La communicante française Sihem Souid, proche de la famille royale qatarie Al Thani et active en France et en Belgique à travers ELN Group, a été condamnée en juin dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Selon le procureur de la République d’Evry, Grégoire Dulin, cité par Le Monde, elle a accepté une peine de dix mois de prison avec sursis simple, une amende de 30 000 euros et une privation du droit d’éligibilité de trente mois.
L’affaire trouve son origine dans un signalement de Tracfin en 2025, qui a déclenché une enquête préliminaire sur l’ex-fonctionnaire de police franco-tunisienne. Les investigations de la brigade financière d’Evry ne portaient pas sur l’origine des fonds, mais sur des flux financiers « susceptibles de délit d’abus de biens sociaux » au préjudice d’ELN Group entre janvier 2019 et juin 2025. Les enquêteurs se sont notamment intéressés à des frais de voyages et à des virements vers une société dirigée par l’époux de Sihem Souid. Ce dernier a également été condamné dans le cadre d’une CRPC à 15 000 euros d’amende et huit mois d’emprisonnement avec sursis simple.
Selon les avocats de Sihem Souid, Céline Astolfe et Benjamin Fellous, la dénonciation de Tracfin aurait initialement porté sur un abus de bien social supposé de 1,6 million d’euros, somme ensuite réévaluée à 700 000 euros au cours des investigations. Céline Astolfe déclare : « A l’heure où se pose la question centrale des moyens de la justice et de la police, voir une telle mobilisation de plus de vingt policiers, de magistrats du parquet et des services du greffe dans ce dossier interroge sur le choix des priorités. » Elle ajoute : « Ici, la montagne accouche d’une souris… et pendant ce temps, des plaintes ne sont pas traitées. Inaudible pour les citoyens. »
Le camp Souid affirme que cette « dénonciation abusive » porterait la marque d’une influence des Emirats arabes unis, pays rival du Qatar. Tracfin a démenti auprès du Monde avoir agi sous influence émiratie, se présentant comme « un service de renseignement français, du premier cercle, au service de la nation française ». Selon Le Monde, Sihem Souid était scrutée par Tracfin depuis au moins 2019, la cellule de Bercy surveillant les flux financiers liés à de possibles ingérences étrangères.


