électorat), l’Arizona, le Nevada, le Colorado, New York ou le New Jersey.

Récemment toutefois on les a vus apparaître dans des Etats, où ils n’étaient pas jusqu’à présent. En Caroline du Nord, par exemple, leurs rangs ont progressé de 110% en 10 ans. En 2008 Obama avait remporté cet état avec moins de quinze mille voix d’avance. Depuis, le nombre d’hispaniques inscrits sur les listes électorales a doublé, de 68 000 à 130 000. Ils peuvent à eux seuls faire la différence le 6 novembre prochain.

Traditionnellement les hispaniques votent plutôt démocrate. Six sur dix d’entre eux s’identifient à ce parti, et quatre au parti républicain. Issus d’une immigration récente, ils sont en général plus pauvres, moins éduqués et moins qualifiés que la moyenne des foyers américains. Le revenu moyen par foyer est de 30% inférieur à celui des foyers «blancs». Le taux de pauvreté est deux fois plus élevé. Quatre sur dix ne terminent pas leurs études secondaires, contre un sur dix chez les «blancs». Et plus d’un tiers n’ont pas d’assurance santé. Ils sont donc plus sensibles au discours « social » des démocrates. […]

atlantico

Arras : Sarkozy s’adresse aux électeurs FN

À quatre jours du premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a clairement appelé mercredi les électeurs du Front national à voter pour lui, les mettant en garde contre «les mensonges» des partis extrémistes qui ne peuvent pas apporter de solution à leur souffrance.

Lors d’un meeting à Arras, qui a rassemblé environ 3.000 personnes selon l’UMP, qui agitaient une multitude de drapeaux tricolores, le président candidat s’est voulu à la fois déterminé et confiant malgré de mauvais sondages et des ralliements de dernière minute à son adversaire PS François Hollande.

«Le vote pour Jean-Marie Le Pen a servi François Mitterrand, le vote pour Marine Le Pen servira François Hollande, je ne le veux pas», a-t-il lancé, alors que la candidate FN totalise entre 14% et 17% des intentions de vote selon les récents sondages.

Selon lui, «le peuple de France n’a pas tort quand il exprime sa colère et sa souffrance. La responsabilité des républicains que nous sommes, c’est de ramener vers nous qui ont désespéré des républicains parce qu’ils ont le sentiment qu’on les a abandonnés», a-t-il poursuivi, interrompu à plusieurs reprises dans son discours par des «Nicolas, Nicolas» ou des «on va gagner».

«C’est pour eux que je veux me battre, c’est à eux que je veux parler, c’est eux que je veux ramener vers nous, parce que le vote pour des extrêmes, c’est le vote pour des solutions qui sont des mensonges et que le mensonge n’a jamais répondu à la souffrance de ceux qui souffrent sincèrement », a-t-il affirmé. Pour Nicolas Sarkozy, «on ne répond pas à une souffrance sincère par un mensonge, on répond à la souffrance sincère par la vérité».

Le Figaro

Relations France-Israël : Il y a «les républicains et les autres»

La présidente de la Fondation France-Israël, Nicole Guedj, commente les résultats d’une enquête Ipsos sur les relations franco-israéliennes.

Une majorité de Français juge que les relations avec Israël sont bonnes. Cela vous surprend-il ?

En tant que présidente de la Fondation France-Israël, non.Car les Français et les Israéliens ont tant de choses en partage. Mais dans ’idée commune, on pouvait ’attendre à une moins bonne image. Les Français, qui connaissent peu ce pays [moins de 4 % du panel s’y est déjà rendu], ont une perception pacifiste d’Israël, qui dépasse le simple sentiment d’empathie. Il existe aujourd’hui une véritable proximité entre ces deux pays.

Pourtant, un sondé sur trois juge que la France soutient trop Israël…

Je pense qu’il existe clairement deux camps : les républicains et les autres. Quelle que soit la question qui leur est posée, les sympathisants du Modem, du PS et de l’UMP sont favorables à des relations apaisées avec Israël. A l’inverse, les Français proches des extrêmes, de gauche et de droite, sont plus critiques. De fait, les chiffres démontrent l’existence d’un réel sentiment anti-israélien et d’un véritable consensus parmi les républicains. Ce point est encourageant. [...]

Direct Matin N° 937 Mercredi 21 septembre 2011 (A télécharger)

Les Républicains : civiques/progressistes vs ethniques/identitaires

Pour Laurent Pinsolle, «gaulliste libre», il y a deux grandes familles républicaines : les civiques / progressistes d’une part (regroupant, entre autres Debout La République et le Mouvement Républicain et Citoyens) et les ethniques / identitaires de l’autre (englobant le Mouvement pour la France et le Front National notamment), «en général de droite ou d’extrême droite».

Pour les «ethniques», la France est blanche, chrétienne. Leur rejet de l’immigration est viscéral et radical. Ils en font volontiers la cause des maux de notre pays.

Pour moi, les «républicains civiques» sont attachés aux valeurs de la République (universalité, égalité, liberté, fraternité, laïcité). Ils sont attachés au droit du sol, et, s’ils peuvent reconnaître les racines chrétiennes de la France, accueillent volontiers les autres religions, du moment que celles-ci respectent les lois et l’esprit de notre République (d’où l’opposition à la burqa…).

Ils reconnaissent qu’il y a un islam de France, refusent tout amalgame entre musulmans, reconnaissent l’apport important de l’immigration à notre pays et, s’ils ne sont pas angéliques sur l’immigration ou sont opposés au communautarisme, refusent de véhiculer les fantasmes des ethniques sur l’invasion dont serait victime la France et la menace sur son identité. Ils ont une vision intégratrice de la République par opposition à une vision assimilatrice. […]

A l’inverse, les «ethniques», autre qualificatif des «identitaires», refusent d’accepter la diversité de notre pays apportée par l’immigration, surtout quand elle est extra-européenne et d’origine africaine. Ils souhaitent une assimilation, un abandon des cultures d’origine car ils craignent la substitution des Français de souche par des immigrés africains musulmans, qu’ils présentent souvent comme un tout homogène non désireux de s’intégrer à notre pays.

Ils cèdent volontiers à l’islamophobie. Alors que les «civiques» ont plutôt une sympathie pour la Palestine et refusent de considérer l’Occident comme un bloc homogène, les «ethniques / identitaires» adhèrent volontiers aux thèses occidentalistes, ont une sympathie naturelle pour les Etats-Unis et Israël. […]

Marianne 2