La justice ordonne au garde des Sceaux de “mettre un terme aux comportements contraires à la déontologie commis par certains agents lors de leurs interactions avec les personnes détenues” au centre pénitentiaire d’Alençon Condé-sur-Sarthe, a appris, samedi 18 juillet, franceinfo auprès de Charly Salkazanov, l’avocat de détenus qui ont dénoncé ces conditions de détention.
L’État doit verser 1 000 euros à la Section française de l’Observatoire international des prisons, selon la décision anonymisée du tribunal administratif de Caen qu’a pu consulter franceinfo. (…)
Un rapport de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, dénonçait début juillet des “violences systémiques” à la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe.
“C’est une avancée majeure dans la reconnaissance des conditions de détention indignes au sein du QLCO de Conde-sur-Sarthe”, réagit auprès de franceinfo maître Charly Salkazanov. “Cette décision couronne un combat qui avait débuté il y a plusieurs mois, après une première requête rejetée en mai. La parole des détenus mérite et doit être écoutée.”
Pour Me Vincent Brengarth, avocat d’un des détenus requérants, la décision du juge est «une reconnaissance sans équivoque des illégalités commises et une validation du travail mené par la CGLPL». «L’Etat doit désormais prendre des mesures immédiates, concrètes et contraignantes pour mettre fin à ces pratiques illégales», a-t-il déclaré à l’AFP.
En réponse au rapport, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé une mission de contrôle interne à Condé-sur-Sarthe «dès l’été 2026».
Dans cette décision du tribunal administratif de Caen, que l’AFP a pu consulter, le juge mentionne les « propos insultants, racistes et suprémacistes », violences et humiliations relevées en mai lors d’une visite inopinée du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de cette prison par la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL). Créés dans le cadre de la loi narcotrafic, les QLCO accueillent les 200 narcotrafiquants parmi les plus « dangereux » du pays. (…)


