À quoi sert Marine Le Pen ? (Le Figaro)

Forte de sa troisième place à la présidentielle, elle espère que le Front national fera son entrée à l’Assemblée. Mais après ? Que veut-elle ? Faire exploser la droite ? Gouverner un jour avec elle ? Ou bien rester en marge du système sans autre perspective que de faire gagner la gauche ? Enquête du Figaro sur la stratégie du Front national et de Marine Le Pen.

Sur les 572 candidats «bleu marine» finalement investis, Steeve Briois, le secrétaire général du parti, a fait imprimer les affiches du second tour pour 200 d’entre eux qui se qualifieraient de manière quasi certaine.

«Je ne vois pas de relève à droite.» Une coupe de champagne sur la table de son bureau du conseil régional, à Lille, Marine Le Pen jubile. […]La défaite de Nicolas Sarkozy le 6 mai dernier lui permet d’espérer des lendemains favorables. Ni Copé, encore moins Juppé ou Fillon ne lui semblent en mesure d’assumer les mêmes transgressions que le président battu. Mieux, orphelins de Nicolas Sarkozy, les électeurs de l’UMP vont devoir se prononcer en juin pour un parti dont personne ne sait ce que sera demain sa ligne politique. Ce flou est une aubaine pour elle. Bref, c’est fête tous les jours depuis le 22 avril 2012 au FN. […]

La digue tient bon malgré la pression d’une Marine Le Pen qui se sent le vent en poupe. La droite, en dépit de quelques tiraillements, résiste à la tentation de s’allier au Front national. Ou de sceller a minima des accords locaux. Même discrètement. […]

Marine Le Pen a déjà fait la démonstration qu’elle n’entendait pas céder aux plaisanteries douteuses, aux provocations inutiles de son père. Depuis un an et demi qu’elle est aux commandes du FN, elle a dépoussiéré la vitrine, purgé l’appareil de ses éléments extrêmes. Mais, quand elle se lève tous les matins, après avoir rêvé de conquête et de pouvoir, elle ne peut que constater qu’elle n’a pas encore les moyens de son ambition. Elle dispose d’une force militante – plus de 50.000 adhérents à jour de cotisation, selon Steeve Briois, le secrétaire général du parti – mais manque encore cruellement de cadres de haut vol. […]

Combien de députés FN en juin? Marine Le Pen se veut prudente. Un seul élu serait «une victoire». Plusieurs, «un triomphe. […]

Le Figaro

Hauts-de-Seine : Le quartier de Petite Colombes au bord de l’implosion

L’ambiance était tendue samedi à Colombes (Hauts-de-Seine), sur la place Aragon. Environ deux cents personnes étaient rassemblées autour du maire PS Philippe Sarre pour «dire stop à la violence».

J’ai plein d’amis qui sont en train de vendre, à perte, parce que l’immobilier dans le quartier a drôlement baissé à cause de ça.

Les Colombiens sont excédés, partagés entre la peur et la colère. En une semaine, quatre fusillades ont secoué leur ville. La dernière date de mercredi, sur la place Aragon. A cinq mètres d’une trentaine d’enfants qui se trouvaient dans la bibliothèque.

«J’habite la rue juste à côté, j’ai très peur pour mes petits-enfants, témoigne une grand-mère, les traits tirés. J’ai peur qu’ils se prennent une balle dans la tête s’ils sortent, ça tire à n’importe quelle heure».

Sur la place, les discussions entre les nombreux élus venus à la rencontre des habitants sont très animées. «Si vous saviez ce que l’on subit, souffle une vieille dame, on se fait menacer, traiter de tous les noms, ils nous crachent au visage et sur les cheveux.» […]

Mediapart (Merci à Neuneu)

L’Euro : implosion ou sursaut ?

Le pari de l’Euro était de construire une zone modèle. En exacerbant les différences, on affirme, voire on crée, et on enkyste des différences : modèle rhénan pour l’Allemagne ; modèle anglo-saxon pour l’Irlande ou l’Espagne, etc.

Lorsque la crise financière devient crise économique, et que les Etats s’épuisent à maintenir les demandes globales en creusant de façon historique les déficits publics, c’est le navire tout entier qui est menacé.

Si naguère, en résultante des abandons monétaires, les marchés politiques se sont assez spontanément dirigés vers la création d’une zone monétaire largement artificielle, vont-ils, à la faveur de la crise, poursuivre la construction européenne et arrimer la monnaie à un grand Etat européen ?

Sur le papier des croyants du constructivisme, les choses sont simples : il existe désormais un seul Etat, sans doute hétérogène, mais disposant d’une monnaie souveraine. Il n’y a plus de dettes souveraines au pluriel, mais une dette souveraine au singulier.

Le couple monnaie unique / grand Etat suppose d’énormes changements, qui se ramènent tous à la question de l’évaporation progressive des marchés politiques nationaux, au profit de la naissance de marchés politiques européens. Les énormes coûts d’une implosion de l’Euro pourraient faciliter cette perspective.

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