Les services antiterroristes espagnols auraient identifié parmi les dizaines de milliers de migrants entrés à Ceuta la semaine dernière au moins une dizaine d’individus précédemment arrêtés, condamnés puis expulsés vers le Maroc pour des affaires liées au djihadisme. Selon El Español, ces hommes pourraient se trouver parmi les quelque 5 000 personnes qui n’ont toujours pas été rapatriées.
La Commissariat général à l’information de la Police nationale et les services de renseignement de la Guardia Civil analysent actuellement les images enregistrées par les caméras de la frontière, ainsi que les vidéos diffusées par les médias et sur les réseaux sociaux. Les premières vérifications auraient permis de reconnaître plusieurs personnes déjà impliquées dans des enquêtes antiterroristes. Les enquêteurs estiment que leur nombre pourrait encore augmenter à mesure que les images seront examinées.
Les responsables interrogés par le journal évoquent « al menos a una decena », soit au moins une dizaine d’individus. Certains avaient été condamnés en Espagne avant d’être expulsés vers le Maroc et seraient donc revenus sur le territoire espagnol à la faveur de l’entrée massive survenue à Ceuta.
Les autorités espagnoles avaient déjà constaté l’utilisation des routes migratoires par des individus liés au terrorisme. Selon des données du ministère de l’Intérieur publiées en 2022, au moins 15 terroristes islamistes arrêtés en Espagne avaient eu recours à des réseaux de passeurs. Parmi les 191 islamistes radicaux interpellés entre 2018 et 2022, 8 % se trouvaient en situation irrégulière.
Les documents stratégiques espagnols consacrés au terrorisme et à la sécurité maritime préviennent également que des acteurs étatiques ou non étatiques peuvent utiliser des « olas incontroladas de inmigración irregular » dans le cadre de stratégies hybrides. Le rapport annuel de sécurité nationale souligne que des individus liés au terrorisme peuvent profiter de ces mouvements migratoires pour atteindre le continent européen.


