En France, un quart des SDF travaillent

Selon une étude de l’Insee, 24% des sans-domicile adultes francophones travaillent, mais le plus souvent occupent des emplois « très précaires ».

Un quart des sans-domicile adultes francophones (24%) travaillent, mais le plus souvent occupent des emplois « très précaires », relève l’Insee dans une étude publiée mardi 8 avril.
Au total, près des deux tiers (63%) des sans-domicile sont considérés comme actifs, avec 39% au chômage ou en recherche d’emploi recensés par cette enquête menée auprès des utilisateurs francophones des services d’hébergement et de distribution de repas, en janvier et février 2012, par l’Insee et l’Ined

Parmi les 37% d’inactifs, figurent, selon l’Insee, des personnes élevant des enfants, des retraités, invalides, demandeurs d’asile ou sans-papiers non autorisés à travailler…

Challenges.fr

« La France ne connaît pas son solde migratoire »

Laurent Chalard, géographe, conteste les méthodes de l’Insee et dénonce un tabou sur la population étrangère : [...]

Pourquoi, selon vous, la population légale publiée par l’Insee ne correspond-elle pas forcément à la réalité dans certaines villes ?

La population varie de deux façons : le solde naturel et le solde migratoire. Le solde naturel, ce sont le nombre de naissances, moins le nombre de décès. Ce sont des chiffres où il n’existe qu’une infime marge d’erreur possible. En revanche, sur le solde migratoire, c’est beaucoup plus compliqué. Pour le calculer, il faudrait avoir le nombre d’entrées sur le territoire et celui des sorties. Or, on ne sait pas combien de personnes entrent chaque année sur le territoire. La seule indication dont on dispose, ce sont les titres de séjour accordés. Ce qui exclut les entrées illégales. [...]

Aussi curieux que cela puisse paraître, la France ne connaît pas son solde migratoire. Derrière tout cela, il y a le grand tabou des chiffres de l’immigration, un vieux tabou politique français. Dans les années 80, alors que le Front national commençait à percer, que cette question devenait tendue, l’Insee n’avait pas hésité à dire que le solde migratoire était nul. [...]

Libération

Merci à Sarkopilami

Les chiffres de l’Insee ne sont pas fiables

La qualité des chiffres de l’institut est primordiale pour une gestion efficace de la France. Or des chercheurs contestent les méthodes utilisées par l’Insee et interrogent son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique.

Ce mardi 15 janvier 2013, l’Insee, à l’occasion de sa conférence de presse annuelle, a donné une estimation de la population de la France au 1er janvier (65,8 millions d’habitants).

Comme chaque année, ces chiffres vont être abondamment commentés dans la presse, une large part de la statistique française, que ce soit au niveau des statistiques démographiques et sociales ou économiques, étant dépendante des données fournies par l’institut statistique officiel de l’Etat. (…)

Cette tribune contient une affirmation grossièrement mensongère, qui interroge sur la bonne foi de l’institution. En effet, son rédacteur, Monsieur Fabrice Lenglart, ose affirmer que la population de la France au 1er janvier 2009 est connue à 0,02% près, soit plus ou moins 15.000 habitants, ce qui relève du ridicule, le nombre de clandestins, qui, par définition, ne sont pas recensés, étant très largement supérieur à ce chiffre (100.000 personnes a minima).

Pour en donner un exemple, dans la commune de Sucy-en-Brie située dans le Val-de-Marne, la population du campement (aujourd’hui démantelé) d’immigrés roumains illégaux a été estimée à environ 600 personnes sur une population de 26.000 habitants, soit plus de 2 % de la population communale. On imagine donc assez facilement ce que pourrait être le chiffre extrapolé à la seule région Ile-de-France…

Dans les années 1980, pendant plusieurs années, l’institut affichait un solde migratoire nul pour la France sous pression de l’Elysée.

En effet, suite à la fin de l’immigration de travail dans un contexte de montée du chômage et de l’extrême-droite, le sujet de l’immigration, en particulier maghrébine, commence à devenir tabou. Cependant, le recensement de 1990 était venu invalider cette hypothèse peu crédible, la population recensée étant largement supérieure à celle projetée, conduisant à réviser fortement à la hausse l’excédent migratoire.

Ensuite, dans les années 1990, les résultats du recensement de 1999 surprennent les spécialistes de démographie, puisque la population recensée est inférieure de près de 500.000 personnes à celle attendue.

Au lieu de reconnaître la sous-évaluation de la population au recensement de 1999, comme le fit l’institut statistique britannique concernant le recensement de 2001 au Royaume-Uni, l’Insee a préféré faire la politique de l’autruche, ces résultats lui permettant d’afficher un solde migratoire quasiment nul, ce qui arrangeait grandement les dirigeants politiques français.

L’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002 n’est probablement pas totalement sans lien avec ce déni des réalités démographiques du pays. (…)

Slate

2006-2010 : La population française s’est accrue de 1,4 million de personnes

La France comptait 64,6 millions d’habitants au 1er janvier 2010, selon les derniers chiffres du recensement. Les petites communes péri-urbaines sont les plus dynamiques.

Les années passent et le dynamisme démographique de la France ne se dément pas. Le nombre d’habitants en France se monte à 64.612.939, pour la métropole (62.765.235).et les départements d’outre-mer au 1er janvier 2010, selon les derniers chiffres du recensement publiés lundi par l’Insee . Sur quatre ans, de 2006 à 2010, la population s’est accrue de 1,4 million de personnes. «Une croissance significative», selon l’Institut de la statistique, qui souligne : «La France connaît une croissance démographique deux fois plus élevée que la moyenne en Europe.» […]

Disponibles au niveau national et régional (mais pas encore pour les communes), les données viennent confirmer le dynamisme du littoral atlantique, notamment la Bretagne, les Pays-de-la-Loire et l’Aquitaine, avec des taux de croissance annuel supérieurs à 0,75%. Les populations de Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes augmentent également fortement.

En revanche, la région Paca sort du club des régions à forte progression. Avec 4.899.155 habitants, Provence-Alpes-Côte-d’Azur n’en demeure pas moins la troisième région la plus peuplée, derrière l’Ile-de-France (11.786.234) et Rhône-Alpes (6.230.691). En quatrième position vient le Nord-Pas-de-Calais (4.038.157), malgré un taux de croissance annuel faible (0,12%). […]

Les Echos (Merci à Zatch)

Pourquoi l’INSEE a-t-elle assassiné la ruralité française ?

Interview de Gérard-François Dumont, géographe, enseignant à l’Université Paris IV:

Ne ditez plus « zone rurale » mais « commune isolée hors influence des pôles »! L’INSEE a décidé de rayer de son vocabulaire le mot rural dans ses typologies entre entre espaces à dominante urbaine et espaces à dominante rurale. Comme si la France n’avait plus de vraies campagnes…

Atlantico : Vous avez évoqué l’idée d’un « meurtre rural », pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?

Gérard-François Dumont : L’INSEE, lorsqu’elle étudie le territoire français, propose un certain nombre de découpages. Elle présente notamment un découpage appelé le « zonage en aires urbaines ». Ce dernier distinguait jusqu’à présent, pour simplifier, deux types de France : l’espace à dominante urbaine et l’espace à dominante rurale. Dans la nouvelle définition que l’INSEE vient d’arrêter, l’adjectif « rural » a disparu. Cet espace à dominante rurale change d’intitulé et devient « commune isolée hors influence des pôles ». Comme si la France n’avait plus de vraie ruralité.

C’est assez grave car, déjà au cours de la définition antérieure, l’Insee avait une définition extrêmement extensive des villes. Elle réduisait considérablement la réalité de la ruralité en France.

HorsOr cette ruralité a une importance cruciale, nous l’avons bien vu au premier tour des élections présidentielle.

Atlantico : Justement, quelles sont les conséquences de cette manière d’analyser le découpage géographique de notre pays ?

C’est un phénomène qui veut donner l’impression qu’il n’y aurait de possibilités d’évolution, d’innovation et de créativité que dans les grandes métropoles. La France comprend pourtant de nombreux territoires ruraux qui ont fait la preuve de leurs capacités d’innovation. Nous avons par exemple des territoires comme la Mayenne ou la Vendée qui n’ont pas de métropoles, sans que cela ne les empêche de développer des activités économiques importantes tout en ayant un taux de chômage nettement inférieur à la moyenne nationale.

Il faut rappeler un autre élément : la France continue d’être extrêmement inégalitaire dans la mesure où la dotation globale de fonctionnement que l’Etat verse aux communes n’est pas égale selon le lieu où se trouvent les habitants.

Dans les villes les plus peuplées, la dotation par habitant est plus élevée que dans les petites villes et les petites communes. C’est injustifiable.

Atlantico : A-t-on vraiment besoin que l’INSEE évoque cette ruralité pour que la France dispose de politiques prenant en compte cette réalité ? Quel est le lien entre les deux ?

A partir du moment où l’on fait disparaître la notion même de ruralité, cela sous-entend qu’il n’y a plus de logique politique liée à cette ruralité. Comme si tout le monde vivait dans des villes.[...]

Atlantico (Merci à Dzeta)

France : 12 millions d’immigrés et d’enfants d’immigrés

Selon l’Insee, la deuxième génération est plus importante en nombre que la première. Une situation originale en Europe.

C’est une position originale en Europe: en France, les descendants d’immigrés sont plus nombreux que les immigrés. Selon l’étude «Immigrés et descendants d’immigrés en France», publiée ce mercredi par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), plus de 5,3 millions d’immigrés vivaient en France en 2008, les deux tiers natifs de pays hors UE. Leurs descendants sont près de 6,7 millions, soit 11% de la population. Au total, plus de 7 millions de personnes nées à l’étranger résident en France. [...]

Le Figaro

INSEE : « Les descendants d’immigrés d’Afrique sont trois fois plus au chômage que les Français de souche » (màj)

Addendum

Jean-Jacques Bourdin analyse ce rapport avec Pascale Breuil (INSEE). Cette dernière semble gênée d’admettre que l’étude prend également en compte les immigrés clandestins.

« Vous savez, le nombre d’immigrés irréguliers en France est forcément une toute petite partie de ces 5 millions de personnes. L’ordre de grandeur ne peut pas être modifié par les irréguliers. » – Pascale Breuil

 _______________________________

Les descendants d’immigrés d’Afrique sont trois fois plus au chômage que les Français de souche, un écart largement dû au niveau de diplôme, à l’origine sociale et au lieu de vie mais dont une part reste « inexpliquée », selon un rapport de l’Insee rendu public mercredi.

Cinq ans après leur sortie du système scolaire, 11% des Français ayant des parents natifs de France sont au chômage, contre 29% des descendants d’immigrés d’Afrique, notent les auteurs de l’étude « Immigrés et descendants d’immigrés en France ».

Parmi ceux ayant un emploi, 74% des Français de souche ont un contrat à durée indéterminée (CDI) contre 67% des fils et filles d’Africains.

La première raison est liée au diplôme: 30% des descendants d’immigrés d’Afrique sortent du système scolaire sans diplôme, ou avec au mieux le brevet des collèges, deux fois plus que les enfants de natifs.

Les difficultés à l’école s’expliquent par « leurs origines sociales nettement plus populaires »: 58% d’entre eux ont un père ouvrier (contre 26% pour les descendants de natifs).

Mais « quand l’origine sociale, le niveau de diplôme des parents, la structure familiale et la taille de la fratrie sont pris en compte, la réussite dans le secondaire des enfants d’immigrés n’est pas moins bonne que celle des descendants de natifs », soulignent les auteurs du rapport.

Au contraire, les filles d’origine tunisienne ou marocaine décrochent davantage le baccalauréat que les Françaises de souche. [...]

Libération

Le niveau de vie des Français a baissé en 2010

Le niveau de vie des Français a diminué en 2010 par rapport à 2009. Avec 1610 euros par mois en 2010 (19 270 euros sur l’année), le niveau de vie médian (la moitié de la population gagne plus, l’autre moitié moins) des personnes vivant dans un ménage de France métropolitaine a baissé de 0,5% par rapport à l’année précédente, rapporte l’Insee dans une étude à paraître ce vendredi.

«Il faut remonter à 2004 pour enregistrer un tel recul», souligne l’Insee dans cette enquête. «Malgré un contexte de reprise économique en 2010, certes modéré, pratiquement toutes les catégories de la population subissent une baisse de niveau de vie en euros constants (inflation comprise)».

Par ailleurs, la pauvreté continue de progresser, touchant particulièrement les plus jeunes. En 2010, 8,6 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté (964 euros par mois). La moitié d’entre elles vivant avec moins de 781 euros par mois. Avec 14,1 % de la population (+0,6% en 2010), le taux de pauvreté a atteint son plus haut niveau depuis 1997. Enfin, ce sont les jeunes de moins de 18 ans qui sont particulièrement touchés, leur taux de pauvreté atteignant 19,6% en 2010.avec une progression de 1,9 point.

Le Parisien

La France a gagné 4,2 millions d’habitants en dix ans

La population française a augmenté de 4,2 millions de personnes entre 1999 et 2009. Soit une croissance de 7% en dix ans. Selon l’Insee, qui publiait ces chiffres ce jeudi matin, la France comptait plus de 64 millions d’âmes au 1er janvier 2009. Par comparaison, l’Allemagne a perdu près de 400.000 habitants sur la même période, selon l’institut Destatis.

Cette augmentation de la population en France s’explique par un plus grand nombre de naissances que de décès et un solde migratoire chaque année positif.

La Tribune

Rhône-Alpes : 540.000 immigrés soit 9% de la population (INSEE)

(…) un immigré, pour les statisticiens et le Haut conseil à l’intégration, est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. (…)

Premier enseignement livré par l’étude, la région compte, (chiffres issus du recensement de 2006), 540 000 immigrés, soit 9 % de la population, (la moyenne nationale est de 8,1 %). Parmi eux, 327 000 étrangers et 213 000 Français par acquisition. Majoritairement, la population immigrée habite dans le Rhône pour un tiers. Principal contingent de cette population, des immigrés issus de l’Union européenne juste devant les ressortissants de pays du Maghreb. Le Maghreb qui demeure la provenance principale des immigrés dans la région (environ 30 %).

Enfin, l’étude démontre également une augmentation du nombre de regroupements familiaux et, par là, une hausse du nombre de femmes non actives. Différence de taille entre les types de populations, l’égalité vis-à-vis du chômage. Alors que les ressortissants de l’UE comptent 8 % de chômeurs, les ressortissants du Maghreb en comptent 25 %, et 23 % pour les ressortissants du reste de l’Afrique. (…)

Le Progrès

Les disparités de patrimoine se creusent, tirées par les ménages les plus fortunés

Début 2010, les ménages possédaient en moyenne un patrimoine net de 229.300 euros, selon une enquête de l’Insee à paraître aujourd’hui. Le montant médian est, lui, de 113.500 euros. Les 10 % des ménages les plus fortunés captent, à eux seuls, près de la moitié des avoirs accumulés.

(Dessin de Florian Rouliès)

Ce sont des données qui ne vont pas manquer d’alimenter le débat public. L’Insee publie aujourd’hui les premiers résultats de son enquête sur le patrimoine, menée tous les six ans. Elle montre que les disparités sont très fortes entre les Français et que « les inégalités de patrimoine s’accroissent entre 2004 et 2010 », comme le titre l’étude.

Suite et commentaires sur Fortune

Natalité « française » : tout va bien (BFMTV)

65 millions d’habitants en France en 2011. +10 millions d’habitants en 30 ans. Taux de fécondité : 1,85 enfant par femme. (INSEE) Libération

BFMTV évoque « le miracle français »…

« Contrairement à une idée reçue, ce ne sont d’ailleurs plus les immigrés qui soutiennent notre taux de fécondité car leur profil a changé. L’impact de l’immigration est assez faible sur notre démographie. » BFMTV, 16/11/11