«L’absence de perspectives [n’incite] en rien le condamné à essayer de s’améliorer et ne [facilite] aucunement sa réinsertion». Ainsi la députée insoumise Gabrielle Cathala a-t-elle justifié ce 17 juillet l’opposition de son parti à la mesure phare du projet de loi sur la protection des enfants, qui proposait la perpétuité pour les viols en série sur mineurs de moins de 15 ans.
«Collègues, pensez aux déclarations de Robert Badinter, qui a été l’artisan de l’abolition de la peine de mort en 1981 mais qui a ensuite déploré l’existence de la perpétuité réelle», a encore argué la parlementaire. La gauche et les écologistes, largement mobilisés, ont finalement fait supprimer l’article vendredi, y voyant le symbole d’un texte qui pencherait uniquement vers la répression et passerait à côté de la prévention de la récidive.
Le groupe de Jean-Luc Mélenchon justifie son opposition par la «surenchère pénale» instiguée par le gouvernement, qui ne s’attaquerait pas aux «causes de l’impunité», par exemple en «[renforçant] les capacités d’investigation, en [améliorant] l’exécution et le suivi des peines, en [développant] la prévention et la prise en charge des auteurs afin de prévenir la récidive».
Pas question d’abandonner la mesure, a rétorqué la ministre Aurore Bergé (Égalité entre les femmes et les hommes), qui juge qu’elle répond à une aspiration des citoyens. Elle a demandé un nouveau vote sur l’article, qui aura lieu mardi avant celui sur l’ensemble du texte. (…)
À défaut de perpétuité, le texte prévoit tout de même actuellement une peine de 30 ans encourue en cas de viols en série, si l’une des victimes a entre 15 et 18 ans, à la faveur d’un amendement de Perrine Goulet (MoDem) qui veut étendre la mesure à tous les mineurs. (…)


