EXCLUSIVITÉ Fortune : Brzezinski et le réveil politique mondial

Extrait d’une conférence de Zbigniew Kazimierz Brzezinski, donnée fin septembre ou début octobre 2012 en Pologne. Brzezinski fut conseiller à la sécurité nationale du Président des États-Unis, Jimmy Carter, de 1977 à 1981.

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L’empire américain est ruiné par ses guerres

Les USA se ruinent à vouloir maintenir leur statut de super puissance par de coûteuses guerres et un budget militaire gigantesque financés à crédit.

Pour Eric Margolis [journaliste canadien], le complexe militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde lors de son discours d’adieu, entraîne le pays vers sa chute et Obama, comme son prédécesseur, abuse ses concitoyens en recourant à l’emprunt pour continuer à maintenir l’illusion d’un empire aujourd’hui vacillant.

Les dépenses pour l’armée et le renseignement augmentent sans cesse, alors que le taux de chômage s’approche des 10% et que l’économie continue de souffrir. L’Amérique est devenue l’homme malade de l’hémisphère occidental, un estropié économique à l’image du défunt Empire ottoman.

Le Pentagone représente maintenant la moitié du total mondial des dépenses militaires. Si on y ajoute les budgets des riches alliés de l’Amérique que sont les membres de l’OTAN et le Japon, ce chiffre atteint 75%.

La Chine et la Russie réunies, ne consacrent qu’un petit 10% des sommes consacrées à la défense par les USA.

Il ya 750 bases militaires américaines dans 50 pays et 255.000 soldats stationnés à l’étranger, dont 116.000 en Europe et près de 100.000 au Japon et en Corée du Sud.

Les dépenses militaires engloutissent 19% des dépenses fédérales et au moins 44% des recettes fiscales. Sous l’administration Bush, les guerres d’Irak et d’Afghanistan – financées par l’emprunt – ont coûté plus de 25.000 dollars à chaque famille américaine.

Les États-Unis ont clairement atteint le point de rupture de leur ambition impériale. Les dépenses militaires et le service de la dette cannibalisent l’économie américaine, qui est la base réelle de leur puissance mondiale. Outre l’URSS sur le déclin, les Etats-Unis ressemblent également, de plus en plus, à l’Empire britannique agonisant de 1945, écrasé par les dettes immenses souscrites pour mener la Seconde Guerre mondiale, devenu incapable de continuer à financer ou à défendre l’Imperium, tout en restant imprégné de ses prétentions.

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La seconde chute de l’Empire d’Occident


L’heure est à l’homme nomade, au sans-patrie, au citoyen du monde. L’heure est à celui qui n’a d’autres attaches que celles qu’il peut emporter du jour au lendemain dans sa valise. Le monde de demain appartient à ceux qui sauront ne plus encombrer leurs errances terrestres, voire spatiales, d’un quelconque « terroir », archaïsme dont l’exaltation fleure bon son populisme rance.

La réalité, pour l’Europe de l’Ouest, semble pourtant de nouveau inverser le sens de sa marche. L’évolution actuelle s’apparente de manière frappante au processus qui caractérisa la dégénérescence finale de l’Empire romain d’Occident, à partir du IIIe siècle, jusqu’à la déposition du dernier empereur en 476 (début du Moyen Âge pour les historiens). Ce processus, qui mit fin au monde antique, se caractérisa par :

  • Un chaos ethnique grandissant. Après l’édit de Caracalla accordant en 212 la citoyenneté romaine à tous les mâles non esclaves des provinces, les Barbares germaniques puis hunniques commencent à déferler en Gaule. À la fin du IVe siècle, la plupart des soldats et même des généraux « romains » sont en fait des germains naturalisés. Les souches proprement romaines sont, de fait, écartées du pouvoir.
  • Un gigantisme mortel. L’Empire, à son apogée, s’étend du sud de l’Écosse jusqu’à la Mer rouge. Assailli de toutes parts, son économie désorganisée, les effectifs de l’armée et de l’administration augmentant sans cesse, il accable le peuple sous les taxes et les impôts.
  • Une régression démographique soulignée par beaucoup d’historiens. La dépopulation de certaines zones est évidemment un appel d’air pour les Barbares qui n’ont plus qu’à coloniser des terres déjà vides.
Le chaos ethnique est là, incontestable. Les zones de non-droit livrés aux bandes de jeunes musulmans qui y font régner un ordre islamo-mafieux, constituent l’embryon d’une nouvelle féodalité…

L’Europe de l’Ouest catholique et protestante, héritière de l’Empire d’Occident, se trouve confrontée à une situation dont l’analogie avec ce qui précède est hallucinante. Le chaos ethnique est là, incontestable. Les zones de non-droit, territoires livrés aux bandes de jeunes musulmans qui y font régner une sorte d’ordre islamo-mafieux, constituent l’embryon d’une nouvelle féodalité, beaucoup plus agressive que la première, car bâtie sur le fanatisme et sur une haine d’essence totalitaire. Les Mureaux, Trappes, Argenteuil, Roubaix : autant de futurs sultanats indépendants ou, déjà, la police française n’intervient plus qu’avec des pincettes, voire pas du tout.

Pour la seconde fois, l’Empire d’Occident, qui avait disparu une première fois sous sa forme étatique mais s’était reconstitué, sous une forme civilisationnelle, par le truchement de l’Église catholique romaine, est donc en train de s’écrouler.

André Waroch – Lire l’article au complet (merci à arnaud)