La mixité sociale™ favorise la tolérance™

[Article du journal belge Le Soir] [A noter : la mixité sociale évoquée dans le titre d'origine n'est même pas mentionnée dans le corps de l'article. Le titre apparait pour ce qu'il est : un slogan plaqué, un mantra. C'est, de notre point de vue, un exemple caractérisé de propagande idéologique, qu'elle soit consciente ou non, de la part du journal belge. NDLR]

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Image d’illustration d’origine du journal. Si vous regardez cette image de près, c’est un homme noir qui tient la pancarte…

[extrait] Une étude universitaire permet chiffrer le niveau de tolérance des habitants selon leur sexe, leurs orientations sexuelles, leur niveau de diplôme et leur âge. (…)

 [Voir les résultats sur l'article source]

« La tolérance en cette année 2014 n’est pas encore une évidence et il existe souvent une énorme différence entre ce que les gens pensent et leurs agissements, commente le secrétaire d’Etat, Bruno De Lille.

Bruxelles est la ville la plus diversifiée de notre pays et enferme donc l’environnement idéal pour faire de nos jeunes des citoyens tolérants. Malheureusement, vivre dans une ville très diversifiée ne signifie pas automatiquement que l’on a un groupe d’amis très diversifié. C’est pourquoi il est important d’investir dans l’enseignement et renforcer le dialogue afin de développer une société tolérante. »

Le Soir.be
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Complément :

« La mixité sociale ? Ca ne marche pas. Ca ne marche absolument pas. Les gens se fuient mutuellement. La ghettoïsation de la société est en marche »

Municipales 2014 : pourquoi il faut suspendre les politiques urbaines de mixité sociale

Peu de métropoles françaises échappent à la gentrification. De Paris à Lille, en passant par Lyon ou Nantes, on observe un embourgeoisement général des quartiers populaires, au détriment des ménages les moins aisés. Pour Anne Clerval, auteure de « Paris sans le peuple : la gentrification de la capitale », la priorité doit être donnée au maintien des classes populaires là où elles vivent.

(…) Le Plus

HLM : Manque de «mixité sociale» ou manque de «Blancs» ?

Le Monde interroge Christophe Guilluy, géographe et consultant auprès de collectivités locales, sur le mode d‘attribution des logements sociaux en France.

Quand on dit qu’il n’y a pas assez de «mixité sociale», on dit souvent qu’il faut faire venir des «classes moyennes». Mais c’est un terme qui veut dire «Blanc» et, dans la pratique, les bailleurs font du panachage ethnique sans le dire.

Comment se passe, sur le terrain, l’attribution des logements sociaux en France ?

Dans les quartiers de logements sociaux des grandes villes, cela se passe de façon a priori bienveillante et avec des objectifs souvent très pragmatiques. Les bailleurs essaient par exemple de rapprocher les familles divorcées ou polygames. Cela peut se faire au sein du même immeuble ou du même quartier. C’est logique dans un contexte où l’on est passé d’une immigration majoritairement de travail à une immigration majoritairement familiale.

Les bailleurs sont dans un combat perdu d’avance. Dans les grandes métropoles, la plupart des dossiers de demande de logements sociaux viennent de familles issues de l’immigration. Il y a très peu de demandes de «Blancs». […]

Le Monde

La fuite des classes moyennes blanches

[Extrait d'une interview d'Hugues Lagrange par Slate Afrique - Article publié le 26 avril 2013]

« Dans les années 1980, il y a très peu de Sahéliens dans la vallée de la Seine. Dans les années 1990, il y a encore un certain mélange dans les quartiers. La ségrégation prend de l’ampleur à partir des années 1990 et se maintient dans les années 2000.

Elle résulte du départ des classes moyennes blanches dans les années 1980. Les départs se sont succédés :

départ des familles de cadres autochtones, des familles populaires, des familles issues de l’immigration européennes, des familles maghrébines qui réussissent. J’ai remarqué une évaporation par le haut.

Ces quartiers pauvres concentrent une population sans élite, sans exemple de réussite.

Il y a également un processus de mise à distance de la part des autochtones ou des franges de l’immigration plus aisées vis-à-vis des immigrés les plus pauvres.

Ce mépris est déterminant dans les constructions identitaires. Ceux qui restent dans ces quartiers se sentent relégués, marginalisés.

Slate

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• Lire en complément :

Carte scolaire : vers un durcissement des dérogations

Le ministère de l’Education publie jeudi sa circulaire sur la prochaine rentrée des classes. Parmi les changements, une mesure concerne la carte scolaire. Le gouvernement veut limiter les dérogations qui permettent de la contourner. Les demandes d’options ne seront par exemple plus prioritaires pour changer d’établissement.

(…) Les dérogations, « des freins à la mixité sociale »

Avec ce durcissement de la carte scolaire, le gouvernement veut rétablir plus de mixité. Un rapport du Sénat publié en juin a estimé que l’assouplissement de la carte scolaire intervenu en 2007 « ghettoïsait » les établissements défavorisés.

Un point de vue que partage Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, qui soutient l’initiative de Vincent Peillon. Pour lui, les dérogations sont trop souvent « des freins à la mixité sociale ». « Les collèges déjà plongés dans un gouffre de difficulté le sont encore plus ».

France Info

Rediff :

Faites ce que je dis pas ce que je fais…

Le passe droit des journalistes pour la carte scolaire

« Le chef de cabinet du recteur s’occupe des demandes des journalistes. Les politiques,stars du showbiz, chefs d’entreprise c’est un autre service »

Michèle Tribalat (INED) : « Les élites aiment l’islam à distance, tout en prêchant la mixité pour les autres »

Je ne sais pas si les Français ont peur de l’islam. Ils ont peur de perdre leur ascendant culturel. Les élites aiment l’islam à distance, tout en prêchant la mixité pour les autres. Les Français des classes populaires qui sont au front de la cohabitation ont compris, je crois, qu’ils n’avaient plus la légitimité pour faire pression afin que les musulmans s’adaptent aux modes de vie qui sont les leurs, ce qu’on appelait autrefois l’assimilation, et que ces derniers n’y sont pas disposés.

Ils se rendent compte que, dans certains environnements, leurs propres modes de vie deviennent minoritaires. Comme ils ne reçoivent aucun soutien, et c’est même souvent le contraire, ils votent avec leurs pieds et optent pour un type d’habitat où ils préservent leur mode de vie. L’option pour le rural et les communautés périurbaines est un choix raisonné des catégories populaires (cf. graphique)

Atlantico

Paris : Voici la carte des futurs logements sociaux…

L’Etat a prévu de céder 34 sites pour la construction de logements sociaux à Paris. Voici, en exclusivité, leur localisation. A terme, 7200 appartements supplémentaires sont attendus.

Cliquez sur l’image pour agrandir:

Immeubles de bureaux, casernes, hôpitaux, friches ferroviaires… Trente-quatre sites parisiens, propriétés de l’Etat et de ses établissements publics, sont concernés par le projet de loi relatif à la mobilisation du foncier public. Réexaminé demain, le texte présenté par la ministre du Logement (EELV), Cécile Duflot, prévoit entre autres la cession à bas prix, voire gratuitement, de terrains pour la construction de logements sociaux.

Jean-Yves Mano, l’adjoint (PS) au maire de Paris en charge du logement, table sur la construction de 7200 unités.

« Nous souhaitons des programmes mixtes avec 40% de logements sociaux ou très sociaux mais aussi des appartements à loyers maîtrisés ou en accession à la propriété. »

Ces projets ne sortiront pas de terre avant quatre ans, voire plus selon les cas. Seule exception notable : la transformation de la caserne Reuilly-Diderot, dans le XIIe arrondissement, pourrait être terminée dès 2015. A l’inverse, le projet prévu sur le site du ministère de la Défense, boulevard Saint-Germain, ne démarrera pas avant la fin de la construction du futur Pentagone à la française, à Balard (XVe).

Cette manne d’appartements neufs devrait permettre de répondre en partie à la pénurie de logements qui sévit à Paris. « On recense chaque année 45000 nouveaux inscrits dans le fichier des demandeurs de logement et le taux de rotation est très faible », déplore l’adjoint au maire. En revanche, ces constructions « au rythme de 1500 nouveaux logements par an », ne devraient pas avoir d’incidence sur le marché de l’immobilier qui continue de flamber.

Le Parisien

Cécile Duflot : «Construire du logement social est une obligation morale»

La ministre du Logement, Cécile Duflot, présente son projet de loi sur le logement social.

Le but de la loi c’est la mixité sociale, il faut donc trouver un équilibre entre les différents types de logement. C’est pourquoi les logements sociaux intermédiaires (le PLS) ne pourront pas dépasser 50% des nouvelles constructions.

Vous souhaitez porter le minimum de logements sociaux par commune à 25% d’ici 2025 sous peine de sanctions. Certaines communes, pourtant de bonne volonté, n’arrivent déjà pas à atteindre les 20% de la loi SRU.

On a besoin de cette loi parce que 1.700.000 familles attendent un logement social. En construire est donc une obligation morale. Mais la loi distingue les communes de bonne foi et celles de mauvaise foi. Celles de mauvaise foi devront payer une pénalité cinq fois plus lourde. Il est temps d’agir contre les maires qui font le choix d’être hors la loi.

Certaines communes garderont un taux de 20%. Lesquelles ?

Cela dépendra du taux de vacance dans le logement social, du nombre de demandeurs de logements sociaux, du délai pour obtenir un logement social et du niveau des loyers dans le parc privé. Je ne veux pas une application uniforme de la loi. C’est dans les territoires où la demande de logement est la plus forte qu’il est urgent de construire.

Sait-on le nombre de communes qui seront exemptées des 25% ?

Non mais elles ne seront pas très nombreuses. Ce qui caractérise mon travail de ministre, c’est de la fermeté sur la volonté politique et de la souplesse, du pragmatisme dans la mise en œuvre pour répondre à des situations particulières. [...]

L’autre volet de la loi prévoit que l’Etat ou les établissements publics puissent céder, jusqu’à la gratuité, des terrains aux collectivités pour y construire du logement social. Vous annoncez avoir identifié 930 sites. Mais votre prédécesseur Benoist Apparu assure que ces cessions étaient déjà programmées pour 2012-2016…

Il y avait des ventes programmées mais à un coût inabordable pour les communes les plus en difficultés et les plus demandeuses. Aujourd’hui, ce qui coûte le plus cher pour construire des logements ce sont les terrains. Avec cette loi, l’Etat pourra aller jusqu’à donner gratuitement ses terrains pour les logements sociaux. Plus l’opération présentera un caractère social, moins ce sera cher pour la collectivité.

N’avez-vous pas l’impression de dilapider le patrimoine de l’Etat ?

Donner à chacun un logement n’est en aucun cas un gaspillage. La construction permet de donner un nouveau souffle au secteur de la construction. Cela permet de créer et maintenir des emplois, cela rapporte de la TVA à l’Etat tout en servant l’intérêt général. […]

20 minutes

« Au fond, la mixité sociale, c’est Brice Hortefeux qui en parle le mieux : « Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » ! »

Dans Le Point, interview de Renaud Epstein, sociologue, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Nantes, sur l’échec de la politique de la ville depuis 10 ans.

[...] La situation est la même aux Pays-Bas, qui partagent avec la France deux caractéristiques : une forte présence de l’immigration postcoloniale et une forte pression exercée par des partis populistes ou racistes sur l’ensemble du système politique. Quand on parle de rétablir la mixité sociale dans les quartiers, c’est de mixité ethnoraciale qu’il est avant tout question. Au fond, la mixité sociale, c’est Brice Hortefeux qui en parle le mieux : « Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » !

Comment peut-on faire pour modifier le visage des quartiers ?

La leçon de dix ans de rénovation urbaine, c’est qu’il ne suffit pas de modifier le visage des quartiers pour modifier les visages des quartiers, qui restent colorés. Mais est-ce un problème ?

Le Point

Montreuil (93) : Les bobos fuient la «mixité sociale»

L’écrivain Mouloud Akkouche, né à Montreuil, était invité à une fête dans cette commune de Seine-Saint-Denis.

Comme les bobos, les électeurs du FN souhaitent que leurs gosses ne fréquentent pas un collège «quartmondisé». Les premiers seraient soucieux d’une pédagogie différente et/ou de bons résultats scolaires et les seconds d’affreux intolérants ? Dans les deux cas, il y a peut-être des parents cherchant à préserver la chair de leur chair. Et une inquiétude commune de l’avenir.

Récemment, une amie m’a invité à une fête à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Une journée festive avec plusieurs parents d’élèves du quartier (près de la mairie de Montreuil) dont les enfants fréquentent l’école Decroly à Saint-Mandé, (Val-de-Marne). Des gens accueillants et intéressants. D’aucuns les surnomment «bobos», terme – instrumentalisé par l’extrême droite – réducteur et que je n’apprécie guère. […] Pourtant, quelque chose m’empêchait d’être complètement au diapason de la soirée. Derrière les murs de cette jolie bâtisse, un tableau moins idyllique. […]

Au fond, nous étions les acteurs d’un des échecs de notre époque. L’échec de la mixité sociale. N’en déplaise à quelques amis, ces parents d’élèves, sûrement électeurs de gauche, peut-être membres de Réseau Education sans frontières (RESF) refusent que leurs gosses fréquentent le collège public d’en face. Sauf que les bobos (aujourd’hui plus ou moins mon milieu), mieux organisés et bénéficiant d’un réseau, peuvent concrétiser plus facilement cette «(ex)filtration scolaire», un phénomène déjà en cours avant la gentrification des années 80, mais qui s’accentue de nos jours. De jeunes citadins habitant à quelques rues ne se croisent plus qu’à la boulangerie, au kebab ou dans les transports en commun. Même quartier, pas le même monde. […]

«Qui se ressemble s’assemble». D’un côté, les «mal- pensants, Français de souche» racistes, sexistes, et leurs alter ego basanés, bas du front sous la capuche, barbus intégristes, etc. qui, survivant dans la promiscuité, se haïssent. De l’autre côté, nous, lecteurs de Libé, du Monde, de Rue89, auditeurs de France Culture, vivant dans nos intérieurs tapissés de livres et persuadés de détenir la vérité. Vision caricaturale ? Peut-être, mais personne ne peut nier ces frontières, invisibles dans la rue, mais visibles dans les urnes.

Le nouveau gouvernement interviendra-t-il «efficacement» sur cette perte inquiétante de mixité sociale dans les villes ? Une perte devenue aujourd’hui le trésor de guerre électoral de la famille Le Pen.

Libération

Mixité sociale & Vivre-ensemble (redif)

« La ghettoïsation de la société française est en marche : les gens se fuient mutuellement. Toute famille française qui veut un avenir pour ses enfants et qui veut un bon voisinage, elle se sauve ! Tous les gens des classes moyennes de Sarcelles et de Montfermeil, ils n’ont qu’une envie, c’est de se tirer. » Jacques Marseille [1945-2010]

Les villageois de Monceaux (60) expropriés à un prix ridicule pour construire des logements sociaux.

Des propriétaires de Monceaux (Oise) n’acceptent pas que l’Etablissement public foncier local de l’Oise achète leur terrain au prix de 0,60 centime d’euro le mètre carré seulement. Le maire de la commune dit comprendre leur position.

Ici il faut de la mixité sociale. (Alain Coullaré, maire de Monceaux)

La nouvelle est arrivée par courrier la veille de Noël. «Vous parlez d’un cadeau!» lance cet habitant de Monceaux (Oise) qui ne décolère pas. Le 23 décembre, il a appris qu’il allait devoir se séparer prochainement de la parcelle de terre dont sa famille était propriétaire à Monceaux depuis plusieurs générations.

Comme lui, une vingtaine de petits propriétaires devront vendre leurs arpents de terre pour permettre la construction d’une trentaine de logements sociaux sur le territoire de la commune. «Nous sommes une petite commune, à peine 900 habitants, est-ce bien approprié de construire ce type de logements ici ?» s’interrogent les propriétaires. Mais s’ils font aujourd’hui front commun, ce n’est pas pour s’ériger contre le projet mais pour dénoncer «la méthode d’expropriation». […]

«On aurait souhaité que le maire confie ce projet à un promoteur privé qui puisse acheter les parcelles à un prix plus juste», explique Ginette de Oliveira, propriétaire et habitante de Monceaux.

«Pas question», pour Alain Coullaré, maire de Monceaux, qui ne veut pas entendre parler de promoteurs privés. «Ils auraient peut-être acheté les terrains à 15 ou 20 € du mètre carré mais pour les revendre ensuite à des prix exorbitants. Or, ici il faut de la mixité sociale», assure l’élu. […]

Le Parisien (Merci à bag)