Islam : « Nous ne sommes pas là pour manger le pain des Français » (Boubakeur/RMC)

Voile à l’université, Trappes, islamisation de la France… Dalil Boubakeur (CFCM) répond aux questions d’Olivier Truchot.

« Voilà ce que nous attendons de notre de vie de citoyen en France : nous avons le droit à notre identité, à la pratique de notre culte, à la liberté de notre religion etc. Il y a un certain nombre de droits pour les religions, malgré la laïcité… et je ne dis pas « malgré », au contraire, conformément à la laïcité ! » – Dalil Boubakeur

« Quand vous regardez la courbe démographique, dans deux ou trois générations, toute la France ressemblera à Roubaix »

L’un des plus grands quotidiens américains, le New York Times, vient de se fendre d’un long article sur Roubaix et plus particulièrement sur l’intégration musulmane de la ville, en écho aux violences qui ont eu lieu à Trappes dernièrement.

L’auteur y loue notamment la liberté accordée aux musulmans pour vivre librement leur religion, sans toutefois l’imposer aux autres. Elle érige même la ville « en modèle pour les autres villes françaises ». Une attitude qui permet, selon elle, « de diminuer les tensions ethniques et sectaires que peuvent connaître d’autres villes. »

Une liberté de religion accordée par la Ville qui en fait un « symbole de l’immigration ». Un melting-pot plutôt réussi qui devrait s’imposer « d’ici deux ou trois générations partout en France », écrit Alissa J. Rubin qui cite Bertrand Moreau, à la communication de la mairie.

[...]
Le bureau du maire a pris des mesures pour offrir une aide aux musulmans, notamment pour trouver des lieux de culte. Cela contraste avec l’approche de nombreuses communes françaises qui suivent strictement l’éthique laïque nationale. La ville compte six mosquées, dont une en construction, un nombre important pour une ville de moins de 100 000 habitants. La municipalité a aussi permis la nomination d’un aumônier musulman à l’hôpital et trois zones du cimetière sont dédiées aux musulmans, une rareté en France.

« Quand vous regardez la courbe démographique, dans deux ou trois générations, toute la France ressemblera à Roubaix », commente Bertrand Moreau, chargé de communication du maire. « Il y aura un melting-pot (ndlr : un mélange multiculturel) partout et Roubaix est un laboratoire » pour montrer comment les choses peuvent fonctionner.

La Voix du Nord

« La Ligue de Défense Judiciaire des Musulmans » est née, sous l’impulsion de Karim Achoui

Le fléau de l’islamophobie n’est pas une fatalité irrémédiable que rien ne peut juguler. C’est animé de cette forte et intime conviction que l’avocat de renom, Karim Achoui, revient sur le devant de la scène publique, sur un terrain qui lui est familier, la justice, pour se dresser face un racisme anti-musulmans à son paroxysme. [...]

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« La Ligue de Défense Judiciaire des Musulmans » (LDJM) vient d’émerger dans le paysage national, sous l’impulsion de son fondateur, Karim Achoui, résolu à éclaircir un horizon assombri par la haine, l’inertie des pouvoirs publics, et la connivence certaine des médias, à la lumière de la justice, du respect de la loi de 1905 et de la liberté de conscience qu’elle est censée garantir.

« Face à la montée islamophobe alarmante de ces dernières semaines, face aussi au sentiment de panique générale qui, dans le même temps, s’est emparé de nos compatriotes français de confession musulmane et d’un nombre de musulmans vivant sur le territoire français, j’ai fondé avec le concours d’avocats, de juristes, et professionnels du droit la Ligue de Défense Judicaire des Musulmans (LDJM) », peut-on lire sur la page Facebook de l’avocat qui a troqué sa robe contre le costume de président du Conseil d’Administration de son association.

Karim Achoui a su bien s’entourer, fédérant des avocats et juristes de qualité, mais aussi des musulmans et non-musulmans autour d’un combat qui devrait être érigé en cause nationale et faire taire tous les clivages, pour constituer une équipe de choc qui est déjà sur le pied de guerre depuis les émeutes de Trappes. [...]

La liste des membres de l’association parmi lesquels figure l’ancien ministre et avocat, Roland Dumas

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Oumma

Merci à Stormisbrewing

NDLR : les affaires Achoui

  • Le 15 décembre 2008, il est condamné par la cour d’assises de Paris à une peine de sept ans de prison pour complicité de tentative de meurtre, complicité d’évasion d’Antonio Ferrara et association de malfaiteurs. [...] Dès lors, avec le comédien Smaïn, il se reconvertit dans la restauration avec l’ouverture en collaboration d’un établissement appelé le « Zarma des Prés » à Paris, et utilise frauduleusement la signature de son frère qui portera plainte.
  • Karim Achoui a été mis en examen en 2005 pour subornation de témoin dans une affaire d’extorsion de fonds commise par le clan Hornec en 2002. Karim Achoui aurait exercé des pressions sur un témoin pour qu’il retire sa plainte selon un policier. Il a bénéficié d’un non-lieu.
  • Karim Achoui est placé en garde à vue le 20 septembre 2007 dans une affaire de blanchiment d’argent. Le parquet de Meaux avait ouvert une information judiciaire en 2006 suite à la vente d’un commerce appartenant à une figure du grand banditisme mort assassiné. Karim Achoui est soupçonné d’avoir perçu une commission lors de la vente de ce commerce.
  • Karim Achoui est poursuivi pour avoir utilisé la signature de sa femme, à son insu, afin de monter une société de vente de chaussures en 2004. À ce titre, il est accusé de « complicité de faux, fourniture d’indication fausse ou incomplète en vue d’une immatriculation au registre du commerce et des sociétés et exécution d’un travail dissimulé ».
  • Karim Achoui est soupçonné d’avoir participé à l’évasion spectaculaire d’Antonio Ferrara de la maison d’arrêt de Fresnes en 2003. Il était à cette époque l’avocat d’Antonio Ferrara et aurait utilisé sa fonction d’avocat, par l’intermédiaire d’un de ses collaborateurs, lors d’un parloir, pour donner le top départ de l’opération.
  • Karim Achoui est radié du barreau de Paris par un arrêt rendu par la cour d’appel de Paris le 13 janvier 2011 qui infirme totalement la décision du conseil de discipline de l’ordre des avocats de Paris qui avait jugé qu’il ne pouvait plus être puni. Les magistrats retiennent qu’il a illégalement perçu, au moyen d’un faux document imitant la signature d’un client, la somme de 1 501 euros qui devait revenir à celui-ci.

Wikipédia

Emeutes de Trappes : le ministère de l’intérieur ne gérait que la communication

Trappes, cité perdue de la République

Gilet pare-balles recouvrant le teeshirt, Flash-Ball au poing, l’oeil rivé sur les barres HLM, une poignée de gros bras de la Bac (brigade anticriminalité) s’aventurent dans les allées de la cité des Merisiers, à Trappes (Yvelines). À leurs côtés, 400 CRS maintiennent un dispositif qui est allégé de jour en jour.

La cité retrouve son indépendance. Le calme revient après les émeutes qui ont embrasé cette commune où Benoît Hamon, député de la circonscription devenu ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire, estime qu’il fait « bon vivre ».

Pour mettre le feu aux poudres, il a pourtant suffi, le 18 juillet, du simple contrôle d’une femme intégralement voilée (lire page 10). Dès le lendemain, à la prière du vendredi, des prêcheurs salafistes dénoncent une « provocation de la police en plein ramadan ». Les réseaux sociaux aidant, des centaines de “jeunes” armés de pierres, boulons et engins incendiaires attaquent le commissariat aux cris de « Allahu akbar ». « C’était Fort Apache et nous étions les tuniques bleues ! », se souvient un policier. Durant trois jours, Trappes et les communes alentour virent à la zone de guerre : explosions, coups de feu, voitures en flammes…

Détail sur ce champ de bataille : un ordre « venu d’en haut » intime aux CRS de ne surtout pas blesser des assaillants qui recourent aux tirs de mortiers d’artifice et de chevrotine. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a fait de cette émeute une affaire personnelle. La place Beauvau dirige la communication en direct, via la parole calibrée de la préfecture des Yvelines. D’après une source policière, les journalistes ne doivent pas assister aux briefings de la police « où sont annoncées des consignes ministérielles incitant à un simple endiguement des violences ».

[...]
Quant à la rénovation urbaine, elle attise la méfiance de ces nouveaux Trappistes, persuadés que les pouvoirs publics complotent pour “blanchir la ville”. Olympe, mère de famille antillaise, estime que les loyers risquent d’augmenter et d’attirer des « bolos » (des Blancs).

Hakim, honnête commerçant, fulmine contre ces étrangers qui « voudront des restaurants ou des cafés ouverts pendant le ramadan » — une « provocation ». Même entre immigrés, la mixité sociale est rejetée. Hakim se plaint de voir les jeunes du quartier « obligés » de se battre avec des Congolais récemment arrivés. Leur tort ? « Ils ne sont pas croyants et vendent de l’alcool devant tout le monde ! »

Valeurs Actuelles

Valls : « S’attaquer aux musulmans de France, c’est s’attaquer à la République » (MàJ vidéo)



Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a pourfendu hier soir les « actes anti-musulmans », tout autant que sa récupération par des extrêmistes, lors de la rupture du jeûne du ramadan à la mosquée d’Ozoir-la-Ferrière, en Seine-et-Marne.

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« La République, a-t-il lancé dans une allocution en présence du vice-président de la mosquée, Boubakeur Quedjali, et de l’imam Brahim Tounkara, ne tolèrera jamais un geste dirigé, ou une parole prononcée, contre un musulman. La République protègera toujours les musulmans de France ». [...]

Mais, à côté de sa charge contre les actes anti-musulmans, Manuel Valls a mis en garde ceux qui en prennent prétexte, qui les récupèrent, pour se radicaliser.

« La République, a-t-il insisté, s’opposera toujours à ceux qui voudraient faire de la France un terrain de conquête ; qui voudraient, au nom d’une croyance dévoyée, imposer d’autres lois que la loi de tous ».

Le Figaro

Guantanamo : les détenus préfèrent un livre érotique au coran

« Cinquante Nuances de Gris », le best-seller d’érotisme « soft » d’E.L James, plutôt que le Coran est la lecture préférée des détenus les plus importants du camp de Guantanamo, à Cuba, où les Etats-Unis ont enfermé les suspects étrangers en matière de terrorisme.

Telle est la révélation d’un membre de la Chambre des représentants américaine, Jim Moran, qui s’est rendu à Guantanamo la semaine dernière dans le cadre d’une mission parlementaire. « Plutôt que le Coran, cet ouvrage est celui qui est le plus demandé par les pensionnaires du camp n°7 (qui abrite notamment cinq hommes inculpés de complot en rapport avec les attentats du 11 septembre 2001, ndlr) », a déclaré au Huffington Post, puis à Reuters cet élu de Virginie. [...]

Le Figaro

France : Vivre sa foi musulmane en prison (Vidéo)

Comment vivre sa foi musulmane quand on se retrouve derrière les barreaux d’une prison ? Aumônier musulman permanent à la maison d’arrêt de Nanterre, le cheikh Missoum Abdelmadjid Chaoui apporte quelques éléments de réponse sur une situation qui concerne de nombreux détenus.

oummatv

Le quotidien américain Washington Post constatait, dans un reportage paru dans son édition du 29 avril 2008, la surreprésentation des prisonniers musulmans dans le système carcéral français, en particulier par rapport à ses voisins européens.

Prenant comme exemple la maison d’arrêt de Sédequin, à Lille, et se basant sur des chiffres compilés par des responsables de la communauté musulmane, des sociologues et des chercheurs, l’article estime que «60 % à 70 %» des détenus en France sont musulmans alors qu’ils représentent «à peine 12 % de la population totale du pays».

Le Monde

«Compatibilité de l’islam avec la République ou incompatibilité de la République avec les musulmans ?»

Le site des Indigènes de la République publie un extrait du livre de Sadri Khiari, La contre-révolution coloniale en France. De de Gaulle à Sarkozy, (2009). «Pouvoir blanc» vs «Puissance indigène»

L’hystérie anti- communautariste, si elle révèle quelque chose, c’est bien la crainte que les indigènes n’aspirent à une libération collective et plus seulement à une émancipation individuelle – nécessairement intégrationniste -, qu’ils ne se contentent pas d’interpeller les normes dominantes s’imposant aux individus mais en viennent à interroger les principes institutionnels de la République. Une crainte qui n’est pas d’ailleurs complètement injustifiée. Certes, aucune organisation musulmane, ou plus généralement indigène, ne revendique aujourd’hui de droits collectifs particuliers.

Seuls les «vrais propriétaires» de la France, les Français blancs, européens, chrétiens, les «souchiens», seraient en droit de dire ce qui est sacré et ce qui ne l’est pas.

Nous ne pourrions, quant à nous, que revendiquer notre insertion dans les dispositifs de l’égalité juridique (l’égalité abstraite « des chances »), tout en nous prosternant devant le drapeau français. Sauf que les «trois couleurs» ne sont pas simplement le symbole de l’égalité juridique ; elles sont aussi l’affirmation de la hiérarchie des groupes raciaux. […]

La revendication de l’égalité juridique des musulmans recèle en son sein l’exigence de l’égalité réelle, laquelle contient la volonté d’exister collectivement, d’être représentés institutionnellement en tant que tels et de participer à la définition même de la nation. Revendication intolérable au regard de la République nationale-raciale. Lorsque les républicains s’interrogent sur la «Idigènescompatibilité» de l’islam avec la République, ils avouent, tout simplement, l’incompatibilité de la République avec les musulmans. […]

Indigènes de la République

Islamophobie et homophobie, même combat !

Omero Marongiu-Perria, sociologue de l’ethnicité et des religions, et Michael Privot, directeur d’ENAR (Réseau européen contre le racisme), prêche l’union sacrée entre musulmans, homosexuels et « gauche radicale ».

Quand la gauche va-t-elle enfin reconnaître que l’islamophobie est une vraie problématique ? Faudra-t-il de nouveaux meurtres de bébés, d’enfants ou de femmes et d’hommes musulmans pour qu’elle daigne se réveiller ?

Il est des faits divers absolument inadmissibles et qu’il faut analyser dans le moment historique où ils prennent place ; le meurtre de Clément Méric, militant d’extrême gauche, les diverses agressions islamophobes à l’encontre de femmes musulmanes dans plusieurs villes françaises, le passage à tabac de Wilfried et Olivier, couple gay, à Paris, en plein débat sur le mariage pour tous, démontrent un même mouvement d’évolution des discours de rejet.

Nous assistons en effet au passage d’une rhétorique d’aversion pour certaines altérités – anti-gauche radicale, islamophobie et homophobie – à la violence physique, parfois ouvertement préméditée et exprimée sur les réseaux sociaux.

Il est temps de penser à choisir son camp.

Le fait que des individus de ces trois groupes se retrouvent victimes de violences provenant du même champ de l’échiquier politique indique clairement que le refus d’aller vers une société progressiste, pluriculturelle et inclusive est en train de passer à une étape plus qu’inquiétante.

Les partisans de la gauche, dans toutes ses déclinaisons, doivent ainsi placer la lutte contre l’homophobie et l’islamophobie au cœur de leur combat ; les musulmans doivent inclure la lutte contre l’homophobie au cœur de leur combat ; les LGBTQI, pour leur part, doivent placer la lutte contre l’islamophobie au cœur de leur combat. Il n’y a plus à hésiter, car les adversaires de cette société ouverte et inclusive savent ce qu’ils veulent et comment y parvenir. […]

saphirnews

L’islamiste Marwan Muhammad nie avoir tenu un prêche polémique à Orly (RMC)

Les GG de RMC invitent l’islamiste Marwan Muhammad du CCIF, et reviennent sur les émeutes de Trappes et sur « l’islamophobie » ambiante en France. Alors que le débat stagne sur les signes religieux, le porte-parole du CCIF nie avoir espéré l’islamisation de la France dans un prêche à Orly. Avec Elina Dumont, Marie-Anne Soubré et Johnny Blanc.

« Demander aux musulmans de choisir entre leur citoyenneté et leur religion, c’est comme demander à quelqu’un de choisir entre être blond et être allemand ou suédois. » – Marwan Muhammad

« Cette citation, elle est tirée d’un blog d’extrême-droite puis recitée à droite et à gauche, en m’imputant ce propos-là que j’aurais tenu à la mosquée d’Orly en aout 2012. Donc je l’annonce à la radio RMC pour la première fois : le CCIF n’a absolument jamais donné de conférence à la mosquée d’Orly, et encore moins moi en août 2011. » – Marwan Muhammad

« Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? Qui a le droit ? Personne dans ce pays n’a le droit de nous enlever ça. Personne n’a le droit de nous nier cet espoir là. De nous nier le droit d’espérer dans une société globale fidèle à l’islam.
Personne n’a le droit dans ce pays de définir pour nous ce qu’est l’identité française. »

Et pourtant le porte-parole de l’association communautariste était bien à Orly et a bien tenu le prêche incriminé, avant de le supprimer du site de la mosquée d’Orly.

Hebergeur d'image

A lire, l’article de Novopress sur le sujet, où le prêcheur se réfugie derrière l’extrême-droite, Photoshop et Steven Spielberg.

Ecosse : les organisations juives préoccupées par la montée des incidents anti-musulmans

[extrait] Les organisations juives d’Ecosse expriment leur préoccupation quant à l’augmentation des incidents anti-musulmans dans le pays.

Le Conseil écossais des communautés juives  a déclaré qu’il était «profondément préoccupé» par la progression du sentiment anti-musulman et par le nombre croissant de crimes motivés par la haine contre les musulmans depuis la mort de Rigby. »

«Selon un récent rapport parlementaire, il y a eu plus de 240 incidents contre les musulmans. Nous sommes solidaires de la communauté musulmane et nous condamnons cette haine irrationnelle qui rend responsable une communauté des crimes d’une poignée d’extrémistes. «

Le communiqué ajoute: «L’expérience de la communauté juive face à l’antisémitisme, dans ses formes anciennes et modernes nous permet de mieux comprendre ces actes de haine contre les musulmans. »

news.stv.tv

L’islam, objet de tension entre policiers et « jeunes » des quartiers populaires

Chercheurs, représentants de l’ordre et experts regrettent que le fait religieux, notamment l’islam, ne soit pas suffisamment enseigné dans les écoles de police, afin d’éviter des débordements encouragés par certains fondamentalistes.

« La loi sur le voile a donné une teinte religieuse à un vieux conflit latent entre les jeunes et la police », relève pour sa part Marwan Mohammed, sociologue à l’École des hautes études en sciences sociales, spécialiste de la banlieue.

D’où l’importance de faire preuve de discernement, afin de ne pas créer davantage de troubles qu’il n’en existe déjà, insiste Mohamed Douhane, commandant à Paris, secrétaire national de Synergie officiers. « Il existe quelques fondamentalistes qui sont dans une logique de provocation. Ils cherchent avant tout à instrumentaliser des délinquants pour créer des émeutes », explique-t-il.

Selon lui, la loi doit s’appliquer de la même manière pour tous, mais la dimension culturelle de chacun doit être prise en compte. « Pour éviter malentendus, récupérations et victimisations, il faut une connaissance minimale de ce qu’est la religion et un minimum de bon sens. Par exemple, il peut être hasardeux de contrôler une femme voilée sur un marché bondé », précise-t-il.

FORMER LES POLICIERS À LA DIFFÉRENCE CULTURELLE

L’affectation de policiers peu expérimentés dans les quartiers populaires n’aide pas. Avant même les difficultés liées à la relation entre les forces de l’ordre et l’islam, se pose la question de groupes sociaux qui d’ordinaire ne se fréquentent pas.

« Les policiers sont issus de classes moyennes et sont envoyés dans les banlieues, qu’ils ne connaissent pas. On n’arrive pas à recruter des policiers issus de ces quartiers. Ceux qui y sont affectés ne font qu’y passer puis s’en vont sans créer de liens », regrette Christian Mouhanna, sociologue de la police.

Des efforts de formation à la différence culturelle et religieuse existent pour combler ce fossé. Mais ils n’en sont qu’à leurs balbutiements.[...]

La Croix