L’UE veut pouvoir contrôler la presse et les journalistes de plus près

Le site d’information britannique The Telegraph rend compte d’un rapport d’experts de « haut niveau » qui préconise d’instaurer un contrôle accru des médias par instances de supervision nationales qui rendraient compte à la Commission. Un rapport commandité suite au scandale « News of the World ».

(…)

Le rapport établit notamment que « tous les pays de l’UE devraient disposer d’un conseil indépendant des médias« , conseil qui devraient « disposer de réels pouvoirs de sanction comme le fait d’imposer des amendes, d’ordonner la diffusion d’excuses publiques ou le retrait du statut de journaliste« .

L’article du Telegraph consacré à ce rapport recommande également que les conseils des médias nationaux répondent à un certain nombre de standards européens et que la Commission soit la garante du respect de ces standards.

Une perspective qui donne visiblement du grain à moudre aux conservateurs (connus pour leur euroscepticisme outre-Manche).

Ainsi le député conservateur britannique Douglas Carswell a-til déclaré que ce rapport illustre « le genre d’état d’esprit que je m’attendrais à rencontrer en Iran pas en Occident. Cette idée loufoque nous en dit un peu plus quant au futur de la réglementation de la presse. Elle laisse entendre que le projet européen est finalement incompatible avec la notion d’une société libre« .

 

RTBF.be

Le rapport en question,

Christian Millau interdit d’antenne sur Europe 1 pour «propos homophobes et racistes»

Invité sur Europe 1 pour présenter son Dictionnaire d’un peu tout et n’importe quoi, Christian Millau Grand reporter, critique littéraire, satiriste, est aussi écrivain. Il a été informé au dernier moment que sa présence n’était plus souhaitée. Motif : un des animateurs de l’émission «Des clics et des clacs», Guy Birenbaum, prétend avoir trouvé dans cet ouvrage des «propos homophobes et racistes» dont des citations de Voltaire, Kant et marx.

Plus écoeurant encore, cette vanne : «Un ministre de la Culture est gay. Un adjudant -chef de la Légion, un pédé».

La censure, en général, est l’une des basses-oeuvres d’un pouvoir d’Etat. Plus rarement de ce que, faute d’une expression mieux appropriée, il me faut bien, dans ce cas précis, appeler un «journaliste». […]

«La nature n’a doté le Nègre d’Afrique d’aucun sentiment qui ne s’élève au dessus de la niaiserie» (E. Kant)

Mon Dictionnaire d’un peu tout et n’importe quoi révèle en effet l’aspect caché d’un personnage immonde, c’est à dire moi. J’aurais même dit un nazi si une bonne partie de ma famille maternelle, russe et juive, n’avait pas anticipé sa retraite dans les camps de la mort allemands ou au goulag de la Mer Blanche. […]

Homophobe ? […] je le confesse, j’ y vais fort quand j’écris : «Sergio Coronado, député EELV a informé l’univers, passionné, qu’ ‘il en est’ Et une chose lui fait souci : seuls 3 parlementaires sur 900 ont osé. C’est sûr que le compte n’y est pas (…) Il faudra aussi que les députés et sénateurs abonnés aux partouzes se fassent connaître ». Vite, vite , le Mrap ! Vite, vite, les tribunaux ! Je ne l’aurais pas volé après avoir lâché des horreurs pareilles. […]

Maintenant, le racisme… Alors, là, on a bien raison d‘empêcher cette ordure de Millau de s’exprimer au micro d’Europe 1 où, scandaleusement, on l’a laissé travailler pendant 27 ans de sa vie sans s’apercevoir de rien.

Voilà un type qui ose écrire en rigolant : «Nègre : mot interdit qu’il est prudent de prononcer seulement dans le noir». Puis de citer Pierre Desproges, le raciste hystérique bien connu : «Quand un Blanc dit qu’un Noir est con, on dit que le Blanc est raciste. Quand un Noir dit qu’un Blanc est con, on dit que le Blanc est con.» […]

Atlantico

Allemagne : un classique littéraire modernisé… ou défiguré ?

Un éditeur allemand vient de jouir de l’une de ces promotions dont on se passerait volontiers. Die Kleine Hexe (La petite sorcière), l’ouvrage au centre de la polémique, écrit par Otfried Preußler, a été épuré des plusieurs termes considérés comme offensants. Qu’on lui demande de restaurer dans les meilleurs délais. Du « politiquement incorrect » passé au bistouri… surtout pour un éditeur spécialisé dans les oeuvres jeunesse…

Originellement paru en 1957, le livre de la petite sorcière est un best-seller classique de l’Allemagne, mais l’éditeur Thienemann Verlag a décidé, dans un effort de modernisation, de supprimer certains mots ou expressions qui seraient choquants pour un jeune public. Ainsi, le mot « nègre » a disparu de tout le livre, ou encore le verbe wischen, qui dans son acception moderne, désigne le fait de se masturber. Horribile auditu !

La nouvelle édition n’a donc pas fini de faire rugir les Allemands, qui reprochent à l’éditeur une certaine pudibonderie et une politique de censure excessive, voire tout simplement, injustifiable.

Les livres d’Otfried Preußler ont été traduits en 55 langues et plus de 50 millions d’exemplaires ont été vendus dans le monde entier. Or, près de 50.000 exemplaires de cette histoire de sorcière sont annuellement vendus en Allemagne, mais l’arrivée de cette nouvelle édition, prévue pour le mois de juillet, n’est pas du goût de tous.

« Ce ne sont pas seulement les termes politiquement incorrects comme ‘nègres’ mais aussi des mots que les enfants ne comprennent plus », assure Klaus Willenberg, directeur de Thienemann Verlag. Mais rien, n’y fait : même les journaux allemands conservateurs déplorent que l’édition brise l’intégrité artistique de l’oeuvre, et souligne qu’il ne revient pas aux éditeurs de se soucier de censurer les ouvrages jeunesse.

Le mot qui commence par n-

Un courrier des lecteurs inhabituel est parvenu à la maison, considérant comme inadmissible d’opérer une telle coupure dans l’oeuvre originelle, alors que l’éditeur ne cesse de se défendre.

« Personne n’a jamais accusé Otfried Preußler de racisme… Ses mots, à l’époque où il les a utilisés, étaient neutres. Mais ils ne le sont plus. » Et de garantir qu’il n’a pas effectué ces modifications à la légère : elles sont intervenues par nécessité, pour moderniser et ne pas reproduire des termes qui n’ont plus le même sens de nos jours. (…)

Actualitté

Disparition du 20h de France 2, la rédaction acculée à remettre en ligne sans caviardage (MàJ)

Epilogue 

Anne-Gaelle Matoksy explique à Arrêt Sur Images: «  »J’ai juste demandé une interview à Gilbert Collard, il me l’a refusée avec une boutade pas très habile qui fait sourire. Point final ».

Et d’ajouter:

je suis sidérée par l’ampleur que prend cette affaire microscopique

La journaliste confie que ce qui la dérangeait dans les images est « Le fait que rien ne montre que je suis journaliste et qu’elles sont sorties de leur contexte ».

Anne-Gaelle Matoksy explique que finalement, face à l’engouement de cette affaire, et en accord avec elle, France Télévisions a finalement remis le journal en ligne dans sa version initiale.

Jeanmarcmorandini.com a joint Hervé Brusini qui nous explique que

France 2 n’a jamais censuré quelque séquence que ce soit

« Ses journaux ont relaté les grandes manifestations de ce dimanche y compris avec la séquence qui allait faire problème. La journaliste concernée, ne fait pas partie de France 2 mais de la rédaction nationale de France 3. C’est sur la demande de cette dernière que PLUZZ a retiré les deux JT – 20h de France 2 du 13/01 et 12/13 du 14/01 – de sa plateforme. Car Il lui est effectivement impossible pour l’heure de retirer une composante isolée d’un journal » précise le directeur des rédactions web de France Télévisions.

Avant d’ajouter : « En fin de journée hier, la journaliste de France 3 a fait savoir qu’une remise en ligne des deux JT pouvait se faire. Ce qui fut réalisé dès 21H08 hier. Et cela dans la version originale des deux éditions »

Morandini
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Messages haineux sur Internet : la dangereuse solution du gouvernement

(…) Le raisonnement du gouvernement pourrait se défendre si le problème ne se posait que sous un angle pratique. Poursuivre les centaines de milliers d’internautes qui publient des propos racistes ou homophobes sur le Web nécessiterait une armée de procureurs, de juges et d’avocats.

Sans compter que l’identification des citoyens français ne peut se faire qu’a posteriori, une fois l’enquête aboutie et l’adresse IP obtenue de la part de la plateforme, sur réquisition judiciaire. Il faudrait donc aussi enquêter sur les étrangers avant de se rendre compte qu’ils ne tombent pas sous le coup de la juridiction française… Un casse-tête magistral qu’il est tentant de confier aux réseaux sociaux eux-mêmes, via l’autocensure des contenus, sans intervention de l’État ou de la Justice.

Mais cette solution met de côté la démocratie et la liberté. « Les dérapages sur Twitter sont des propos de café du commerce dont les réseaux sociaux ne sont que le thermomètre », expliquait la semaine dernière Guillaume Buffet, président du think tank Renaissance numérique. Un ras-le-bol partagé : « Demandez aux procureurs d’agir systématiquement contre les propos homophobes, racistes ou antisémites, mais ne rendez pas l’outil responsable de l’usage : c’est la première étape de la sortie de l’État de droit », renchérit Benjamin Bayart, président de French Data Network, sur PC INpact.

« Rendre les intermédiaires techniques responsables de ce que font les utilisateurs, c’est rétablir un système féodal » : chacun fait sa loi sur son territoire. Mais c’est aussi « supprimer (le) statut d’adulte responsable », ajoute-t-il. (…)

Le Point

Twitter : « la liberté d’expression avant tout »

Des représentants du réseau social et de plusieurs associations se sont retrouvés au Tribunal de Grande instance de Paris lors d’une audience en référé sur les tweets #unbonjuif et #unjuifmort. Si les messages ont été supprimés, Twitter refuse de communiquer les données des utilisateurs susceptibles d’être poursuivis devant la justice française. Décision attendu le 24 janvier prochain.

Si les messages antisémites publiés sous le mot clé #unbonjuif et #unjuifmort ont été retirés du site de microblogging, cela ne suffit pas pour l’Union des étudiants juifs de France, « J’accuse – action internationale pour la justice », SOS racisme et la Licra. Les avocats de ces associations et un représentant de Twitter avaient rendez-vous ce mardi devant le Tribunal de Grande instance de Paris pour une audience en référé.

L’enjeu ?

  1. Que Twitter mette en place un dispositif destiné à signaler les contenus illicites « tombant sous le coup de l’apologie des crimes contre l’humanité et de l’incitation à la haine raciale« .
  2. Obtenir les coordonnées des auteurs de messages litigieux.

Sur le premier point,  Twitter refuse de mettre en place un système de modération au nom de la liberté d’expression et assure d’ailleurs ne pas avoir les moyens de le faire dans ses conditions d’utilisation : « Twitter n’est pas en mesure de surveiller ou de contrôler les contenus postés au travers des services, et ne peut engager sa responsabilité vis-à-vis de ces contenus« .

La liberté d’expression avant tout

Un peu plus loin, le réseau social explique que « Twitter ne vérifie pas les contenus et nous ne supprimons pas les contenus potentiellement offensants. sauf si ces contenus constituent une violation de nos conditions« . Or, ces conditions et ces bonnes pratiques ne bannissent en fait que la pornographie.

C’est également au nom du principe de la liberté d’expression que Twitter refuse de communiquer les données personnelles de ses utilisateurs potentiellement condamnables en France.

« Notre position sur la liberté d’expression nous pousse également à protéger celle de nos utilisateurs. Ainsi nous leur permettons de contester les requêtes d’accès à leurs données privées. Cela signifie donc que malgré les demandes d’information que la loi nous contraint à exécuter, nous faisons de notre mieux pour en notifier les concernés à l’avance afin de leur donner la possibilité de faire appel à ces requêtes s’ils le souhaitent. » (Twitter) (…)

France info

Il n’existe pas de formule scientifique pour déterminer ce qu’est un « discours haineux »

Chroniqueur du Guardian, Jason Farago a salué l’intervention de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, demandant au réseau social Twitter d’aider le gouvernement français à criminaliser les idées qui lui déplaisent.

Décrétant « les tweets haineux […] illégaux », Farago ajoute avec enthousiasme que la ministre française n’a pas l’intention de se contenter de poursuites judiciaires et compte à présent « obliger Twitter à prendre des mesures pour pénaliser les messages de haine » en modifiant « tout le système opératoire » du réseau et en demandant « la mise en place d’alertes et de mesures de sécurité » pour empêcher la publication de tweets jugés haineux par les autorités.

Voilà qui est formidable, s’exclame mon confrère qui – reprenant l’argument de tous les tyrans et de toutes les censures – estime que les nouvelles technologies rendent la liberté de parole bien trop dangereuse :

« Si seulement nous vivions encore au 18e siècle ! Hélas, nous ne pouvons plus croire aujourd’hui que la liberté de parole est le privilège de parfaits citoyens réunis dans un merveilleux salon des Lumières où tous les points de vue sont écoutés et où le plus noble s’impose naturellement. (…)

A aucun moment de son plaidoyer pour la censure Jason Farago ne considère la possibilité que l’Etat puisse interdire des idées que lui-même approuve et pas seulement celles qu’il désapprouve.

Les partisans de la censure sont tellement convaincus de leur bien-fondé et de l’incontestable justesse de leurs opinions qu’il ne leur vient même pas à l’esprit que certaines de leurs propres opinions puissent un jour figurer sur la liste noire.

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Budget 2013 : La taxation à 75% censurée par le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a annulé samedi la taxation à 75% des revenus supérieurs à 1 million d’euros prévue dans le budget 2013, qui était une des mesures les plus emblématiques de François Hollande durant la campagne présidentielle. Cette taxation, appelée «contribution exceptionnelle de solidarité»,devait s’appliquer pendant deux ans aux revenus d’activité excédant 1 million d’euros.

Si cette mesure avait un faible rendement — elle devait toucher environ 1500 personnes, qui auraient payé en moyenne 140000 euros à ce titre —, elle avait une forte valeur symbolique et constituait un marqueur de la présidence de François Hollande.

Jean-Marc Ayrault a annoncé que le gouvernement présenterait dans le cadre de la prochaine loi de finances un «dispositif nouveau». Le Premier ministre a assuré que ce nouveau dispositif serait «conforme aux principes posés par la décision du Conseil constitutionnel». «La trajectoire de relèvement des finances publiques n’est pas compromise», a estimé le ministre de l’Economie Pierre Moscovici, et François Hollande aurait accueilli «sereinement» la décision des sages.

François Fillon a estimé de son côté que la décision du Conseil constitutionnel «sanctionnait la politique de matraquage fiscal menée par François Hollande depuis sept mois». […]

Libération