Européennes : La CFDT appelle à faire barrage «aux populismes et à l’extrême droite» (MàJ)

Addendum : Que sont devenus les anciens secrétaires généraux du syndicat CFDT ? (voir en fin d’article)

A un mois des élections européennes, la CFDT mène campagne pour la participation à ce scrutin en vue de renforcer la «légitimité» du Parlement européen et de faire barrage «aux populismes et à l’extrême droite».

«J’ai besoin de l’Europe. Le 25 mai je vote», proclame une affiche de la CFDT illustrée de l’image d’une jeune athlète qui porte au bras un tatouage pro-européen.

Pour la CFDT, «la crise que traverse l’Union européenne, avec 27 millions de chômeurs et un taux de pauvreté en hausse, exacerbe les tentations de repli national». Mais, «c’est en renforçant l’Union européenne qu’on sortira de la crise», estime la centrale pour laquelle «il reste beaucoup de progrès à faire» dans la construction européenne. Le syndicat appelle à une Europe «plus sociale», qui réduit le dumping social et la concurrence entre Etats, «plus démocratique» avec une plus grande place accordée au dialogue social et enfin «plus dynamique» à l’appui d’un plan d’investissement. […]

Le Figaro

Jean Kaspar (1988-1992) : Il est par ailleurs vice-président de l’Observatoire social international7 et lié à Entreprise & Personnel, un club RH regroupant plusieurs grandes entreprises françaises, par un contrat de partenariat. Il intervient dans divers cursus du CNAM, de Sciences Po Paris dans le master de gestion des ressources humaines, de l’IAE de Paris, de l’Université de Haute-Alsace (UHA) et de l’Université de Marne-La-Vallée. Il a été coordinateur pour l’ENA d’un séminaire sur le dialogue social (promotion Romain Gary 2003-2004). Il est conseiller de la Fondation pour l’innovation politique.
Il a été membre de la Commission pour la libération de la croissance française dite « Commission Attali ». Il est nommé en 2012, président de la Commission du Grand Dialogue de La Poste par Jean-Paul Bailly.

Nicole Notat ( 1992-2002) : En juillet 2002, elle fonde Vigeo dont elle est actuellement PDG, où elle s’engage pour une conception du développement durable. Elle est aussi membre du groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe présidé par Felipe González et établi par le Conseil européen et Elle est membre du club Le Siècle dont elle assure la présidence depuis le 1er janvier 2011.

François Chérèque (2002-2012) : 3 janvier 2013, il est nommé inspecteur général des affaires sociales (5e tour) en conseil des ministres à compter du 7 janvier 2013, au statut de haut fonctionnaire5. Dans le cadre de ces fonctions, il est également chargé du suivi du plan gouvernemental de lutte contre la pauvreté et rémunéré 7257 € net par mois . Il est également élu président du think-tank Terra Nova le 12 janvier 20138. Le 6 décembre 2013, il succède à Martin Hirsch à la présidence de l’Agence du service civique.

Impôts, Etat, réformes, internet : 1789, c’est maintenant ?

Pour Eric Verhaeghe, président de l’APEC (Association pour l’emploi des cadres), les points communs ne manquent pas entre la situation actuelle et la période qui a précédé la Révolution française. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages «Jusqu’ici tout va bien», «Au coeur du MEDEF: Chronique d’une fin annoncée», et «Faut-il quitter la France ?».

Premier trait commun : Comme en 1789, la France connaît une profonde transformation des modes de communication. Aujourd’hui, c’est Internet qui met n’importe quel Français en contact immédiat avec n’importe qui d’autre dans le monde. Cette formidable immédiateté dans la transmission de la pensée et des idées bouleverse l’ordre social traditionnel.

Comme dans toutes les époques qui semblent indécodables, où l’on sent bien que quelque chose va se passer mais on ne sait pas encore quoi, le réflexe premier est celui de l’analogie : quelle période, dans notre passé, constitue le meilleur paradigme pour comprendre le chemin que nous empruntons à tâtons aujourd’hui ?

En 1788, Louis XVI se montre incapable de vaincre les résistances internes qui bloquent les indispensables réformes. Au centre de celles-ci, la réforme fiscale occupe la même importance qu’aujourd’hui …

Il y a d’abord cette immense crise des finances publiques que l’Etat ne parvient pas à résoudre. On ne dira d’ailleurs jamais assez que le crise des années 2010 est bien plus grave que la crise des années 1780. L’Etat de Louis XVI dépensait en moyenne 25% de plus que son budget annuel. Cette proportion s’élève aujourd’hui à plus de 30%, avec près de 90 milliards de déficit sur des recettes de 300 milliards.

Il y a aussi cette déliquescence du pouvoir central, qui semble impuissant à reprendre la main sur le désordre ambiant. En 1788, Louis XVI se montre incapable de vaincre les résistances internes qui bloquent les indispensables réformes. Au centre de celles-ci, la réforme fiscale occupe la même importance qu’aujourd’hui: l’impôt de l’Ancien Régime ne mobilise pas les vraies ressources du pays et est vécu, comme injuste et inefficace.

Il y a ce mille-feuilles territorial qui morcelle l’Ancien Régime et rend le pays ingouvernable, comme dans la France d’aujourd’hui. Dans leur grande sagesse, au fond, les Jacobins avaient compris que la géographie administrative française n’était viable que dans un Etat très centralisé. C’est la décentralisation voulue par la gauche en 1981 qui a fait le lit de la décision publique. […]

Second trait, souligné par Tocqueville dans l’Ancien Régime et la Révolution: les révolutions naissent de l’improvisation, et non d’un acte conscient et concerté. C’est la force des choses qui entraînent un peuple dans une révolution, dont la conscience est toujours rétrospective. D’une certaine façon, une révolution naît de l’impossibilité d’y échapper, mais certainement pas de la volonté de la faire, même si l’historiographie nous a convaincus du contraire. […]

Au fond, la grande ressemblance entre la France d’aujourd’hui et celle de 1789 est qu’une révolution y est tout aussi possible qu’improbable.

Le Figaro

Alain Duhamel : «Qui va défendre l’Europe ?»

Tribune d’Alain Duhamel sur les élections européennes et sur la probable victoire des «anti-européens». Une désaffection pour l’UE qui lui paraît incompréhensible et injustifiée.

Le vote du 25 mai va donc déboucher sur une victoire des populismes, des démagogies et, pire, des nationalismes.

Nous allons assister au purgatoire de l’Europe. La moitié des Français s’abstiendra, l’autre moitié critiquera Bruxelles. Dans le reste de l’Europe, on enregistrera le même mouvement. La plus belle idée française depuis la Libération, celle de Robert Schuman et Jean Monnet, va subir le supplice du pilori.

Marine Le Pen pavoisera, Jean-Luc Mélenchon s’enfiévrera. Ces temps-ci, on s’interroge beaucoup, non sans raison, sur la crise de l’identité française. Après le 25 mai, on s’interrogera aussi sur la crise de l’identité européenne.

C’est un fait, un paradoxe, une injustice : l’Europe affronte un immense désamour chez les peuples qui la compose. Bruxelles est dépeint comme un repaire obscur ou se trament directives faustiennes et règlements tatillons.

Démocratie introuvable, solidarité rétive, bureaucratie proliférante, ouverture à tous vents, despotismes infinis sur les peuples malheureux, la représentation de l’Europe finit par ressembler aujourd’hui à la première page du Daily Telegraph : une caricature obsessionnelle.

On compte pour rien le fait que, pour la première fois depuis des siècles, aucun conflit armé n’ait frappé le territoire de l’Union européenne. On ignore superbement l’accès à la démocratie offert à dix pays qui ont rejoint l’Europe. On oublie volontairement qu’avant la crise (déclenchée hors d’Europe), l’Union a grandement facilité la croissance et l’emploi. On omet de reconnaître que depuis les crises bancaires, financières puis monétaires, l’Europe a été le seul continent à organiser les secours, trop tardivement, trop douloureusement mais avec des résultats qui commencent à apparaître en Irlande et en Espagne, au Portugal et même en Grèce. […]

Aujourd’hui, l’Europe est entrée dans notre vie quotidienne mais elle a disparu de notre paysage

Libération

Le chef de l’armée suisse conseille de stocker eau et conserves

Dans une interview sur les nouvelles menaces en Europe et la dégradation de la situation ukrainienne, le chef de l’armée suisse est revenu sur sa traditionnelle armée de milice et son fonctionnement. Au delà de la formation militaire de ses citoyens, il a insisté sur la résilience nécessaire à la population en cas de crise.

Au vu de la situation de sécurité plus incertaine ces dernières années, le chef de l’armée André Blattmann s’est remis aux réserves de guerre. Il stocke chez lui de l’eau minérale, des conserves et du bois de cheminée. Dans une interview au « Schweiz am Sonntag », il a dévoilé ses réserves privées.

« Je suis sensible aux nouvelles menaces depuis deux ou trois ans », a indiqué le chef de l’armée. Le responsable, interrogé sur des questions de sécurité et l’achat du Gripen, rappelle l’importance des réserves de guerre.

L’important, c’est l’eau. L’eau non gazéifiée. Il en a 30 ou 40 six packs de bouteilles en plus d’une citerne à eau. Une personne a besoin d’au minimum huit litres d’eau par jour pour boire, cuire et laver. « Imaginez ce dont a besoin une famille pour tenir quelques jours », dit-il.

André Blattmann aimerait bien que son exemple serve aux citoyens: « Peut-être n’est-il pas inutile de dire aux gens qu’il est bon d’avoir quelques réserves pour un cas d’urgence à la maison ».

Tribune de Genève

Nicola Sirkis (Indochine) : « L’extrême droite tient le même discours qu’Hitler dans les années 30″

Nicola Sirkis ne mâche pas ses mots. Interrogé par le magazine Paris Match, le chanteur du groupe Indochine se dit atterré par l’intolérance qui divise notre société, le manque d’implication de certains artistes qu’il compare à des employés de maisons de disques, mais aussi par la montée des partis d’extrême droite.

Le rôle d’un artiste est-il d’éveiller les consciences ? Une question qui alimente le débat dans cette interview fleuve de Nicola Sirkis et Xavier Dolan, qui se plaint d’une Europe qui « régresse au niveau des mentalités et de la tolérance » : « La montée des droites chez vous nous horrifie en Amérique du Nord » explique le réalisateur, avant d’être repris par le leader du groupe Indochine. « En France, il n’y a plus de Jean-Moulin, plus personne pour dire haut et fort que l’extrême droite française tient le même discours qu’Adolphe Hitler dans les années 1930, toutes proportions gardées » affirme-t-il, sans en craindre les conséquences.

Il va même encore plus loin en attaquant les banques, les vrais « responsables de la crise ». « Ce ne sont ni les juifs, ni les immigrés, ni les homosexuels qui sont les responsables » dit-il, en référence aux idées généralement associées au parti d’extrême droite, avant de parler d’une France qui « crève de jalousie ». « Je suis atterré par l’ignorance générale, de deux qui gobent tout. Nous avons beau avoir un patrimoine culturel énorme, nous sommes de plus en plus incultes » conclu-t-il.

Charts In France

Les grandes banques d’Europe ont supprimé 80.000 postes en 2013

Les principales banques d’Europe ont encore réduit leurs effectifs de 3,5% l’an dernier et la perspective d’un retour aux niveaux d’emploi d’avant la crise semble très lointaine dans le secteur, en dépit du début de reprise de l’activité.

Les 30 principaux acteurs du secteur sur le Vieux Continent par la capitalisation boursière ont supprimé 80.000 emplois en 2013 selon les calculs de Reuters, effectués sur la base des documents annuels publiés par ces institutions. Et pour 2014, certains cabinets de recrutement soulignent que l’espoir d’une inversion marquée de la tendance risque fort d’être déçu.

Antoine Morgaut, directeur général pour l’Europe et l’Amérique du Sud du cabinet Robert Walters ne s’attend pas à voir l’emploi dans le secteur bancaire revenir un jour à son niveau d’avant la crise de 2008, déclenchée par la faillite de Lehman Brothers. Depuis cette époque, les effectifs globaux des 25 banques sur 30 pour lesquelles des chiffres comparables sont disponibles ont diminué de 252.000 environ pour revenir à 1,7 million de personnes.

Le rythme des réductions d’effectifs a toutefois été réduit de près de moitié l’année dernière et la plupart des banques arrivent pratiquement au bout des plans de cessions et de coupes lancés pendant la crise.

Mais les résultats des tests de résistance auxquels doivent procéder cette année les autorités européennes pourraient déboucher sur une nouvelle vague de ventes d’actifs ou de réductions de coûts.

Les recrutements ne concernent que quelques domaines précis, comme les contrôles internes ou la cybersécurité, des activités dans lesquelles les exigences réglementaires ont été durcies ces dernières années.

Boursorama

Les généreuses primes de cabinet du gouvernement Ayrault en 2013

449 membres des équipes ministérielles se sont réparti 12 millions d’euros de façon très inégale. Douze écuries dont celles de Filippetti ou Lebranchu étaient mieux traitées que la garde rapprochée du premier ministre.

Parmi les 565 membres des cabinets du gouvernement Ayrault déclarés au 1er août 2013, 449 très précisément se sont répartis l’an dernier plus de 12 millions d’euros de «primes de cabinet», des rémunérations aujourd’hui officialisées, mais sur lesquelles continue de régner une certaine opacité. Les ministres les plus généreux ont distribué par collaborateur plus de 3500 euros mensuels (soit 42.000 euros par an) de revenus bruts complémentaires. Plus de deux smics par mois, en somme. En plus du salaire donc. Et il ne s’agit là que d’une moyenne.

Le premier ministre, pour sa part, consentait un peu plus de 2700 euros par mois et par personne en moyenne (soit 33.000 euros par an). C’est ce que révèlent les 100 pages de tableaux du dernier «jaune budgétaire» annexé au projet de loi de finances 2014 sur les «personnels affectés dans les cabinets ministériels». Un document aride et visiblement négligé, que Le Figaro a décortiqué pour tenter de comprendre qui a touché combien en gratifications l’an dernier.

«Indemnité pour sujétions particulières» (ISP). C’est sous ce vocable pudique que l’administration qualifie les enveloppes qui se distribuaient autrefois de la main à la main et que Lionel Jospin, dès 2002, a souhaité intégrer dans les fiches de paie des collaborateurs de ministres. Ces bonus sont accordés en principe pour compenser les servitudes de la fonction. Avec 42.000 euros de complément de revenu annuel par personne, c’est donc à la Décentralisation, chez Anne-Marie ­Escoffier, pourtant simple ministre déléguée, que les membres de cabinet étaient les mieux lotis en 2013. Une situation enviable qu’ils partageaient avec l’écurie Filippetti, qui arrive en deuxième place, à équivalence de primes. Un «fromage» la Culture? Le ministère qui défend bec et ongles les intermittents du spectacle ne s’est pas oublié.

Le Figaro

Le fardeau des 800 milliards de créances douteuses de la zone euro inquiète le FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) estime à 800 milliards de dollars les créances douteuses détenues par les banques de la zone euro. Un montant qui a doublé depuis 2009 et continue à croître, rappelle l’institution.

Un « fardeau ». C’est ainsi que le FMI qualifie, sans détour, les plus de 800 milliards de dollars de créances douteuses qu’ont accumulées les banques des pays en difficulté de la zone euro, dans son dernier rapport sur la stabilité financière mondiale publié mercredi. Des créances qui ne cessent de croître, s’inquiète l’institution, alors même que le secteur financier européen s’apprête à être soumis à un examen de santé.
Assainir le bilan des banques et entreprises

« Les banques dans les pays en difficulté de la zone euro restent plombées par un stock important et grandissant de créances douteuses, résultant du poids de la dette au sein des entreprises et du ralentissement économique », écrit le Fonds.

Un stock qui a doublé depuis 2009, affirme l’institution, qui se penche plus particulièrement sur les pays européens en difficulté financière (Chypre, Grèce, Irlande, Italie, Espagne, Portugal et Slovénie).

Tout en saluant « l’amélioration » de l’image de ces pays auprès des marchés, elle assure que ce « fardeau » des créances douteuses fait peser une menace sur la solvabilité de ces banques, limite leur « rentabilité » et restreint leur capacité à soutenir l’activité économique.

« Les dirigeants de la zone euro font face au difficile défi d’accélérer l’assainissement des banques et des bilans des entreprises sans compromettre le retour de la confiance des marchés », écrit le Fonds.

Se tournant de l’autre côté de l’Atlantique, le FMI s’inquiète de la « course au profit » qui s’accélère sur les marchés financiers américains, portés par la politique de « l’argent facile » fourni par la Réserve fédérale (Fed). Selon le Fonds, cette tendance se traduit par un endettement « croissant » du secteur privé et s’accompagne d’un « affaiblissement » de la qualité des créances sur certaines poches du marché du crédit.

« La stabilité financière mondiale s’améliore (…) mais il est trop tôt pour crier victoire », résume José Vinals, directeur du département des marchés financiers du FMI.

La Tribune

Arte : Populisme, l’Europe en danger (maj vidéo)

Ce soir sur Arte :

Rappel : le président du conseil de surveillance d’Arte est Bernard-Henri LEVY (Arte)


Article du 06/04/2014 à 17h40

Documentaire diffusé le mardi 8 avril 2014 à 20h50

Alors que le mécontentement enfle face à la crise, les mouvements populistes espèrent triompher lors des élections européennes de mai 2014. Sont-ils réellement en marche vers le pouvoir ? Enquête sur les rouages d’un extrémisme florissant.

Ils prétendent parler au nom du peuple, dont ils épousent habilement les attentes. À chaque problème, ils offrent invariablement les mêmes réponses : haro sur l’immigration, l’Europe et les élites. Marine Le Pen en France, Geert Wilders aux Pays-Bas, Beppe Grillo en Italie… : à grand renfort de formules chocs et de rhétorique simpliste, les leaders de ces mouvements, qui ont réussi à se construire une façade respectable, captent l’adhésion de citoyens toujours plus nombreux.

À l’échelle européenne, certains d’entre eux choisissent désormais de s’allier pour conquérir le Parlement, comme la présidente du Front national et le chef de file de l’extrême droite néerlandaise, qui espèrent triompher lors des élections de mai 2014. Comment expliquer le succès grandissant de leurs formations? Sont-elles en marche vers le pouvoir ?

Antoine Vitkine (Mein Kampf, c’était écrit ; La guerre invisible) a enquêté aux quatre coins de l’Ancien Continent, filmant à hauteur d’homme les principaux protagonistes de la campagne pour les élections européennes, des électeurs aux chefs populistes, qui se livrent ici avec une rare liberté de ton. Il analyse les discours et les méthodes de ces formations tout en sondant les colères, les peurs et les frustrations sur lesquelles elles prospèrent. Un documentaire coup de poing au cœur des rouages de ce nouvel extrémisme, qui fait peser une menace inédite sur l’Europe.

À l’approche des élections européennes de mai 2014, une enquête coup de poing sur la montée des mouvements populistes à travers l’Ancien Continent et une infographie pour bien mesurer leur degré de dangerosité.

Arte

FN : «Le petit Blanc en quête d’une francité imaginaire»

Le sociologue Jean-Claude Kaufmann s’inquiète de la montée d’un «national-racisme» en Europe et de la quête d’«identités illusoires» chez les petits Blancs électeurs du Front national.

Le score du Front national aux municipales n’est pas une surprise, et la nouvelle époque dans laquelle nous entrons est celle de tous les dangers. Parce que le désespoir sans issue est immense. […]

Hélas, ce qui aurait pu être une belle histoire n’est rien d’autre qu’un drame. Car derrière la bonhomie apparente de nombreux candidats du FN se cache un projet politique qui nous mène bel et bien à l’abîme. D’abord et surtout, c’est ma conviction, à cause du nouveau mode de fabrication des identités dans la société contemporaine. Les identités sont en effet de moins en moins héritées, mais à définir désormais par l’individu lui-même, dans un travail permanent et très difficile d’arbitrage entre des possibilités en nombre croissant. […]

Le terme «petits Blancs», à la mode aujourd’hui, est d’ailleurs très ambigu dans son intitulé, renvoyant à une couleur de peau alors que la quête essentielle est celle d’une francité imaginaire.[…] Il ne faut pas confondre l’histoire d’un pays et l’identité nationale. La confusion est la même que pour l’identité individuelle : l’identité (individuelle ou nationale) ne doit pas être renvoyée aux origines, aux racines, à la mémoire, elle est une production de sens dans le moment présent. […]

Le petit Blanc électeur du FN n’est pas plus français que les autres comme il aimerait le croire. Il n’arrive à s’en convaincre que par un mécanisme d’opposition et de rejet. Puisqu’il ne peut se définir positivement, la technique du bouc émissaire lui permet de créer l’illusion de l’unité et de la réalité du groupe, surtout si elle monte en intensité et en violence. Le coupable de tous les maux, c’est l’autre, l’étranger, le différent. Derrière les apparences de normalité républicaine et de bons sens populaire que le FN voudrait incarner, le processus à l’œuvre est celui d’un lent mais inexorable glissement vers le racisme, qui s’implante massivement dans l’opinion. Un racisme qui mène à la violence. Les résultats des municipales n’ont rien d’un épiphénomène. Si l’on croise la perspective d’un approfondissement du nouveau mode de production des identités avec une aggravation de la crise économique, qui semble inéluctable, alors tous les humanistes, il me semble, peuvent être très inquiets pour l’avenir.

Libération

Crimée/référendum : Merkel juge le réferendum illégal (màj)

Addendum 10/03/14

La chancelière allemande Angela Merkel, qui s’est entretenue dimanche par téléphone avec le président russe Vladimir Poutine, lui a déclaré que le référendum prévu en Crimée était « illégal », a rapporté son porte-parole dans un communiqué.

« La chancelière a fait valoir avec force la position allemande affirmant que le prétendu référendum du 16 mars sur la Crimée est illégal. Sa tenue est contraire à la Constitution ukrainienne et au droit international », a déclaré le porte-parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert. [...]

Dans un communiqué évoquant cette conversation téléphonique ainsi que celle entre le président russe et le Premier ministre britannique David Cameron, le Kremlin a affirmé que M. Poutine avait qualifié de « légitimes » les autorités pro-russes de Crimée.

M. Poutine a « souligné en particulier que les mesures prises par les autorités légitimes de Crimée étaient basées sur les normes du droit international », et a discuté également du référendum prévu le 16 mars en Crimée, a précisé le Kremlin, dans un communiqué. [...]

7sur7

06/03/14

Le parlement de Crimée se prononce à l’unanimité en faveur du rattachement de la région à la fédération de Russie, selon l’agence russe RIA.

Les députés ont décidé « d’adhérer à la Fédération de Russie avec les droits d’un sujet de la Fédération de Russie », lit-on dans le texte approuvé. [...]

Hebergeur d'image

Le château du Nid d’hirondelle

Le Figaro