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L’article, publié le 1er septembre 2026 par María Peral dans El Español, révèle le contenu d’un rapport de la police nationale espagnole remis à la juge de l’Audiencia Nacional María Tardón, concernant l’entrée massive de migrants à Ceuta les 30 et 31 juillet.

Le rapport a été rédigé par le CENIF (Centre national d’immigration et de frontières), l’unité de renseignement de la Commissariat général aux étrangers et aux frontières de la police nationale. Il a été transmis lundi à la juge Tardón et se trouve également entre les mains du parquet.

Selon ce document, l’entrée de 72 000 immigrants à Ceuta les 30 et 31 juillet aurait été planifiée et exécutée par les forces de sécurité marocaines. Le CENIF affirme que l’objectif migratoire de l’incident n’était qu’une couverture formelle d’une opération guidée par des agents marocains, à la fois en uniforme et en civil, ce que la police étaierait par de nombreuses images des instants précédant et accompagnant l’arrivée massive sur les plages ceutíes.

Un indice clé retenu par les enquêteurs : environ 90% des personnes entrées illégalement ces deux jours ne sont pas restées à Ceuta, mais sont reparties au Maroc quelques heures plus tard — ce qui, selon le rapport, plaide en faveur d’une opération organisée plutôt que d’un mouvement migratoire spontané.

Toujours selon le rapport, des gendarmes marocains auraient donné des indications aux migrants pour rejoindre Ceuta et auraient géré le flux des milliers de personnes arrivées à Castillejos afin de les diriger vers des zones prédéterminées. Parallèlement, des individus en civil, dont le comportement ne correspondait pas à celui de migrants, auraient supervisé le processus en dirigeant les gens vers l’épi de — et auraient eux-mêmes donné des instructions aux policiers marocains en uniforme.

L’interprétation policière est que cette séquence visait d’abord à saturer le système de contrôle frontalier avec des migrants « préparés », avant de rendre l’Espagne incapable de répondre à l’arrivée de profils plus vulnérables.

Le rapport souligne qu’une deuxième tentative d’entrée massive, prévue le 15 août, a été cette fois totalement contrôlée par les autorités marocaines — contrairement à ce qui s’est passé fin juillet. Il rappelle aussi que, après l’incident, des porte-parole officiels marocains ont relayé la revendication territoriale du Maroc sur Ceuta et Melilla.

Le CENIF va jusqu’à qualifier l’épisode d’« opération de contre-espionnage offensive dans les règles de l’art », dans la mesure où elle a eu pour effet de jeter le doute sur l’efficacité des services de renseignement espagnols, notamment le CNI, qui n’avait pas anticipé le phénomène.

L’article rappelle que la juge Tardón, de permanence lors des faits, avait demandé le 31 juillet des rapports à la police nationale et à la Guardia Civil pour établir s’il existait des indices d’un délit contre l’indépendance de l’État — une compétence relevant de l’Audiencia Nacional. Sánchez avait initialement qualifié les événements d’« attaque contre l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Selon des sources juridiques citées par le journal, les conclusions du CENIF fragiliseraient la stratégie de conciliation adoptée par le gouvernement Sánchez envers le Maroc et fourniraient une base solide pour une enquête de l’Audiencia Nacional.

El Espagnol

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