Lenny, 16 ans, lycéen, a été violemment agressé lundi après-midi près de la gare de Colomiers, en Haute-Garonne. À la veille de ses 17 ans, l’adolescent souffre d’un gros hématome à la nuque, de plaies aux bras et au visage, d’un œil gauche marqué ainsi que de douleurs au poignet, à l’avant-bras et aux côtes.
Selon son récit, il venait de terminer un cours de conduite et se dirigeait vers un arrêt de bus lorsqu’un petit groupe de jeunes l’a abordé pour lui demander s’il avait « quelque chose à fumer ». Après son refus, l’un d’eux aurait ouvert son sac à dos à son insu et dérobé plusieurs billets. Alors que Lenny se retournait, un autre jeune se serait jeté vers lui. L’adolescent dit avoir tenté de se défendre, avant qu’une quinzaine de jeunes n’accourent et ne le rouent de coups. La scène s’est interrompue une première fois lorsqu’un chauffeur de bus s’est arrêté, mettant le groupe en fuite.
Mais plusieurs jeunes seraient ensuite revenus vers lui. L’un aurait tenté de le frapper, tandis qu’un autre, plus petit, se serait emparé d’une grosse branche pour le frapper à l’arrière du crâne. Le téléphone portable de Lenny a disparu, et ses AirPods, tombés de sa poche, auraient été ramassés par l’un des agresseurs présumés. Trois témoins se sont ensuite approchés, lui ont prêté un téléphone pour appeler son père et l’ont accompagné jusqu’au commissariat.
« Ils m’ont tous, sans exception, roué de coups », a expliqué la victime. Un témoin de 19 ans raconte : « Des jeunes filles criaient. Je suis descendu. Ils continuaient. J’ai dit à la victime : “Tu viens avec moi, on va porter plainte contre tes agresseurs.” Ils sentaient l’alcool et la drogue. Je ne comprends pas comment on en arrive à de tels niveaux de violence. »
Le père de Lenny, Christophe, décrit son fils comme un adolescent « sans embrouille », qui rentrait simplement chez lui. « Mon fils s’est fait lyncher par 15 jeunes près de la gare. Ça commence à devenir catastrophique. Heureusement qu’un chauffeur est intervenu, sinon je pense qu’il y restait, avec des morceaux de bois dans la tronche », affirme-t-il. Il fait le parallèle avec Louis, 17 ans, mort après un guet-apens à Narbonne : « Ça aurait pu être lui. J’aurais pu le récupérer à la morgue. »
Une plainte a été déposée. Selon les premiers éléments, les jeunes mis en cause pourraient être impliqués dans d’autres agressions. L’enquête doit permettre d’identifier les auteurs présumés, de préciser le rôle de chacun et de déterminer si le groupe est lié à d’autres faits commis dans le secteur. Lenny attend désormais un examen médico-légal, que son père juge trop tardif après s’être vu proposer un rendez-vous au 22 juillet.


